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**** “La lumière de la nuit” de Keigo Higashino

Entre amis, on peut se dire ce que nous avons sur le cœur.
                                                                                                                 Tahar Ben Jelloun

Dans une maison en construction, un prêteur sur gage est assassiné, une somme d’argent importante a disparu.

Durant l’enquête le lieutenant de police Sasagaki Junzo interroge sa femme, son employé et son fils, âgé d’une dizaine d’années,  puis un certains nombres de ses clients dont une jeune femme, mère d’une petite fille Nishimoto Fumiyo, dont les relations avec le prêteur sur gages semblent plus personnelles. Finalement le principal suspect et  ami de Nishimoto Fumiyo  meurt dans un accident de voiture puis la jeune femme est retrouvée morte,  intoxiquée par le gaz. Ces deux décès  closent l’enquête.

La vie continue pour la les enfants Nishimoto Yukiho et Kirihara Ryo devenus orphelins. La première, adoptée par une parente reçoit  une éducation traditionnelle incluant la cérémonie du thé*  et l’art floral**. Elle devient une très belle jeune fille qui va poursuivre ses études jusqu’à l’université.
*chanoyu
**ikebana

Ryo après ses études devient un spécialiste des programmations sur ordinateur, alors  dans leurs premiers balbutiements, et profite des lacunes des réglementations pour subtiliser certains programmes de jeux, les copier et en tirer des profits.

Pendant les vingt années qui suivent, Yukiho va réussir en affaires et Ryo va accroitre les siennes souvent à la limite de l’escroquerie et parfois très près de certains membres des yakusas.

Après les événements de leur enfance, Yukiho et Ryo n’ont jamais eu apparemment de relations personnelles,

Mais toutes les personnes qui semblent les gêner subissent des violences qui les écartent ou les éloignent, suscitant aux lecteurs de nombreux doutes qui surviennent puis disparaissent comme font les vagues qui arrivent sur la côte et ne laissent aucune trace une fois disparues.

L’auteur joue ainsi avec nos présomptions jusqu’au moment ou l’inspecteur de police devenu retraité, et qui n’avait jamais pu oublier le meurtre du prêteur sur gages  et la mort de la jeune mère va enfin découvrir ce qui s’est réellement passé.

Le premier tiers de cet excellent  thriller psychologique  m’a paru long et un peu ennuyeux et puis à partir du livret VI, j’ai embarqué et, s’il m’avait fallu une semaine pour les cinq premiers, les cinq cents dernières pages* ont été avalées en trois ou quatre jours.
*sur 758

La lumière de la nuit, Keigo Higashino, Babel noir, 2017, 758 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Des doutes, des suppositions, des présomptions, jamais rien de concret avant la fin, énervant mais.. excellent.

**** “Une plaie ouverte” de Patrick Pécherot

Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !
Montehus

J’ai terminé ce roman depuis quelques jours et  je ne sais toujours pas comment vous le présenter.
La principale raison  (celle derrière laquelle je cache mon indécision) est un voyage vers mes racines paternelles après deux années sans pouvoir m’y rendre.

La véritable raison tient surtout aux difficultés pour le classifier.

Qu’est-ce que ce roman ?
Un livre sur la Commune ? Certes… en grande partie.
Des aventures au Far-West ? Pas vraiment… mais on en parle beaucoup.
Une quête pour retrouver la mémoire ?
Ou une enquête pour retrouver une personne disparue ?

Dans la première partie, quelque part en Amérique du nord,   un homme se réveille auprès d’une indienne. Qui est-il ? on ne le saura vraiment jamais. Un nom nous est glissé subrepticement, sans insistance, Valentin Louis Eugène Dana.  Il aurait  participé à la Commune puis se serait volatilisé après sa condamnation à mort.

Anarchiste ou apache*, escroc ou tueur, révolutionnaire ou indic,   là encore tout s’emmêle, tout s’enténèbre  dans les vapeurs d’absinthe et les fumées des canons.
*déjà des indiens

A-t-il connu Calamity Jane ? A-t-il fait partie du spectacle de Wild Bill Hickok ? Est-il le joueur dont on ne voit que les mains dans un des premiers films d’Edison ? Marceau, un de ses anciens amis en est presque persuadé, il est vrai que l’abus de laudanum peu créer des illusions voire aboutir à la folie.

