*** ”Les enfants du Cap” de Michéle Rowe

Souvent les révolutionnaires d’autrefois ont succombé à l’appât du gain, et se sont laissés prendre à la tentation de confisquer des ressources publiques pour leur enrichissement personnel.
                                                                                                  Nelson Mandela 

En promenant son chien sur la plage de Noordhoek, Marge Labuschagne, une ancienne profileuse passée à la pratique privée, découvre le cadavre d’Andy Sherwood, un de ses  patients autrefois impliqué dans une affaire de disparition d’enfant et de pédophilie.

La jeune inspectrice métisse Perséphone ”Persy” Jonas espérait être choisie pour sa première affaire de meurtre mais c’est un policier expérimenté plus ou moins corrompu qui est choisi.

L’ancienne psychologue criminelle obtient de la direction de la police de reprendre du service avec la jeune inspectrice, pourtant tout les sépare; couleur de la peau, âge, milieu social.
La disparition d’un enfant quelques années plus tôt lie pourtant leurs destins sans qu’elle ne le sache. Comme sont liés ceux de Persy et de Sean Dollery, amis d’enfance qui ont pris des chemins opposés, elle en intégrant la police et lui en devenant un caïd du Township.

Michéle Rowe nous raconte un pays où le racisme continue à faire des ravages entraînant rancœurs et injustices, où la corruption, incluant celle de la police, les combines immobilières  et  les crimes violents pourrissent les relations entre noirs, blancs, métisses et indiens sans oublier les émigrés africains considérés comme des voleurs de job.

Elle dresse un portrait au vitriol de la nouvelle société africaine qui peine à trouver des compromis multiethniques, et nous décrit un pays, aux marécages infestés de serpents, baigné par  un océan glacial rempli de requins blancs affamés,  où la spéculation immobilière détruit de plus en plus la nature.

Dans ce bon roman, la trame policière est loin d ‘avoir le même importance que les conditions sociales et les situations personnelles des personnages mais, si l’enquête est parfois un peu confuse, elle reste captivante jusqu’à la surprise finale, trop inattendue pour être envisagée et trop irréaliste pour être complètement acceptée.

Je lirai la prochaine enquête de Persy Jonas pour me faire une opinion finale sur cette nouvelle série.

Les enfants du Cap, Michèle Rowe, Le livre de poche, 2017, 499 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Un lexique à la fin du livre  traduit certains termes spécifiques sud-africains, il n’était pas nécessaire que leurs traductions se retrouvent aussi dans le texte. (soit l’un, soit l’autre.)

 

Be Sociable, Share!

2 réflexions au sujet de « *** ”Les enfants du Cap” de Michéle Rowe »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *