*** ”Mort à Florence” de Marco Vichi

Les absolutions de la justice humaine sont de secrets encouragements au crime ; l’impunité n’a jamais fait que des hypocrites et des scélérats.

Florence, 1966. Le corps d’un enfant disparu est retrouvé dans un boisé. L’autopsie confirme qu’il a subi des sévices sexuels avant d’être étranglé. Ce type  d’enquête, difficile par son horreur, enrage le commissaire Bordelli qui, après le passage des techniciens, continue de fouiller et trouve, non loin de la tombe improvisée, une facture de téléphone appartenant à un commerçant boucher. Rien ne prouve qu’elle a un rapport avec l’assassinat aussi Bordelli décide d’utiliser la méthode dite silencieuse, prouve qu’un on surveille et on attend.

La patience n’est-elle pas une vertu première pour un policier ?

Cette surveillance n’apporte aucun élément sur le meurtre de l’enfant sinon qu’elle prouve qu’un certain nombre d’anciens partisans de Mussolini, dont le boucher, participe à des réunions en souvenir de leur ancien leader.

En cette année 1966, l’Italie n’est pas encore complètement rétablie de la période du fascisme et l’Arno, le fleuve qui traverse Florence va lui faire subir la pire inondation de son histoire ce qui  va compliquer le travail des enquêteurs.

Celui-ci reste un faire-valoir pour l’auteur pour nous parler de la situation politique et sociale qui a suivi la chute du régime totalitaire et surtout de la catastrophe qui a submergé les rues et les habitations florentines les couvrant, pendant plusieurs jours, d’une boue nauséabonde aux odeurs de détritus et de mazout.

Ce sont les principaux intérêts de ce roman et même si l’enquête aboutit à certains résultats, Bordelli perdra contre une coterie de personnages hauts placés et sa décision ultime nous laisse perplexe sur les suites éventuelles de la série.

Ceux que l’histoire du siècle dernier intéresse y trouveront des éléments qui ont encore certaines répercussions sur la politique actuelle de ce pays.

Mort à Florence, Marco Vichi,  Ed. Philippe Rey, 2017, 395 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : malaise, quand tous les méchants ne sont pas  punis.

 

 

 

**** “Jusqu’à l’impensable” de Michael Connelly

Ripou (pl : Ripous ou ripoux ) : Policier vénal et ou corrompu 

Une histoire de ripoux, proxénètes par choix, maître-chanteurs par hasard et un peu tueur par nécessité, Rien de bien nouveau ou d’extraordinaire dans ce nouveau roman de Michael Connelly mais je ne me lasse pas de le lire. Surprenant,  si on considère que j’en ai abandonné beaucoup d’autres que je lisais avec un certain plaisir et qui sont parvenus à m’ennuyer.

Cette fois-ci, Harry, mis è la retraite d’office des services de police, n’a pas du tout envie d’aider Mickey Haller son demi-frère et avocat dont le dernier client, accusé du meurtre sauvage et du viol d’une directrice adjointe des services municipaux, n’arrête pas de clamer son innocence. Quand, pendant des années, on a travaillé pour les districts attorneys, se mettre au service des avocats de la défense est considéré comme  une trahison par les services de police.

Haller est têtu et réussit à convaincre Harry de jeter un coup d’œil sur le dossier.

Un détail mais un détail d’une valeur de plusieurs dizaines de milliers de dollars va turlupiner Bosch, une montre qui a disparu, Ce petit détailllounet ajouté à deux communications téléphoniques avec des bijoutiers et à l’assassinat de la seule personne capable de confirmer l’alibi du client de Haller vont troubler notre ex-policier et l’entraîner dans cette enquête dont il ne voulait pas.

Le plus ennuyeux est que l’ADN de l’accusé a été retrouvé un peu partout sur et, ne le cachons pas, dans le corps de la victime, ce qui est difficile à expliquer si on nie toute relation avec elle.