Dans le désordre et les exécutions qui ont suivi la défaite de la Commune, de basses actions, meurtres, dénonciations, accusations ont été perpétrées par pure animosité ou vengeance. Un convoyeur de fonds a été tué dans le parc Haxo au moment où 50 prisonniers étaient fusillés, accident ? Meurtre ?

Sur le témoignage de son “ami” Maceau, Dana fut accusé  et condamné.  Dix-sept années plus tard, Marceau cherche à savoir ce qu’il est devenu, mais  pourquoi  ?

Des questions, toujours des questions, encore des questions !

Mais tout devrait s’éclaircir à la fin.
Finalement pas vraiment… enfin… pas clairement.

Patrick Pécherot semble posséder de profondes  connaissances sur la Commune, sur ses raisons et sur les personnages qui y ont participé ou assisté  et apparaissent de temps à autre dans le roman ; Louise Michel, Verlaine, Rimbaud, le peintre Courbet ou le dessinateur Gill.

Ultime et importante  question : ai-je aimé ?
Moi qui préfère les romans qui suivent une ligne claire du début à la fin et évite ceux qui s’épivarde dans les allées buissonnières (en l’occurrence les routes des pionniers et les sentes des indiens), oui.
j’ai même adoré et comme il est difficile d’en expliquer les raisons, je conseillerais de le lire.

Surprenant !
PS : J’ai recherché si Valentin Dana a existé vraiment et je n’ai rien trouvé

PPS: En lisant je repensais à cette chanson “La butte rouge” que je croyais, comme beaucoup, avoir été écrite pour la Commune pour apprendre finalement qu’elle fut écrite pendant la Grande Guerre sur  la mort inutile  de centaines de soldats à la butte Bapaume en Champagne. Cela reste une belle chanson dont le refrain appris dans ma jeunesse m’est toujours resté en mémoire.

Et même si elle n’a donc rien à voir avec la Commune, elle  décrit très bien ce qui a du s’y passé ; en voici le premier couplet et le refrain :

Sur cette butte là y’avait pas d’gigolettes
Pas de marlous ni de beaux muscadins.
Ah c’était loin du Moulin d’la Galette,
Et de Paname qu’est le roi des patelins.
C’qu’elle en a bu du bon sang cette terre,
Sang d’ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meurent jamais, on n’tue qu’les innocents !

La butte rouge, c’est son nom, l’baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui y’a des vignes, il y pousse du raisin,
Qui boira d’ce vin là, boira l’sang des copains.
Montéhus

Le bémol du Papou : Un Far-West de pacotille plus du cirque que de l’histoire.

*** ”Offshore” Petros Markaris

On dit que l’argent ne fait pas le bonheur. Peut-être mais il vous permet en tout cas de choisir le genre de misère que vous préférez.
                                                                                        Pierre-Jean Vaillard

Les problèmes financiers de la Grèce semblent se terminer. L’argent coule à à flots. On parle de reprise économique, d’augmentation des salaires et d’amélioration du niveau de vie.
La seule question que se pose certaines personnes échaudées par un proche passé difficile   :
D’où vient l’argent? D’où vient cette manne providentielle* ?
*Pléonasme… j’aime les pléonasmes

Parmi les personnes circonspectes voire dubitatives on trouve le commissaire Kostas Charitos mais, la perspective de problèmes professionnels causés par la nomination d’un sous-chef de la police plus bureaucrate que policier le perturbe encore plus que l’origine des fonds salvateurs.

Les assassinats d’un fonctionnaire du service de l’Office du tourisme suivi de celui d’un armateur auraient pu passer pour de simples vols qui ont mal tourné si les assassins,  des immigrés plus ou moins clandestins, n’étaient arrêtés  facilement.
À chaque fois, le sous-chef de la police impose aux policiers l’abandon d’investigations complémentaires puisque les meurtriers sont passés aux aveux. 

