*** ”Offshore” Petros Markaris

On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Peut-être mais il vous permet en tout cas de choisir le genre de misère que vous préférez.
                                                                                        Pierre-Jean Vaillard

Les problèmes financiers de la Grèce semblent se terminer. L’argent coule à à flots. On parle de reprise économique, d’augmentation des salaires et d’amélioration du niveau de vie.
La seule question que se pose certaines personnes échaudées par un proche passé difficile   :
D’où vient l’argent? D’où vient cette manne providentielle* ?
*Pléonasme… j’aime les pléonasmes

Parmi les personnes circonspectes voire dubitatives on trouve le commissaire Kostas Charitos mais, la perspective de problèmes professionnels causés par la nomination d’un sous-chef de la police plus bureaucrate que policier le perturbe encore plus que l’origine des fonds salvateurs.

Les assassinats d’un fonctionnaire du service de l’Office du tourisme suivi de celui d’un armateur auraient pu passer pour de simples vols qui ont mal tourné si les assassins,  des immigrés plus ou moins clandestins, n’étaient arrêtés  facilement.
À chaque fois, le sous-chef de la police impose aux policiers l’abandon d’investigations complémentaires puisque les meurtriers sont passés aux aveux. 

Un troisième meurtre, celui de Sotiropoulos, un vieux journaliste à la retraite, tué lui-aussi par un migrant qui se laisse arrêter et avoue le meurtre , ressemble aux deux premiers.

Le journaliste enquêtait sur l’explosion à Odessa et en Thaïlande de deux des navires de l’armateur assassiné.

La fin du roman donne la réponse posée au début de ce texte, réponse surprenante mais pas forcément utopique ou irréaliste.

Qui dirige les gouvernements de certains pays? L’argent c’est sur, mais l’argent de qui?

J’ai un très gros penchant pour les personnages de Petros Markaris, si méditerranéens dans leur quotidien, si grecs dans leurs fatalisme avec une inclination supplémentaire pour Adriani*, la femme du commissaire, un peu râleuse, superstitieuse quand ça ne peut pas faire de mal, et souvent sceptique quand aux promesses quel qu’elles soient.
*J’ai des raisons très personnelles.

PS: Ce roman est une fiction, et rien d’autre q’une fiction. La situation réelle de la Grèce semble être toute autre.

Offshore, Petros Markaris, Seuil, 2018, 296 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Kostas Charitos fait souvent  preuve de faiblesse vis-à-vis de sa hiérarchie et de sa ”douce moitié” mais heureusement jamais dans la recherche de la vérité.

 

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