*** ”Confessions d’un enfant de la Chapelle” d’ Albert Simonin

Je me suis rendu compte que j’avais pris de l’âge le jour où j’ai constaté que je passais plus de temps à bavarder avec les pharmaciens qu’avec les patrons de bistrot.
                                                                   Michel Audiard 

Dans son premier roman, ‘’Touchez pas au grisbi’’,  porté au cinéma avec Jean Gabin, Jeanne Moreau et Lino Ventura, Albert Simonin fut un des premiers auteurs de polars a utilisé l’argot parisien.

‘’Les tontons flingueurs’’, l’un de mes films cultes des années 60 est aussi une adaptation, pas très fidèle, d’un autre roman de Simonin ‘’Grisbi or not grisbi’’.

En 1977 il abandonne le roman policier pour écrire son autobiographie ‘’Confessions d’un enfant de la Chapelle » où il décrit son enfance dans un quartier misérable de Paris au début du XXe siècle.

Dans ses confessions, Simonin décrit la misère, les petits trafics, les mœurs des prolos*, les ‘’fortifs**’’ les ‘’apaches***’’ et ses premiers pas dans le mode du travail.
*Ouvriers
**lieux près des fortifications qui entouraient Paris à cette époque
*** Mauvais garçons qui fréquentaient, entre autres, les fortifs

Appartements misérables, sans eau, sans tout-à-l’égout, au chauffage déficient ou inexistant, sans salles de bains, sans toilettes particulières sinon avec de la chance, pour plusieurs étages**, des gogues* à la turque sur le pallier.
*toilettes
**Souvenirs de mon premier appartement au milieu des années 60.

L’Histoire, avec un grand H, parle peu des conditions de vie du peuple et s’attache plutôt aux grands événements qui  marquent l’évolution de la société. Ces confessions semblent dater du Moyen-Âge et pourtant elles parlent de la situation d’il y a à peine une centaine d’années et surprendront les moins de quarante balais*.
*ans

Avec Simonin, Frédéric Dard et Léo Malet, c’est toute la gouaille parisienne qui entre dans la littérature policière. Une langue dite verte, celle de mon enfance, qui a pratiquement disparue car ce langage des rues évolue encore plus vite que les appareils électroniques

Confessions d’un enfant de la Chapelle, Albert Simonin, Gallimard, 1984, 283 pages, Chroniques
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Les notes du Papou :
Exemple de l’argot parisien du temps jadis (mon temps)
J’ai trois plombes et 12 broquilles à ma tocante

Traduction  un jour dans un autre texte qui jactera de Panam.

Be Sociable, Share!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *