*** ”Offshore” Petros Markaris

On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Peut-être mais il vous permet en tout cas de choisir le genre de misère que vous préférez.
                                                                                        Pierre-Jean Vaillard

Les problèmes financiers de la Grèce semblent se terminer. L’argent coule à à flots. On parle de reprise économique, d’augmentation des salaires et d’amélioration du niveau de vie.
La seule question que se pose certaines personnes échaudées par un proche passé difficile   :
D’où vient l’argent? D’où vient cette manne providentielle* ?
*Pléonasme… j’aime les pléonasmes

Parmi les personnes circonspectes voire dubitatives on trouve le commissaire Kostas Charitos mais, la perspective de problèmes professionnels causés par la nomination d’un sous-chef de la police plus bureaucrate que policier le perturbe encore plus que l’origine des fonds salvateurs.

Les assassinats d’un fonctionnaire du service de l’Office du tourisme suivi de celui d’un armateur auraient pu passer pour de simples vols qui ont mal tourné si les assassins,  des immigrés plus ou moins clandestins, n’étaient arrêtés  facilement.
À chaque fois, le sous-chef de la police impose aux policiers l’abandon d’investigations complémentaires puisque les meurtriers sont passés aux aveux. 

Un troisième meurtre, celui de Sotiropoulos, un vieux journaliste à la retraite, tué lui-aussi par un migrant qui se laisse arrêter et avoue le meurtre , ressemble aux deux premiers.

Le journaliste enquêtait sur l’explosion à Odessa et en Thaïlande de deux des navires de l’armateur assassiné.

La fin du roman donne la réponse posée au début de ce texte, réponse surprenante mais pas forcément utopique ou irréaliste.

Qui dirige les gouvernements de certains pays? L’argent c’est sur, mais l’argent de qui?

J’ai un très gros penchant pour les personnages de Petros Markaris, si méditerranéens dans leur quotidien, si grecs dans leurs fatalisme avec une inclination supplémentaire pour Adriani*, la femme du commissaire, un peu râleuse, superstitieuse quand ça ne peut pas faire de mal, et souvent sceptique quand aux promesses quel qu’elles soient.
*J’ai des raisons très personnelles.

PS: Ce roman est une fiction, et rien d’autre q’une fiction. La situation réelle de la Grèce semble être toute autre.

Offshore, Petros Markaris, Seuil, 2018, 296 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Kostas Charitos fait souvent  preuve de faiblesse vis-à-vis de sa hiérarchie et de sa ”douce moitié” mais heureusement jamais dans la recherche de la vérité.

 

**** ”La marche en forêt” de Catherine Leroux

La famille est un ensemble de gens qui se défendent en bloc et s’attaque en particulier.
                                                   Diane de Beausacq

Il y a toujours une cuillère malpropre dans chaque famille.
                                                                                         Proverbe Géorgien 

Mais qui est Alma ?  je me  suis posée la question pendant la plus grande partie des chroniques de la famille Brûlé, sujet principal de ce petit livre. Elle revenait régulièrement et pourtant n‘apparaissait pas dans l‘arbre généalogique que l‘on trouve au début du roman.

Heureusement que l‘auteure  a planté cet arbre dès le début sinon on aurait été  bien embarrassé pour ne pas dire complètement perdu par l’abondance des personnages et l’absence de chronologie des anecdotes, sans compter les ”bourgeons rapportées” sur les branches initiales dont l’importance s’accroît au fur et à mesure des événements.

On revient souvent à cet arbre pour comprendre qui est qui et quelles sont les relations entre eux et puis l‘image de la famille se forme, les ajouts s‘expliquent et le besoin d‘informations s‘estompe tranquillement.

Les années passent, les enfants grandissent, les petits bonheurs et les grands malheurs se déroulent au fil des années. L‘écriture souvent poétique nous captive et nous entraîne malgré l‘abondance  des anecdotes qui peut essouffler.

Si je dis souvent que trop d‘épices tuent un plat, ce ne fut pas le cas dans  ”La marche en forêt‘‘ et si j‘ai souffert de la maladie ou de la mort qui frappe les plus vieux, ce fut surtout causé par mon grand âge et par l‘inévitable qui frappe chacun d‘entre nous à un moment donné.

Et Alma, me direz-vous ? On apprend, à la fin, même si on s‘en doutait un peu, qui elle est pour la famille Brûlé mais ce secret le restera si vous ne lisez pas ce très beau roman.

La marche en forêt, Catherine Leroux,  Ed. Montparnasse, 3011, 262 pages, roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je conseillerai de mettre un marque-page où se trouve l’arbre sinon on s’énerve.

 

 

*** ”La fille du train”, Paula Hawkins

Les immeubles bâtis le long des voies de chemin de fer ont mauvaises mines parce qu’ils dorment mal.
                                                                                               Gilbert Cesbron 

Thriller psychologique à trois voix qui m‘a beaucoup dérangé mais ne m’a absolument pas  découragé. Pourtant je ne suis pas un grand fan du genre. J‘ai déjà expliqué être mal à l‘aise avec des événements qui s‘attaquent à des innocents.

Mais sont-elles vraiment innocentes ces trois voix qui alternativement racontent leurs vies déprimantes et leurs problèmes psychologiques ?

Rachel est la fille du train qui, chaque jour, se rend à Londres pour son travail. À chaque trajet, sans raison ou bien pour des raisons seulement connues par la compagnie de chemin de fer, le train s‘arrête à un feu rouge et Rachel peut apercevoir les habitants des petites maisons qui longent la voix. Devenue alcoolique après la trahison de son mari, elle a perdu son emploi et ne se rend à Londres que pour ne pas l‘avouer à l‘amie qui l‘héberge.

Chaque jour elle aperçoit un couple qu‘elle imagine très amoureux et aussi la maison qu‘elle a partagé avec son ex-mari et qu‘il continue à habiter avec sa nouvelle compagne.

Elle a baptisé le couple Jess et Jason. Elle apprendra le vrai prénom de la femme, Megan, lorsque celle-ci disparaît.

Megan est la deuxième voix du livre. Heureuse auprès de son mari Tom elle ne peut s‘empêcher d‘avoir des aventures avec d‘autres hommes. Au cours de l‘enquête sur sa disparition, nous apprendrons petit à petit son passé glauque qui causa le déséquilibre de son état de santé mental.

La troisième voix, Anna, est la nouvelle épouse de l‘ex de Rachel. Elle vient d‘avoir un bébé et l‘insistance d‘une Rachel souvent ivre et coléreuse auprès de son mari lui fait peur surtout après qu‘elle l‘est surprise avec son bébé dans les bras.

Que s‘est-il passé avec Megan ? A-t-elle disparu avec un de ses amants ? A-t-elle été tuée par un mari devenu jaloux ? Le jour de sa disparition, Rachel complètement ivre a été agressée dans la rue ou vivent les deux couples et ne se souvient plus de rien ?

Elle a l’intuition que cette agression a un rapport avec la disparition.  En essayant de retrouver ces souvenirs, elle se mêle de l‘enquête car elle est certaine d‘avoir vu, depuis le train, Megan dans les bras d‘un autre homme. Malheureusement son penchant à téter la bouteille la décrédibilise auprès de la police.

Le corps de Megan est retrouvé et le mari demeure le suspect le plus crédible jusqu‘à ce que…

Même si je ne suis pas un fan du genre, j‘avoue avoir été troublé par cet excellent roman à tel point que j‘ai fait un Laurence avant de continuer ce qui ne m‘arrive pratiquement jamais.
*faire un Laurence : Aller voir la fin de l‘histoire en cours de lecture.

 Il est très difficile d’interrompre la lecture de ce thriller. Je le conseille à ceux qui aime le genre… et même aux autres..

La fille du train, Paula Hawkins, Pocket, 2016, 453 pages Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Personne n‘est sain d‘esprit dans cette histoire et quand je dis personne, je veux bien dire personne à part les policiers qui. entre nous, sont loin d’être des pointures.

Couscous maison rapide

Il doit y avoir autant de recettes de couscous que de villages au Maghreb.
En voici une, un peu longuette pour la préparation, mais simple et savoureuse.
Elle est au 
bœuf et au poulet mais rien ne vous empêche d‘ajouter de l‘agneau et des merguez…si vous en trouvez des bonnes.

