**** “Une plaie ouverte” de Patrick Pécherot

Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !
Montehus

J’ai terminé ce roman depuis quelques jours et  je ne sais toujours pas comment vous le présenter.
La principale raison  (celle derrière laquelle je cache mon indécision) est un voyage vers mes racines paternelles après deux années sans pouvoir m’y rendre.

La véritable raison tient surtout aux difficultés pour le classifier.

Qu’est-ce que ce roman ?
Un livre sur la Commune ? Certes… en grande partie.
Des aventures au Far-West ? Pas vraiment… mais on en parle beaucoup.
Une quête pour retrouver la mémoire ?
Ou une enquête pour retrouver une personne disparue ?

Dans la première partie, quelque part en Amérique du nord,   un homme se réveille auprès d’une indienne. Qui est-il ? on ne le saura vraiment jamais. Un nom nous est glissé subrepticement, sans insistance, Valentin Louis Eugène Dana.  Il aurait  participé à la Commune puis se serait volatilisé après sa condamnation à mort.

Anarchiste ou apache*, escroc ou tueur, révolutionnaire ou indic,   là encore tout s’emmêle, tout s’enténèbre  dans les vapeurs d’absinthe et les fumées des canons.
*déjà des indiens

A-t-il connu Calamity Jane ? A-t-il fait partie du spectacle de Wild Bill Hickok ? Est-il le joueur dont on ne voit que les mains dans un des premiers films d’Edison ? Marceau, un de ses anciens amis en est presque persuadé, il est vrai que l’abus de laudanum peu créer des illusions voire aboutir à la folie.

Dans le désordre et les exécutions qui ont suivi la défaite de la Commune, de basses actions, meurtres, dénonciations, accusations ont été perpétrées par pure animosité ou vengeance. Un convoyeur de fonds a été tué dans le parc Haxo au moment où 50 prisonniers étaient fusillés, accident ? Meurtre ?

Sur le témoignage de son “ami” Maceau, Dana fut accusé  et condamné.  Dix-sept années plus tard, Marceau cherche à savoir ce qu’il est devenu, mais  pourquoi  ?

Des questions, toujours des questions, encore des questions !

Mais tout devrait s’éclaircir à la fin.
Finalement pas vraiment… enfin… pas clairement.

Patrick Pécherot semble posséder de profondes  connaissances sur la Commune, sur ses raisons et sur les personnages qui y ont participé ou assisté  et apparaissent de temps à autre dans le roman ; Louise Michel, Verlaine, Rimbaud, le peintre Courbet ou le dessinateur Gill.

Ultime et importante  question : ai-je aimé ?
Moi qui préfère les romans qui suivent une ligne claire du début à la fin et évite ceux qui s’épivarde dans les allées buissonnières (en l’occurrence les routes des pionniers et les sentes des indiens), oui.
j’ai même adoré et comme il est difficile d’en expliquer les raisons, je conseillerais de le lire.

Surprenant !
PS : J’ai recherché si Valentin Dana a existé vraiment et je n’ai rien trouvé

PPS: En lisant je repensais à cette chanson “La butte rouge” que je croyais, comme beaucoup, avoir été écrite pour la Commune pour apprendre finalement qu’elle fut écrite pendant la Grande Guerre sur  la mort inutile  de centaines de soldats à la butte Bapaume en Champagne. Cela reste une belle chanson dont le refrain appris dans ma jeunesse m’est toujours resté en mémoire.

Et même si elle n’a donc rien à voir avec la Commune, elle  décrit très bien ce qui a du s’y passé ; en voici le premier couplet et le refrain :

Sur cette butte là y’avait pas d’gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c’était loin du Moulin d’la Galette,
Et de Paname qu’est le roi des patelins.
C’qu’elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d’ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !

La butte rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d’ce vin là, boira l’sang des copains.
Montéhus

Le bémol du Papou : Un Far-West de pacotille plus du cirque que de l’histoire.

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