Ennuyeux n’est-il pas!

Je ne vous en dis pas plus sinon que beaucoup d’autres cadavres vont jalonner cette enquête car le nettoyage par le vide, historiquement  qualifié de politique de la terre brûlée, paraît la seule évidence et le seul moyen pour les meurtriers de ne pas faire prendre.

J’aime bien Harry Bosch, le personnage récurrent de Connelly, sa manière minutieuse d’avancer dans ses enquêtes sans rien laisser au hasard, sans coup de théâtre, sans indices cachés qui apparaîtraient soudainement pour surprendre le lecteur et mettre en doute ses capacités de déduction.

Toujours pas lassé après ce énième roman !

PS: Dans mes souvenirs un seul roman de Connelly m’avait déçu et je ne dirai pas lequel parce que je n’aime pas délater. Seul indice : il ne se passait pas à Los Angeles.

Jusqu’à l’impensable, Michael Connelly, Le Livre de Poche, 2018, 473 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : On sait qui et pourquoi, et pourtant,  on continue.

**** “La lumière de la nuit” de Keigo Higashino

Entre amis, on peut se dire ce que nous avons sur le cœur.
                                                                                                                 Tahar Ben Jelloun

Dans une maison en construction, un prêteur sur gage est assassiné, une somme d’argent importante a disparu.

Durant l’enquête le lieutenant de police Sasagaki Junzo interroge sa femme, son employé et son fils, âgé d’une dizaine d’années,  puis un certains nombres de ses clients dont une jeune femme, mère d’une petite fille Nishimoto Fumiyo, dont les relations avec le prêteur sur gages semblent plus personnelles. Finalement le principal suspect et  ami de Nishimoto Fumiyo  meurt dans un accident de voiture puis la jeune femme est retrouvée morte,  intoxiquée par le gaz. Ces deux décès  closent l’enquête.

La vie continue pour la les enfants Nishimoto Yukiho et Kirihara Ryo devenus orphelins. La première, adoptée par une parente reçoit  une éducation traditionnelle incluant la cérémonie du thé*  et l’art floral**. Elle devient une très belle jeune fille qui va poursuivre ses études jusqu’à l’université.
*chanoyu
**ikebana

Ryo après ses études devient un spécialiste des programmations sur ordinateur, alors  dans leurs premiers balbutiements, et profite des lacunes des réglementations pour subtiliser certains programmes de jeux, les copier et en tirer des profits.

Pendant les vingt années qui suivent, Yukiho va réussir en affaires et Ryo va accroitre les siennes souvent à la limite de l’escroquerie et parfois très près de certains membres des yakusas.

Après les événements de leur enfance, Yukiho et Ryo n’ont jamais eu apparemment de relations personnelles,

Mais toutes les personnes qui semblent les gêner subissent des violences qui les écartent ou les éloignent, suscitant aux lecteurs de nombreux doutes qui surviennent puis disparaissent comme font les vagues qui arrivent sur la côte et ne laissent aucune trace une fois disparues.

L’auteur joue ainsi avec nos présomptions jusqu’au moment ou l’inspecteur de police devenu retraité, et qui n’avait jamais pu oublier le meurtre du prêteur sur gages  et la mort de la jeune mère va enfin découvrir ce qui s’est réellement passé.

Le premier tiers de cet excellent  thriller psychologique  m’a paru long et un peu ennuyeux et puis à partir du livret VI, j’ai embarqué et, s’il m’avait fallu une semaine pour les cinq premiers, les cinq cents dernières pages* ont été avalées en trois ou quatre jours.
*sur 758

La lumière de la nuit, Keigo Higashino, Babel noir, 2017, 758 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Des doutes, des suppositions, des présomptions, jamais rien de concret avant la fin, énervant mais.. excellent.