  • Ingrédients pour 6 à 8 personnes :
    2 oignons
    4 carottes
    3 navets
    4 courgettes
    6 tomates
    800 g de bœuf à ragoût en morceaux de 2 pouces (5 cm)
    8 pilons de poulet avec la peau
    1  boite de pois chiches
    1 c. à soupe de Cumin moulu
    1 c. à soupe de Paprika
    1 c. à soupe de Cannelle
    1 c. à soupe de Coriandre moulu
    2 clous de girofle
    1 c. à thé de graines de cumin
    Huile d’olive

Préparation :

Hacher l’oignon, laver et couper les carottes et les navets en morceaux de 2 à 3 cm (1 pouce)
Couper le bœuf en morceaux de 5 à 6 cm (2 po).
Dans un grand faitout, faire fondre l’oignon 1 à 2 minutes puis ajouter le bœuf, le poulet et faire revenir la viande pour qu’elle soit dorée de tous les côtés..
Ajouter alors les épices et bien enrober le tout.
Sortir les cuisses de poulet et réserver-les.
Couvrir le reste de la viande avec de l’eau et ajouter un cube de bouillon de légumes ou de poulet.
Ajouter les navets et les carottes, mélanger  et laisser cuire 45 minutes après le premier bouillon.
Pendant ce temps éplucher et couper les courgettes en tronçons de 2 cm. Couper les tomates de même.
Au bout des 45 minutes ajouter les tomates, les courgettes et le poulet.
Laisser cuire 10 minutes de plus puis ajouter les pois chiches pour 5 à 6 minutes.

Les merguez, si vous en avez, se font griller à part. Pour la semoule, prenez en à cuisson rapide et suivre les instructions du paquet

Voilà c’est prêt ! Servir la semoule dans les assiettes et faire un léger puits, ajouter le mélange viande et légumes, quelques cuillerées de bouillon et 1 pilon de poulet par-dessus. Ajouter de la sauce Harissa au goût, on en trouve un peu partout sinon la sriratcha fera l’affaire, mais attention… n’en mettez pas trop.

Bon appétit!

Lentilles à l‘indienne (façon Dahl)

La médecine  m’a demandé de réduire mes aliments carnés pour les remplacer de temps en temps par des légumineuses.

Je ne suis pas contre. J‘aime bien les haricots, les pois chiches, les fèves* et les lentilles.

Voici une de mes recettes préférées  de lentilles, facile et rapide à préparer, sans lardon, sans saucisses…sans viandes quoi !
*appelées gourganes au Québec

Ingrédients pour ce plat :

500 gr de lentilles (la couleur n‘a aucune importance)
1 oignon, haché finement
3 gousses d’ail, hachées finement
3 cm gingembre frais haché
1 c. à soupe de curcuma moulu
1 c. à soupe de massalé (pour la recette cliquez !)
1 c. à thé de cumin moulu
1 c. à thé de graines de cumin
¼ c. à thé de flocons de piment fort*
¼ c. à thé de clou de girofle broyé (facultatif)
1 litre d’eau ou de bouillon de légumes**
Beurre ou huile
1 petit bouquet de coriandre fraîche ciselée
Sel et poivre
*Pour ceux qui aime plus relevé vous pouvez mettre 1/2 c. à thé et même un peu plus ou bien, pour éviter de voir les larmes de vos invités, ajouter dans votre assiette, un petit piment fort haché avec (fort) ou sans les pépins (moins fort).

Préparation:

– Bien laver les lentilles.
– Dans une grande casserole, faire revenir l’oignon dans le beurre ou l’huile sans qu’il prenne de la couleur, environ 1 à 2 minutes.
– Ajouter l’ail, le gingembre et le reste des épices, bien brasser pendant 1 minute.
– Ajouter l’eau FROIDE** ou le bouillon de légumes FROID** et les lentilles, saler, poivrer porter à ébullition puis réduire le feu et laisser mijoter une vingtaine de minutes ou jusqu’au moment où les lentilles sont cuites.

Servir chaud, parsemer la coriandre  et déguster avec des pains naan ou des pains pitas tièdes.
**FROIDE :J’insiste sinon vous allez manger des petits cailloux et c’est indigeste.
Si vous n’avez pas de bouillon préparer à l’avance, mettre l’eau puis ajouter un cube en morceaux dans la casserole, il va fondre tranquillement.

