**** “Hérétiques” de Leonardo Padura

 La fourmi penchée sur la corne du bœuf s’imagine qu’elle est très importante dans le balancement de sa tête.
                                                                Proverbe cubain*
*Rien à voir avec le roman mais j’aime bien ce proverbe

Pour notre dernière réunion du club de lecture, je devais lire un roman cubain. 

“Hérétiques”  est un triptyque dont le fil rouge est une oeuvre de Rembrandt représentant Jésus sous les traits d’un jeune juif.

La 1 ère partie débute à Cuba en 1939. Daniel Kaminski, un jeune juif allemand  envoyé chez son oncle à La Havane.  attend le reste de sa famille qui se trouve sur le Saint-Louis, un navire rempli  de réfugiés. Les autorités cubaines et américaines  refusant leur débarquement, le navire retournera en Allemagne où la plupart des passagers disparaîtront dans les camps d’extermination.

Le tableau de Rembrandt appartenait à cette famille depuis des générations. Elle a  tenté de l’utiliser, en vain, comme monnaie d’échange pour leur débarquement. Il disparaît pour réapparaître cinquante ans plus tard dans une vente aux enchères à Londres.

De nos jours, Elias, le fils de Daniel, revient à Cuba et demande à Conde, un ancien flic, de l’aider à retrouver le parcours du tableau. 

2 ème partie
En 1643, à Amsterdam un jeune juif, Eliasosius Montalbo de Avila, veut devenir l’élève de Rembrandt en dépit de sa religion qui interdit la représentation d’êtres vivants.
Il réussira, servira de modèle pour le tableau représentant Jésus, deviendra peintre et sera banni de sa communauté. Il partira vers la Pologne avec le tableau et celui de sa bien-aimée qu’il a peint lui-même.

3 ème partie,
De nos jours à La Havane, Judy, une jeune adolescente a disparu. Son amie, membre de la famille élargie des Kaminski, demande à Conde de la retrouver
Un tableau assez sombre de la jeunesse cubaine de nos jours qui refuse le système et se regroupe dans des fratries; les punks, les freaks, les rastas les émos…  tatouages, piercings, lacérations, drogues etc.
Durant cette enquête, Conde après avoir retrouvé le corps de la jeune Judy, découvrira comment et pourquoi elle est morte et trouvera enfin le parcours  du   tableau de Rembrandt  retrouvé à Londres.

Finalement, si une légende racontait comment la famille Kaminski avait obtenu le tableau, on en apprend les détails dans la conclusion du livre.

Ce roman nous plonge dans l’histoire de Cuba pendant quatre-vingt années avec les dictatures qui ont précédé la révolution castriste et les piètres résultats de celle-ci.

En général j’aime bien la littérature hispanophone même si je n’en lis pas souvent (2 ou 3 par année), leurs expressions imagées, parfois excessives, l’abondance des couleurs et des bruits, leurs sentiments exagérés et parfois exubérants s’accommodent à mon côté méditerranéen. Padura, choisi par hasard  parmi plus de trois cents auteur(e)s cubain(e)s possibles ne m’a pas déçu.

Hérétiques, Leonardo Padura, Métailié, 2016, 720 pages, Fiction historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : une deuxième partie ( le livre d’Elias) un peu longuette.

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12 réflexions au sujet de « **** “Hérétiques” de Leonardo Padura »

  1. dasola

    Bonsoir, je suis en train le nouveau Padura, La transparence du temps: vraiment bien. J’apprécie le fait que mine de rien, il brosse un portrait de Cuba et des Cubains sans concession. Malgré la mer bleu et le soleil, à Cuba, c’est le règne de la grande pauvreté et des trafics divers. Bonne soirée.

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