**** “Une plaie ouverte” de Patrick Pécherot

Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !
Montehus

J’ai terminé ce roman depuis quelques jours et  je ne sais toujours pas comment vous le présenter.
La principale raison  (celle derrière laquelle je cache mon indécision) est un voyage vers mes racines paternelles après deux années sans pouvoir m’y rendre.

La véritable raison tient surtout aux difficultés pour le classifier.

Qu’est-ce que ce roman ?
Un livre sur la Commune ? Certes… en grande partie.
Des aventures au Far-West ? Pas vraiment… mais on en parle beaucoup.
Une quête pour retrouver la mémoire ?
Ou une enquête pour retrouver une personne disparue ?

Dans la première partie, quelque part en Amérique du nord,   un homme se réveille auprès d’une indienne. Qui est-il ? on ne le saura vraiment jamais. Un nom nous est glissé subrepticement, sans insistance, Valentin Louis Eugène Dana.  Il aurait  participé à la Commune puis se serait volatilisé après sa condamnation à mort.

Anarchiste ou apache*, escroc ou tueur, révolutionnaire ou indic,   là encore tout s’emmêle, tout s’enténèbre  dans les vapeurs d’absinthe et les fumées des canons.
*déjà des indiens

A-t-il connu Calamity Jane ? A-t-il fait partie du spectacle de Wild Bill Hickok ? Est-il le joueur dont on ne voit que les mains dans un des premiers films d’Edison ? Marceau, un de ses anciens amis en est presque persuadé, il est vrai que l’abus de laudanum peu créer des illusions voire aboutir à la folie.

Dans le désordre et les exécutions qui ont suivi la défaite de la Commune, de basses actions, meurtres, dénonciations, accusations ont été perpétrées par pure animosité ou vengeance. Un convoyeur de fonds a été tué dans le parc Haxo au moment où 50 prisonniers étaient fusillés, accident ? Meurtre ?

Sur le témoignage de son “ami” Maceau, Dana fut accusé  et condamné.  Dix-sept années plus tard, Marceau cherche à savoir ce qu’il est devenu, mais  pourquoi  ?

Des questions, toujours des questions, encore des questions !

Mais tout devrait s’éclaircir à la fin.
Finalement pas vraiment… enfin… pas clairement.

Patrick Pécherot semble posséder de profondes  connaissances sur la Commune, sur ses raisons et sur les personnages qui y ont participé ou assisté  et apparaissent de temps à autre dans le roman ; Louise Michel, Verlaine, Rimbaud, le peintre Courbet ou le dessinateur Gill.

Ultime et importante  question : ai-je aimé ?
Moi qui préfère les romans qui suivent une ligne claire du début à la fin et évite ceux qui s’épivarde dans les allées buissonnières (en l’occurrence les routes des pionniers et les sentes des indiens), oui.
j’ai même adoré et comme il est difficile d’en expliquer les raisons, je conseillerais de le lire.

Surprenant !
PS : J’ai recherché si Valentin Dana a existé vraiment et je n’ai rien trouvé

PPS: En lisant je repensais à cette chanson “La butte rouge” que je croyais, comme beaucoup, avoir été écrite pour la Commune pour apprendre finalement qu’elle fut écrite pendant la Grande Guerre sur  la mort inutile  de centaines de soldats à la butte Bapaume en Champagne. Cela reste une belle chanson dont le refrain appris dans ma jeunesse m’est toujours resté en mémoire.

Et même si elle n’a donc rien à voir avec la Commune, elle  décrit très bien ce qui a du s’y passé ; en voici le premier couplet et le refrain :

Sur cette butte là y’avait pas d’gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c’était loin du Moulin d’la Galette,
Et de Paname qu’est le roi des patelins.
C’qu’elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d’ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !

La butte rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d’ce vin là, boira l’sang des copains.
Montéhus

Le bémol du Papou : Un Far-West de pacotille plus du cirque que de l’histoire.