PS: vous pouvez, si le liquide a été complètement absorbé et si les lentilles ne sont pas cuites  complètement à votre goût ajouter un peu d’eau pour terminer la cuisson.

Bon appétit!

*** ”Maharajah” de M.J.Carter

L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.*
                                                                                                          Gandhi

* À méditer pour tous les fanas des médias sociaux

En 1837, une partie de la péninsule indienne est dirigée par la Compagnie Britannique des Indes Orientales qui convoite les derniers territoires encore dirigés par des maharajahs ou autres rajahs.

Débarqué depuis peu, l‘officier William Avery attend son affectation pour des régions instables où il espère se couvrir de gloire et d‘honneur. En attendant, il s‘ennuie avec ses compagnons d’arme et s‘endette par le jeu, l‘alcool et les femmes faciles.

Les ordres qu‘il reçoit le déçoivent. Il doit accompagné un enquêteur spécial chargé de retrouver un célèbre écrivain  disparu alors qu‘il étudiait les Thugs, cette secte religieuse qui assassine en étranglant ses victimes avec un foulard.

Ce roman d‘aventures nous plonge dans l‘Inde de ce début du 19e siècle parcourue par deux hommes aux personnalités opposées.

Blake l‘enquêteur est un ancien militaire désabusé qui avait épousé une indienne, malheureusement décédée, et adopté certaines moeurs du pays ce qui est très mal considéré par la morgue britannique.

William est l‘exemple type de cette suffisance qui considère les indiens comme des colonisés primitifs, corroboré par les instructions secrètes qu‘il a reçu de surveiller son compagnon.

Si vous aimez les romans d‘aventures pour vieil(le) adolescent(e) attardé(e), ce que je suis, vous allez passer un bon moment rempli de brigands, de chasses au tigre à dos d‘éléphant, d‘embuscades, de combats, d‘évasions et d‘escarmouches verbales entre le vieil enquêteur averti et le jeune soldat souvent partagé entre son allégeance militaire et le constat surprenant qu‘il fait de la civilisation indienne.

Si vous chercher un roman d‘amour* avec de la profondeur dans les personnages de l‘intelligence chez les militaires et de la bienveillance chez les colonisateurs, vous serez bien déçu et je vous conseillerai de passer votre chemin.
*quoique…

Pour ceux, tentés par l‘aventure d‘ un imbroglio politico-économique  incroyable mais certainement proche d‘une certaine vérité, vous aurez droit à un tourne-pages que vous aurez difficilement envie de reposer pour faire de même*.
*problème : comment éviter une répétition avec un mot qui a deux définitions.

PS: Jolie couverture colorée

Maharajah, M.J. Carter, Cherche Midi, 2017, 452 pages, Roman historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Incroyable ai-je écrit mais comme, contrairement à certaines affirmations erronées, à cette époque-là je n‘étais pas encore de ce monde, ou seulement depuis peu, il m‘est difficile de donner mon avis sur les moeurs des colonisateurs  britanniques .

*** ”Le huitième sortilège” de Terry Pratchett

Les annales du Disque-Monde, tome 2 

Fin des aventures extraordinaires, abracadabrantesques et fantasmagoriques de Rincevent, le mage nul, de Deuxfleurs le touriste quadrioculaire et du coffre hominivore en bois de poirier magique.

Voici quelques mots de notre magicien, en colère, qui  résume bien  leur situation :
‘‘je passe par dessus le bord du monde, le coup d‘après je me retrouve à l‘intérieur d‘un livre puis sur un caillou volant , puis je regarde La Mort apprendre à jouer au plombage ou à la couronne ou à je ne sais quoi alors pourquoi donc je me poserais des questions ?‘‘

Si vous voulez en savoir plus sur leurs péripéties je vous suggère de lire mon billet sur le premier tome intitulé ‘‘ La huitième couleur‘‘.

Rincevent lors de son séjour inutile à l‘école des mages s‘est retrouvé, par accident, nanti du huitième sortilège de l‘in-Octavo, ou livre des sortilèges, dont il est incapable de se servir sciemment.