Un troisième meurtre, celui de Sotiropoulos, un vieux journaliste à la retraite, tué lui-aussi par un migrant qui se laisse arrêter et avoue le meurtre , ressemble aux deux premiers.

Le journaliste enquêtait sur l’explosion à Odessa et en Thaïlande de deux des navires de l’armateur assassiné.

La fin du roman donne la réponse posée au début de ce texte, réponse surprenante mais pas forcément utopique ou irréaliste.

Qui dirige les gouvernements de certains pays? L’argent c’est sur, mais l’argent de qui?

J’ai un très gros penchant pour les personnages de Petros Markaris, si méditerranéens dans leur quotidien, si grecs dans leurs fatalisme avec une inclination supplémentaire pour Adriani*, la femme du commissaire, un peu râleuse, superstitieuse quand ça ne peut pas faire de mal, et souvent sceptique quand aux promesses quel qu’elles soient.
*J’ai des raisons très personnelles.

PS: Ce roman est une fiction, et rien d’autre q’une fiction. La situation réelle de la Grèce semble être toute autre.

Offshore, Petros Markaris, Seuil, 2018, 296 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Kostas Charitos fait souvent  preuve de faiblesse vis-à-vis de sa hiérarchie et de sa ”douce moitié” mais heureusement jamais dans la recherche de la vérité.

 

**** ”La marche en forêt” de Catherine Leroux

La famille est un ensemble de gens qui se défendent en bloc et s’attaque en particulier.
                                                   Diane de Beausacq

Il y a toujours une cuillère malpropre dans chaque famille.
                                                                                         Proverbe Géorgien 

Mais qui est Alma ?  je me  suis posée la question pendant la plus grande partie des chroniques de la famille Brûlé, sujet principal de ce petit livre. Elle revenait régulièrement et pourtant n‘apparaissait pas dans l‘arbre généalogique que l‘on trouve au début du roman.

Heureusement que l‘auteure  a planté cet arbre dès le début sinon on aurait été  bien embarrassé pour ne pas dire complètement perdu par l’abondance des personnages et l’absence de chronologie des anecdotes, sans compter les ”bourgeons rapportées” sur les branches initiales dont l’importance s’accroît au fur et à mesure des événements.

On revient souvent à cet arbre pour comprendre qui est qui et quelles sont les relations entre eux et puis l‘image de la famille se forme, les ajouts s‘expliquent et le besoin d‘informations s‘estompe tranquillement.

Les années passent, les enfants grandissent, les petits bonheurs et les grands malheurs se déroulent au fil des années. L‘écriture souvent poétique nous captive et nous entraîne malgré l‘abondance  des anecdotes qui peut essouffler.

Si je dis souvent que trop d‘épices tuent un plat, ce ne fut pas le cas dans  ”La marche en forêt‘‘ et si j‘ai souffert de la maladie ou de la mort qui frappe les plus vieux, ce fut surtout causé par mon grand âge et par l‘inévitable qui frappe chacun d‘entre nous à un moment donné.

Et Alma, me direz-vous ? On apprend, à la fin, même si on s‘en doutait un peu, qui elle est pour la famille Brûlé mais ce secret le restera si vous ne lisez pas ce très beau roman.

La marche en forêt, Catherine Leroux,  Ed. Montparnasse, 3011, 262 pages, roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je conseillerai de mettre un marque-page où se trouve l’arbre sinon on s’énerve.

 

 

*** ”La fille du train”, Paula Hawkins

Les immeubles bâtis le long des voies de chemin de fer ont mauvaises mines parce qu’ils dorment mal.
                                                                                               Gilbert Cesbron 

Thriller psychologique à trois voix qui m‘a beaucoup dérangé mais ne m’a absolument pas  découragé. Pourtant je ne suis pas un grand fan du genre. J‘ai déjà expliqué être mal à l‘aise avec des événements qui s‘attaquent à des innocents.

Mais sont-elles vraiment innocentes ces trois voix qui alternativement racontent leurs vies déprimantes et leurs problèmes psychologiques ?

