***** ”Un petit bruit sec” de Myriam Beaudoin

Un petit bruit sec… et puis rien.
                                          Myriam Beaudoin

J’avais beaucoup aimé Hadassa et j’espérais bien retrouver le même plaisir dans le nouveau* titre de cette auteure.
*Qui  est antérieur à Hadassa..

Quelle claque!

Aucun livre à ce jour ne m’avait autant fait mal à l’âme.

Depuis quelques années, en fait depuis  que je sens que mon avenir est derrière moi et que mon futur est inéluctable, j’évite tous  romans plus ou moins biographiques  qui racontent la maladie et la mort.
Mektoub disent les arabes.
Fatalité disent les méditerranéens dont je suis, à moitié.

Et, comme je me lis jamais le quatrième de couverture, je ne pouvais pas savoir.

Ce petit opus est un long cri de colère sur le cancer et la mort du père encore jeune qui laisse une femme et quatre enfants dont celle qui raconte cette agonie.

On y retrouve tout ce qu’on peut ressentir à la mort d’un amour quel qu’il soit.

D’abord le déni, puis le refus et enfin la colère.
Cette colère de vouloir changer les événements, revenir en arrière et l’impuissance pour le faire.
Cette colère envers cet amour qui est parti et la haine parce qu’il est parti. Cette colère envers ceux qui oublient, qui refont leur vie comme si le mort n’avait jamais existé.
Cette colère brute sans fioriture dans ces lettres incessantes écrites au disparu  et pour lesquelles on ne reçoit jamais de réponse.

Enfin,  cette colère, dans la deuxième partie, quand  les souvenirs des jours heureux font aussi mal que l’agonie morbide du père tant aimé.

Ce qui m’a le plus surpris c’est la poésie qui, à chaque page,  se dégage de ce petit roman qui n’en est pas un tellement il paraît vécu par son auteure.

P.S. : J’ai ajouté une 5ème étoile qui n’a jamais ou presque exister dans mes billets précédents, mais c’est mon blog après tout.

Un petit bruit sec,  Myriam Beaudoin,, B.Q., 2015, 83 pages, roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime ***** À lire

Le bémol du Papou : Difficile de trouver à redire sur une colère si immense sinon qu’à aucun moment, la narratrice, au lieu du vocable père, ne l’appelle papa.

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6 réflexions au sujet de « ***** ”Un petit bruit sec” de Myriam Beaudoin »

  1. Yueyin

    Superbe billet… Et qui explique très bien pourquoi j’ai déjà commencer deux fois ce petit livre pour l’abandonner presque aussitôt pour un autre. Rien à voir avec ses qualité propre mais plutôt à la difficulté de se confronter à certaines choses…

    Répondre

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