Dans le cosmos ou nage paresseusement  A-Tui la tortue porteuse des quatre éléphants eux-même soutenant le disque-monde, une étoile rouge vient d‘apparaître et grossit rapidement semant la panique auprès des populations, et surtout des sorciers persuadés que seul les incantations de l‘in-Octavo au complet permettraient de régler ce problème tout en donnant le Pouvoir Suprême à celui qui réussirait.

Pourchassés par différentes sectes cabalistiques, aidés par Cohen Le Barbare édenté et par Betham sa jeune fiancée, nos deux compères vont voyager au milieu des champignons schtroupfiers* et des trolls rochers, rencontrés des druides, des nécromanciens, La Mort (encore) qui ne joue ni au plombage ni à la couronne mais au bridge** et sa fille adoptive Ysabell et risqués leurs vies au milieu des émeutes populaires provoquées par les nouveaux adorateurs de l‘Étoile.
*Hommage à Peyo qui vingt ans plus tôt avait déjà découvert les champignons qui servent de maison à des petits êtres.
** Jeu de mot, voir les paroles de Rincevent ci-haut.

Voilà, j‘ai lu les deux premiers tomes des annales du Disque-Monde et je me suis bien amusé… par moment.

La folie littéraire ne me gêne pas mais c‘est comme un plat en sauce, trop cela peut écoeurer mais par petites bouchées cela se déguste, alors je ne sais pas encore si ou quand je lirai les tomes suivants….Peut-être, l‘avenir le dira.

Le huitième sortilège, Terry Pratchett, Pocket,  2016, 256 pages, Fantaisie.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J‘ai un doute sur les jeux de mots en français, j‘espère qu‘il traduise bien ceux de l‘auteur et non je n‘irai pas vérifier.

Boulettes ou keftas revisitées

Voilà bien longtemps que je ne vous avais pas donner une de mes recettes favorites.
Il m’arrive de temps en temps de remplacer Dulcinée mais comme je ne suis pas de recettes précises, et comme elles sont aussitôt terminées, aussitôt mangées, j’oublie souvent  les proportions des ingrédients  et  ne pense pas à prendre une photo.

Là encore vous n’aurez pas  de photo, on avait trop faim, mais j’ai tout noté au fur et à mesure alors voici la recette.

Ingrédients pour les boulettes.
500 gr boeuf haché

2 gousses d‘ail hachées
1 petit oignon haché
1 c.a.c. cumin moulu
1 c.a.c.de graines de cumin
1 c.a.c. de coriandre moulue
1 c.a.s. de paprika
2 oeufs
40 feuilles de menthe hachées
1/2 bouquet de persil haché
Huile
sel et poivre

Ingrédients pour la sauce :
2 tomates bien mûres

2 c.a.s de sauce tomate
1 c.a.s de curcuma
1 c.a.s d‘origan séché
1 c,a.c. de sucre
sel et poivre
1 petit piment fort (facultatif)
Huile

Préparation des boulettes :
Mettre la viande hachée dans un bol à mélanger, ajouter tous les ingrédients sauf l‘huile et mélanger allègrement avec vos doigts pour obtenir une préparation homogène.

Avec une cuillère à soupe prélever de la farce et façonner des boulettes légèrement ovales.
Laisser reposer une dizaine de minutes au réfrigérateur.

Préparation de la sauce :
Hacher les tomates.
Dans une petite casserole, les faire revenir doucement dans un peu d‘huile d‘olive avec le sucre. Ajouter la sauce, les épices et les herbes et le petit piment haché.* Bien écraser la préparation et laisser compoter une dizaine de minutes à feu doux.
*Il est toujours facultatif mais pour ceux qui aime le goût sans aimer le trop piquant, couper le piment en deux et retirer les graines, ce sont elles les plus vilaines .

Préparation finale :
Pendant ce temps, faire revenir les boulettes dans une poêle avec un peu d‘huile. Les retourner délicatement pour ne pas les briser. Lorsqu‘elles ont pris une jolie teinte de chaque côté, verser la sauce tomate dans la poêle baisser le feu et couvrir pour une dizaine de minutes ou jusqu‘au moment où la viande est cuite à votre goût.. Retourner les boulettes à mi-cuisson.

Bonne appétit !

PS: Il n’est pas impossible que la prochaine fois je remplace le paprika par du curcuma et la coriandre par du fenugrec ou, que je mélange ensemble toutes ces épices . C’est un des avantages de ce genre de plat, le goût est différent à chaque fois et vous le préparer avec ce que vous aimez le plus.

**** ”Mémoires d‘Hadrien” de Marguerite Yourcenar

Je me suis plu à faire et à refaire ce portrait d’un homme presque sage.
                                                                                        Marguerite Yourcenar 

J‘ai fini ”Mémoires d‘Hadrien“ il y a quelques jours mais utilisant l‘absence de mon ordinateur* comme excuse, j‘ai mis de côté mon billet dont les difficultés de préparation me semblaient olympienne.
Qui étais-je, moi, le béotien de service pour commenter
une
oeuvre, considérée comme un classique de la littérature française et, qui valut à son auteure d‘être la première femme élue à l‘Académie Française.
*Imaginez le début de mon billet il y a une quinzaine de jours : ()é()oires d‘Hadrien de ()arguerite Yourcenar. Que comprendre ?
DéBoires d‘Hadrein ou PéToires d‘Hadrein de ()arguerite Yourcenar

C‘est le genre de roman qui, chapitre après chapitre, vous consterne par l‘étendue de votre inculture. 

D‘ailleurs que savais-je d’Hadrien, empereur roman du 2e siècle après J.C. ? Pas grand chose sinon que le mur construit pour protéger la Britania Romaine des attaques des barbares du nord porte son nom.

L‘ordinnateur revenu de son périple ontarien, nanti d‘une nouvelle touche M me permettant de continuer à élaborer des textes remplis de fautes sans me retrancher derrière des erreurs mécaniques ou de frappe, il a bien fallu que je m‘assieds devant la page blanche et que j‘essaie de rassembler mes idées.

”Mémoires d‘Hadrien” est le testament épistolaire que l‘empereur, à la fin de sa vie, adresse à Marc Aurele qu‘il considère comme son successeur lorsqu‘il sera en âge d‘accéder au pouvoir.*
*L‘empereur doit nommer son successeur en l‘adoptant, ne pouvant le faire avec Marc-Aurèle, trop jeune, il adopte Antonin à condition que celui-ci adopte Marc Aurele.
** À la mort d‘Hadrien en 138, Antonin règnera jusqu‘en 161 puis Marc-Aurèle jusqu‘en 180.

Si j‘ai mis presque 15 jours pour passer au travers des 316 pages, c‘est principalement dû aux nombres de cornes* que j‘ai apposé à chaque mot inconnu ou à chaque phrase nécessitant une relecture pour bien la comprendre.
*Je sais que c‘est vilain mais je fais ce que je veux avec mes bouquins

Ce n‘est pas que le texte soit rébarbatif.  Il est certes précis et froid,  mais merveilleusement bien écrit, seulement il aborde tous les sujets difficiles auxquels un dirigeant est obligatoirement confronté ; politiques, philosophiques, artistiques, sentimentaux et géographiques.

À la mort de Trajan, dont la succession semble avoir été magouiller par Plotine son épouse en faveur d‘Hadrien, celui-ci souhaite plutôt consolider l‘empire romain en signant des traités avec les peuples frontaliers. Durant son règne il n‘ arrêtera pas de parcourir l‘empire depuis l‘Angleterre (Britania) à la Bythinie (Turquie) et de l‘Oural à l‘Afrique et si malheureusement il fut contraint à certaines actions militaires c‘est toujours après avoir essayer de régler les problèmes pacifiquement.

Ce sera le cas avec le peuple juif dont l‘intransigeance religieuse tant sous Vespasien et Trajan que sous Hadrien fut à l‘origine de multiples conflits qui provoquèrent en partie sa destruction.

Bâtisseur, voyageur, helléniste, pacifiste par choix, guerrier par nécessité, obséder par la grandeur de Rome, partager entre l‘amélioration des conditions des esclaves et des plus pauvres et la pérennité de l‘élite, l‘auteure en fait un homme de passions, de jugements et d‘actions.

Un petit paragraphe pour vous tenter… et vous donner à réfléchir :
”Il faut l‘avouer je crois peu aux lois. Trop dures, on les enfreint, et avec raison. Trop compliquées, l‘ingéniosité humaine trouve facilement à se glisser entre les mailles de cette nasse traînante et fragile. Le respect des lois antiques correspond à ce qu‘a de plus profond la piété humaine ; il sert aussi d‘oreiller à l‘inertie des juges. Les plus vieilles participent de cette sauvagerie qu‘elles s‘évertuent à corriger ; les plus vénérables sont encore le produit de la force. La plupart de nos lois pénales n‘atteignent, heureusement peut-être, qu‘une petite partie des coupables ; nos lois civiles ne seront jamais assez souples pour s‘adapter à l‘immense et fluide variété des fait.que la nature humaine Elles changent moins vites que les moeurs ; dangereuses quand elles retardent sur celles-ci, elles le sont davantage quand elles se mêlent de les précéder”

Honnêtement je m demande parfois si Madame Yourcenar n‘a pas voulu, en se cachant derrière les pensées et les réflexions d‘Hadrien sur le monde, nous parler des incohérences de la société de son époque. Il est vrai que si, en vingt siècles, certaines conditions humaines ont été bien améliorées, la nature profonde de l’homme n‘a pas beaucoup évolué.

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar, Folio, 1951, 316 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ce n‘est pas facile de lire un livre en cherchant, par exemple, les concordances entre les noms de l‘époque latine et leurs évolutions de nos jours et de retrouver la trace des Thraces*, des Daces, des Sarmates, des Bythiniens etc.. *J‘ai honte

Ainsi Hadrien avait une propriété à Tibur ? C‘est où Tibur ? De nos jours, elle se nomme Tivoli et est bien connue des cruciverbistes car elle abrite la villa d‘Este.

*** “La huitième couleur” de Terry Pratchett

Le monde est une énorme farce coupée de répits illusoires, de visions chimériques, d’espoirs infondés.
                                                                                                                    Albert Cohen

Je n’ai pas tout compris mais était-ce nécessaire dans le récit fantasmagonirique* d’un monde en forme de disque soutenu par quatre éléphants eux-même posés sur la grande A Tui, la tortue sidérale, qui brasse le cosmos en attendant de trouver un partenaire chélonien ?
*mot valise composé de fantastique, imaginaire et onirique

Un étranger à quatre yeux débarque dans la ville d’ Amkh-Morpork, accompagné d’une malle magique qui le suit, portée par une multitude de petites jambes et remplie de sacs d’or et d’un tas de matériels utiles pour un voyageur.

Cet étranger vient  pour visiter la ville où personne n’avait auparavant jamais vu de  touriste.

Peu après son arrivée, Deuxfleurs, tel est son nom, rencontre Rincevent, un mage de l’université de l’invisibilité (recalé à l’examen), chargé par le Patricien de protéger l’étranger et provoque indirectement un incendie  qui détruit la ville et jette nos deux compères.sur les routes baignées par l’octarine, cette huitième et sublime couleur,
Ils visitent divers États aux coutumes étranges et vont rencontrer des êtres fantastiques tels des Elfes qui ont survécu grâce à leur intelligence, des Trolls qui eux ont survécu parce qu’ils “montrent au moins autant de dispositions que les humains pour la malveillance la rancune et la cupidité“, le peuple des Arbres, Kring, une épée qui parle, Bel-Shaharoth, le monstre qui n’aime pas le chiffre  huit et même des plantes qui fleurissent avant d’être semées., sans oublier la Mort qui débordée envoie des aides pour pourvoir à la demande de sa clientèle.

Ils ne savent pas qu’ils sont aussi  les pions d’un jeu de plateau auquel s’affrontent les dieux du Disque-Monde, en particulier la Dame (représentant la chance (sur un million) et le Destin.

Toujours suivis par la malle magique qui n’hésite pas à croquer de-ci de-là un malandrin prêt à lui dérober quelques effets, nos deux voyageurs involontaires vont réussir à sauver leurs existences et se trouver obliger d’effectuer des expériences scientifiques   pour découvrir  le secret de leur  monde.

La huitième couleur, Terry Pratchett,  L’Atalante, 1998, 252 pages, S.F.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Non, je n’ai pas tout compris mais y avait-il quelque chose à comprendre sinon se laisser porter par la folie Pratchettienne ? Ce que j’ai fait avec délectations en me demandant à chaque chapitre : mais que va-t-il inventer maintenant ?