Rachel est la fille du train qui, chaque jour, se rend à Londres pour son travail. À chaque trajet, sans raison ou bien pour des raisons seulement connues par la compagnie de chemin de fer, le train s‘arrête à un feu rouge et Rachel peut apercevoir les habitants des petites maisons qui longent la voix. Devenue alcoolique après la trahison de son mari, elle a perdu son emploi et ne se rend à Londres que pour ne pas l‘avouer à l‘amie qui l‘héberge.

Chaque jour elle aperçoit un couple qu‘elle imagine très amoureux et aussi la maison qu‘elle a partagé avec son ex-mari et qu‘il continue à habiter avec sa nouvelle compagne.

Elle a baptisé le couple Jess et Jason. Elle apprendra le vrai prénom de la femme, Megan, lorsque celle-ci disparaît.

Megan est la deuxième voix du livre. Heureuse auprès de son mari Tom elle ne peut s‘empêcher d‘avoir des aventures avec d‘autres hommes. Au cours de l‘enquête sur sa disparition, nous apprendrons petit à petit son passé glauque qui causa le déséquilibre de son état de santé mental.

La troisième voix, Anna, est la nouvelle épouse de l‘ex de Rachel. Elle vient d‘avoir un bébé et l‘insistance d‘une Rachel souvent ivre et coléreuse auprès de son mari lui fait peur surtout après qu‘elle l‘est surprise avec son bébé dans les bras.

Que s‘est-il passé avec Megan ? A-t-elle disparu avec un de ses amants ? A-t-elle été tuée par un mari devenu jaloux ? Le jour de sa disparition, Rachel complètement ivre a été agressée dans la rue ou vivent les deux couples et ne se souvient plus de rien ?

Elle a l’intuition que cette agression a un rapport avec la disparition.  En essayant de retrouver ces souvenirs, elle se mêle de l‘enquête car elle est certaine d‘avoir vu, depuis le train, Megan dans les bras d‘un autre homme. Malheureusement son penchant à téter la bouteille la décrédibilise auprès de la police.

Le corps de Megan est retrouvé et le mari demeure le suspect le plus crédible jusqu‘à ce que…

Même si je ne suis pas un fan du genre, j‘avoue avoir été troublé par cet excellent roman à tel point que j‘ai fait un Laurence avant de continuer ce qui ne m‘arrive pratiquement jamais.
*faire un Laurence : Aller voir la fin de l‘histoire en cours de lecture.

 Il est très difficile d’interrompre la lecture de ce thriller. Je le conseille à ceux qui aime le genre… et même aux autres..

La fille du train, Paula Hawkins, Pocket, 2016, 453 pages Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Personne n‘est sain d‘esprit dans cette histoire et quand je dis personne, je veux bien dire personne à part les policiers qui. entre nous, sont loin d’être des pointures.

*** ”Maharajah” de M.J.Carter

L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.*
                                                                                                          Gandhi

* À méditer pour tous les fanas des médias sociaux

En 1837, une partie de la péninsule indienne est dirigée par la Compagnie Britannique des Indes Orientales qui convoite les derniers territoires encore dirigés par des maharajahs ou autres rajahs.

Débarqué depuis peu, l‘officier William Avery attend son affectation pour des régions instables où il espère se couvrir de gloire et d‘honneur. En attendant, il s‘ennuie avec ses compagnons d’arme et s‘endette par le jeu, l‘alcool et les femmes faciles.

Les ordres qu‘il reçoit le déçoivent. Il doit accompagné un enquêteur spécial chargé de retrouver un célèbre écrivain  disparu alors qu‘il étudiait les Thugs, cette secte religieuse qui assassine en étranglant ses victimes avec un foulard.

Ce roman d‘aventures nous plonge dans l‘Inde de ce début du 19e siècle parcourue par deux hommes aux personnalités opposées.

Blake l‘enquêteur est un ancien militaire désabusé qui avait épousé une indienne, malheureusement décédée, et adopté certaines moeurs du pays ce qui est très mal considéré par la morgue britannique.

William est l‘exemple type de cette suffisance qui considère les indiens comme des colonisés primitifs, corroboré par les instructions secrètes qu‘il a reçu de surveiller son compagnon.