*** ”Offshore” Petros Markaris

On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Peut-être mais il vous permet en tout cas de choisir le genre de misère que vous préférez.
                                                                                        Pierre-Jean Vaillard

Les problèmes financiers de la Grèce semblent se terminer. L’argent coule à à flots. On parle de reprise économique, d’augmentation des salaires et d’amélioration du niveau de vie.
La seule question que se pose certaines personnes échaudées par un proche passé difficile   :
D’où vient l’argent? D’où vient cette manne providentielle* ?
*Pléonasme… j’aime les pléonasmes

Parmi les personnes circonspectes voire dubitatives on trouve le commissaire Kostas Charitos mais, la perspective de problèmes professionnels causés par la nomination d’un sous-chef de la police plus bureaucrate que policier le perturbe encore plus que l’origine des fonds salvateurs.

Les assassinats d’un fonctionnaire du service de l’Office du tourisme suivi de celui d’un armateur auraient pu passer pour de simples vols qui ont mal tourné si les assassins,  des immigrés plus ou moins clandestins, n’étaient arrêtés  facilement.
À chaque fois, le sous-chef de la police impose aux policiers l’abandon d’investigations complémentaires puisque les meurtriers sont passés aux aveux. 

Un troisième meurtre, celui de Sotiropoulos, un vieux journaliste à la retraite, tué lui-aussi par un migrant qui se laisse arrêter et avoue le meurtre , ressemble aux deux premiers.

Le journaliste enquêtait sur l’explosion à Odessa et en Thaïlande de deux des navires de l’armateur assassiné.

La fin du roman donne la réponse posée au début de ce texte, réponse surprenante mais pas forcément utopique ou irréaliste.

Qui dirige les gouvernements de certains pays? L’argent c’est sur, mais l’argent de qui?

J’ai un très gros penchant pour les personnages de Petros Markaris, si méditerranéens dans leur quotidien, si grecs dans leurs fatalisme avec une inclination supplémentaire pour Adriani*, la femme du commissaire, un peu râleuse, superstitieuse quand ça ne peut pas faire de mal, et souvent sceptique quand aux promesses quel qu’elles soient.
*J’ai des raisons très personnelles.

PS: Ce roman est une fiction, et rien d’autre q’une fiction. La situation réelle de la Grèce semble être toute autre.

Offshore, Petros Markaris, Seuil, 2018, 296 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Kostas Charitos fait souvent  preuve de faiblesse vis-à-vis de sa hiérarchie et de sa ”douce moitié” mais heureusement jamais dans la recherche de la vérité.

 

**** ”La marche en forêt” de Catherine Leroux

La famille est un ensemble de gens qui se défendent en bloc et s’attaque en particulier.
                                                   Diane de Beausacq

Il y a toujours une cuillère malpropre dans chaque famille.
                                                                                         Proverbe Géorgien 

Mais qui est Alma ?  je me  suis posée la question pendant la plus grande partie des chroniques de la famille Brûlé, sujet principal de ce petit livre. Elle revenait régulièrement et pourtant n‘apparaissait pas dans l‘arbre généalogique que l‘on trouve au début du roman.

Heureusement que l‘auteure  a planté cet arbre dès le début sinon on aurait été  bien embarrassé pour ne pas dire complètement perdu par l’abondance des personnages et l’absence de chronologie des anecdotes, sans compter les ”bourgeons rapportées” sur les branches initiales dont l’importance s’accroît au fur et à mesure des événements.

On revient souvent à cet arbre pour comprendre qui est qui et quelles sont les relations entre eux et puis l‘image de la famille se forme, les ajouts s‘expliquent et le besoin d‘informations s‘estompe tranquillement.

Les années passent, les enfants grandissent, les petits bonheurs et les grands malheurs se déroulent au fil des années. L‘écriture souvent poétique nous captive et nous entraîne malgré l‘abondance  des anecdotes qui peut essouffler.

Si je dis souvent que trop d‘épices tuent un plat, ce ne fut pas le cas dans  ”La marche en forêt‘‘ et si j‘ai souffert de la maladie ou de la mort qui frappe les plus vieux, ce fut surtout causé par mon grand âge et par l‘inévitable qui frappe chacun d‘entre nous à un moment donné.

Et Alma, me direz-vous ? On apprend, à la fin, même si on s‘en doutait un peu, qui elle est pour la famille Brûlé mais ce secret le restera si vous ne lisez pas ce très beau roman.

La marche en forêt, Catherine Leroux,  Ed. Montparnasse, 3011, 262 pages, roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je conseillerai de mettre un marque-page où se trouve l’arbre sinon on s’énerve.

 

 

*** ”La fille du train”, Paula Hawkins

Les immeubles bâtis le long des voies de chemin de fer ont mauvaises mines parce qu’ils dorment mal.
                                                                                               Gilbert Cesbron 

Thriller psychologique à trois voix qui m‘a beaucoup dérangé mais ne m’a absolument pas  découragé. Pourtant je ne suis pas un grand fan du genre. J‘ai déjà expliqué être mal à l‘aise avec des événements qui s‘attaquent à des innocents.

Mais sont-elles vraiment innocentes ces trois voix qui alternativement racontent leurs vies déprimantes et leurs problèmes psychologiques ?

Rachel est la fille du train qui, chaque jour, se rend à Londres pour son travail. À chaque trajet, sans raison ou bien pour des raisons seulement connues par la compagnie de chemin de fer, le train s‘arrête à un feu rouge et Rachel peut apercevoir les habitants des petites maisons qui longent la voix. Devenue alcoolique après la trahison de son mari, elle a perdu son emploi et ne se rend à Londres que pour ne pas l‘avouer à l‘amie qui l‘héberge.

Chaque jour elle aperçoit un couple qu‘elle imagine très amoureux et aussi la maison qu‘elle a partagé avec son ex-mari et qu‘il continue à habiter avec sa nouvelle compagne.

Elle a baptisé le couple Jess et Jason. Elle apprendra le vrai prénom de la femme, Megan, lorsque celle-ci disparaît.

Megan est la deuxième voix du livre. Heureuse auprès de son mari Tom elle ne peut s‘empêcher d‘avoir des aventures avec d‘autres hommes. Au cours de l‘enquête sur sa disparition, nous apprendrons petit à petit son passé glauque qui causa le déséquilibre de son état de santé mental.

La troisième voix, Anna, est la nouvelle épouse de l‘ex de Rachel. Elle vient d‘avoir un bébé et l‘insistance d‘une Rachel souvent ivre et coléreuse auprès de son mari lui fait peur surtout après qu‘elle l‘est surprise avec son bébé dans les bras.

Que s‘est-il passé avec Megan ? A-t-elle disparu avec un de ses amants ? A-t-elle été tuée par un mari devenu jaloux ? Le jour de sa disparition, Rachel complètement ivre a été agressée dans la rue ou vivent les deux couples et ne se souvient plus de rien ?

Elle a l’intuition que cette agression a un rapport avec la disparition.  En essayant de retrouver ces souvenirs, elle se mêle de l‘enquête car elle est certaine d‘avoir vu, depuis le train, Megan dans les bras d‘un autre homme. Malheureusement son penchant à téter la bouteille la décrédibilise auprès de la police.

Le corps de Megan est retrouvé et le mari demeure le suspect le plus crédible jusqu‘à ce que…

Même si je ne suis pas un fan du genre, j‘avoue avoir été troublé par cet excellent roman à tel point que j‘ai fait un Laurence avant de continuer ce qui ne m‘arrive pratiquement jamais.
*faire un Laurence : Aller voir la fin de l‘histoire en cours de lecture.

 Il est très difficile d’interrompre la lecture de ce thriller. Je le conseille à ceux qui aime le genre… et même aux autres..