Si vous aimez les romans d‘aventures pour vieil(le) adolescent(e) attardé(e), ce que je suis, vous allez passer un bon moment rempli de brigands, de chasses au tigre à dos d‘éléphant, d‘embuscades, de combats, d‘évasions et d‘escarmouches verbales entre le vieil enquêteur averti et le jeune soldat souvent partagé entre son allégeance militaire et le constat surprenant qu‘il fait de la civilisation indienne.

Si vous chercher un roman d‘amour* avec de la profondeur dans les personnages de l‘intelligence chez les militaires et de la bienveillance chez les colonisateurs, vous serez bien déçu et je vous conseillerai de passer votre chemin.
*quoique…

Pour ceux, tentés par l‘aventure d‘ un imbroglio politico-économique  incroyable mais certainement proche d‘une certaine vérité, vous aurez droit à un tourne-pages que vous aurez difficilement envie de reposer pour faire de même*.
*problème : comment éviter une répétition avec un mot qui a deux définitions.

PS: Jolie couverture colorée

Maharajah, M.J. Carter, Cherche Midi, 2017, 452 pages, Roman historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Incroyable ai-je écrit mais comme, contrairement à certaines affirmations erronées, à cette époque-là je n‘étais pas encore de ce monde, ou seulement depuis peu, il m‘est difficile de donner mon avis sur les moeurs des colonisateurs  britanniques .

*** ”Le huitième sortilège” de Terry Pratchett

Les annales du Disque-Monde, tome 2 

Fin des aventures extraordinaires, abracadabrantesques et fantasmagoriques de Rincevent, le mage nul, de Deuxfleurs le touriste quadrioculaire et du coffre hominivore en bois de poirier magique.

Voici quelques mots de notre magicien, en colère, qui  résume bien  leur situation :
‘‘je passe par dessus le bord du monde, le coup d‘après je me retrouve à l‘intérieur d‘un livre puis sur un caillou volant , puis je regarde La Mort apprendre à jouer au plombage ou à la couronne ou à je ne sais quoi alors pourquoi donc je me poserais des questions ?‘‘

Si vous voulez en savoir plus sur leurs péripéties je vous suggère de lire mon billet sur le premier tome intitulé ‘‘ La huitième couleur‘‘.

Rincevent lors de son séjour inutile à l‘école des mages s‘est retrouvé, par accident, nanti du huitième sortilège de l‘in-Octavo, ou livre des sortilèges, dont il est incapable de se servir sciemment.

Dans le cosmos ou nage paresseusement  A-Tui la tortue porteuse des quatre éléphants eux-même soutenant le disque-monde, une étoile rouge vient d‘apparaître et grossit rapidement semant la panique auprès des populations, et surtout des sorciers persuadés que seul les incantations de l‘in-Octavo au complet permettraient de régler ce problème tout en donnant le Pouvoir Suprême à celui qui réussirait.

Pourchassés par différentes sectes cabalistiques, aidés par Cohen Le Barbare édenté et par Betham sa jeune fiancée, nos deux compères vont voyager au milieu des champignons schtroupfiers* et des trolls rochers, rencontrés des druides, des nécromanciens, La Mort (encore) qui ne joue ni au plombage ni à la couronne mais au bridge** et sa fille adoptive Ysabell et risqués leurs vies au milieu des émeutes populaires provoquées par les nouveaux adorateurs de l‘Étoile.
*Hommage à Peyo qui vingt ans plus tôt avait déjà découvert les champignons qui servent de maison à des petits êtres.
** Jeu de mot, voir les paroles de Rincevent ci-haut.

Voilà, j‘ai lu les deux premiers tomes des annales du Disque-Monde et je me suis bien amusé… par moment.

La folie littéraire ne me gêne pas mais c‘est comme un plat en sauce, trop cela peut écoeurer mais par petites bouchées cela se déguste, alors je ne sais pas encore si ou quand je lirai les tomes suivants….Peut-être, l‘avenir le dira.