La fille du train, Paula Hawkins, Pocket, 2016, 453 pages Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Personne n‘est sain d‘esprit dans cette histoire et quand je dis personne, je veux bien dire personne à part les policiers qui. entre nous, sont loin d’être des pointures.

Couscous maison rapide

Il doit y avoir autant de recettes de couscous que de villages au Maghreb.
En voici une, un peu longuette pour la préparation, mais simple et savoureuse.
Elle est au 
bœuf et au poulet mais rien ne vous empêche d‘ajouter de l‘agneau et des merguez…si vous en trouvez des bonnes.

  • Ingrédients pour 6 à 8 personnes :
    2 oignons
    4 carottes
    3 navets
    4 courgettes
    6 tomates
    800 g de bœuf à ragoût en morceaux de 2 pouces (5 cm)
    8 pilons de poulet avec la peau
    1  boite de pois chiches
    1 c. à soupe de Cumin moulu
    1 c. à soupe de Paprika
    1 c. à soupe de Cannelle
    1 c. à soupe de Coriandre moulu
    2 clous de girofle
    1 c. à thé de graines de cumin
    Huile d’olive

Préparation :

Hacher l’oignon, laver et couper les carottes et les navets en morceaux de 2 à 3 cm (1 pouce)
Couper le bœuf en morceaux de 5 à 6 cm (2 po).
Dans un grand faitout, faire fondre l’oignon 1 à 2 minutes puis ajouter le bœuf, le poulet et faire revenir la viande pour qu’elle soit dorée de tous les côtés..
Ajouter alors les épices et bien enrober le tout.
Sortir les cuisses de poulet et réserver-les.
Couvrir le reste de la viande avec de l’eau et ajouter un cube de bouillon de légumes ou de poulet.
Ajouter les navets et les carottes, mélanger  et laisser cuire 45 minutes après le premier bouillon.
Pendant ce temps éplucher et couper les courgettes en tronçons de 2 cm. Couper les tomates de même.
Au bout des 45 minutes ajouter les tomates, les courgettes et le poulet.
Laisser cuire 10 minutes de plus puis ajouter les pois chiches pour 5 à 6 minutes.

Les merguez, si vous en avez, se font griller à part. Pour la semoule, prenez en à cuisson rapide et suivre les instructions du paquet

Voilà c’est prêt ! Servir la semoule dans les assiettes et faire un léger puits, ajouter le mélange viande et légumes, quelques cuillerées de bouillon et 1 pilon de poulet par-dessus. Ajouter de la sauce Harissa au goût, on en trouve un peu partout sinon la sriratcha fera l’affaire, mais attention… n’en mettez pas trop.

Bon appétit!

Lentilles à l‘indienne (façon Dahl)

La médecine  m’a demandé de réduire mes aliments carnés pour les remplacer de temps en temps par des légumineuses.

Je ne suis pas contre. J‘aime bien les haricots, les pois chiches, les fèves* et les lentilles.

Voici une de mes recettes préférées  de lentilles, facile et rapide à préparer, sans lardon, sans saucisses…sans viandes quoi !
*appelées gourganes au Québec

Ingrédients pour ce plat :

500 gr de lentilles (la couleur n‘a aucune importance)
1 oignon, haché finement
3 gousses d’ail, hachées finement
3 cm gingembre frais haché
1 c. à soupe de curcuma moulu
1 c. à soupe de massalé (pour la recette cliquez !)
1 c. à thé de cumin moulu
1 c. à thé de graines de cumin
¼ c. à thé de flocons de piment fort*
¼ c. à thé de clou de girofle broyé (facultatif)
1 litre d’eau ou de bouillon de légumes**
Beurre ou huile
1 petit bouquet de coriandre fraîche ciselée
Sel et poivre
*Pour ceux qui aime plus relevé vous pouvez mettre 1/2 c. à thé et même un peu plus ou bien, pour éviter de voir les larmes de vos invités, ajouter dans votre assiette, un petit piment fort haché avec (fort) ou sans les pépins (moins fort).

Préparation:

– Bien laver les lentilles.
– Dans une grande casserole, faire revenir l’oignon dans le beurre ou l’huile sans qu’il prenne de la couleur, environ 1 à 2 minutes.
– Ajouter l’ail, le gingembre et le reste des épices, bien brasser pendant 1 minute.
– Ajouter l’eau FROIDE** ou le bouillon de légumes FROID** et les lentilles, saler, poivrer porter à ébullition puis réduire le feu et laisser mijoter une vingtaine de minutes ou jusqu’au moment où les lentilles sont cuites.

Servir chaud, parsemer la coriandre  et déguster avec des pains naan ou des pains pitas tièdes.
**FROIDE :J’insiste sinon vous allez manger des petits cailloux et c’est indigeste.
Si vous n’avez pas de bouillon préparer à l’avance, mettre l’eau puis ajouter un cube en morceaux dans la casserole, il va fondre tranquillement.

PS: vous pouvez, si le liquide a été complètement absorbé et si les lentilles ne sont pas cuites  complètement à votre goût ajouter un peu d’eau pour terminer la cuisson.

Bon appétit!

*** ”Maharajah” de M.J.Carter

L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.*
                                                                                                          Gandhi

* À méditer pour tous les fanas des médias sociaux

En 1837, une partie de la péninsule indienne est dirigée par la Compagnie Britannique des Indes Orientales qui convoite les derniers territoires encore dirigés par des maharajahs ou autres rajahs.

Débarqué depuis peu, l‘officier William Avery attend son affectation pour des régions instables où il espère se couvrir de gloire et d‘honneur. En attendant, il s‘ennuie avec ses compagnons d’arme et s‘endette par le jeu, l‘alcool et les femmes faciles.

Les ordres qu‘il reçoit le déçoivent. Il doit accompagné un enquêteur spécial chargé de retrouver un célèbre écrivain  disparu alors qu‘il étudiait les Thugs, cette secte religieuse qui assassine en étranglant ses victimes avec un foulard.

Ce roman d‘aventures nous plonge dans l‘Inde de ce début du 19e siècle parcourue par deux hommes aux personnalités opposées.

Blake l‘enquêteur est un ancien militaire désabusé qui avait épousé une indienne, malheureusement décédée, et adopté certaines moeurs du pays ce qui est très mal considéré par la morgue britannique.

William est l‘exemple type de cette suffisance qui considère les indiens comme des colonisés primitifs, corroboré par les instructions secrètes qu‘il a reçu de surveiller son compagnon.

Si vous aimez les romans d‘aventures pour vieil(le) adolescent(e) attardé(e), ce que je suis, vous allez passer un bon moment rempli de brigands, de chasses au tigre à dos d‘éléphant, d‘embuscades, de combats, d‘évasions et d‘escarmouches verbales entre le vieil enquêteur averti et le jeune soldat souvent partagé entre son allégeance militaire et le constat surprenant qu‘il fait de la civilisation indienne.

Si vous chercher un roman d‘amour* avec de la profondeur dans les personnages de l‘intelligence chez les militaires et de la bienveillance chez les colonisateurs, vous serez bien déçu et je vous conseillerai de passer votre chemin.
*quoique…

Pour ceux, tentés par l‘aventure d‘ un imbroglio politico-économique  incroyable mais certainement proche d‘une certaine vérité, vous aurez droit à un tourne-pages que vous aurez difficilement envie de reposer pour faire de même*.
*problème : comment éviter une répétition avec un mot qui a deux définitions.

PS: Jolie couverture colorée

Maharajah, M.J. Carter, Cherche Midi, 2017, 452 pages, Roman historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Incroyable ai-je écrit mais comme, contrairement à certaines affirmations erronées, à cette époque-là je n‘étais pas encore de ce monde, ou seulement depuis peu, il m‘est difficile de donner mon avis sur les moeurs des colonisateurs  britanniques .