Le huitième sortilège, Terry Pratchett, Pocket,  2016, 256 pages, Fantaisie.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J‘ai un doute sur les jeux de mots en français, j‘espère qu‘il traduise bien ceux de l‘auteur et non je n‘irai pas vérifier.

**** ”Mémoires d‘Hadrien” de Marguerite Yourcenar

Je me suis plu à faire et à refaire ce portrait d’un homme presque sage.
                                                                                        Marguerite Yourcenar 

J‘ai fini ”Mémoires d‘Hadrien“ il y a quelques jours mais utilisant l‘absence de mon ordinateur* comme excuse, j‘ai mis de côté mon billet dont les difficultés de préparation me semblaient olympienne.
Qui étais-je, moi, le béotien de service pour commenter
une
oeuvre, considérée comme un classique de la littérature française et, qui valut à son auteure d‘être la première femme élue à l‘Académie Française.
*Imaginez le début de mon billet il y a une quinzaine de jours : ()é()oires d‘Hadrien de ()arguerite Yourcenar. Que comprendre ?
DéBoires d‘Hadrein ou PéToires d‘Hadrein de ()arguerite Yourcenar

C‘est le genre de roman qui, chapitre après chapitre, vous consterne par l‘étendue de votre inculture. 

D‘ailleurs que savais-je d’Hadrien, empereur roman du 2e siècle après J.C. ? Pas grand chose sinon que le mur construit pour protéger la Britania Romaine des attaques des barbares du nord porte son nom.

L‘ordinnateur revenu de son périple ontarien, nanti d‘une nouvelle touche M me permettant de continuer à élaborer des textes remplis de fautes sans me retrancher derrière des erreurs mécaniques ou de frappe, il a bien fallu que je m‘assieds devant la page blanche et que j‘essaie de rassembler mes idées.

”Mémoires d‘Hadrien” est le testament épistolaire que l‘empereur, à la fin de sa vie, adresse à Marc Aurele qu‘il considère comme son successeur lorsqu‘il sera en âge d‘accéder au pouvoir.*
*L‘empereur doit nommer son successeur en l‘adoptant, ne pouvant le faire avec Marc-Aurèle, trop jeune, il adopte Antonin à condition que celui-ci adopte Marc Aurele.
** À la mort d‘Hadrien en 138, Antonin règnera jusqu‘en 161 puis Marc-Aurèle jusqu‘en 180.

Si j‘ai mis presque 15 jours pour passer au travers des 316 pages, c‘est principalement dû aux nombres de cornes* que j‘ai apposé à chaque mot inconnu ou à chaque phrase nécessitant une relecture pour bien la comprendre.
*Je sais que c‘est vilain mais je fais ce que je veux avec mes bouquins

Ce n‘est pas que le texte soit rébarbatif.  Il est certes précis et froid,  mais merveilleusement bien écrit, seulement il aborde tous les sujets difficiles auxquels un dirigeant est obligatoirement confronté ; politiques, philosophiques, artistiques, sentimentaux et géographiques.

À la mort de Trajan, dont la succession semble avoir été magouiller par Plotine son épouse en faveur d‘Hadrien, celui-ci souhaite plutôt consolider l‘empire romain en signant des traités avec les peuples frontaliers. Durant son règne il n‘ arrêtera pas de parcourir l‘empire depuis l‘Angleterre (Britania) à la Bythinie (Turquie) et de l‘Oural à l‘Afrique et si malheureusement il fut contraint à certaines actions militaires c‘est toujours après avoir essayer de régler les problèmes pacifiquement.

Ce sera le cas avec le peuple juif dont l‘intransigeance religieuse tant sous Vespasien et Trajan que sous Hadrien fut à l‘origine de multiples conflits qui provoquèrent en partie sa destruction.

Bâtisseur, voyageur, helléniste, pacifiste par choix, guerrier par nécessité, obséder par la grandeur de Rome, partager entre l‘amélioration des conditions des esclaves et des plus pauvres et la pérennité de l‘élite, l‘auteure en fait un homme de passions, de jugements et d‘actions.

Un petit paragraphe pour vous tenter… et vous donner à réfléchir :
”Il faut l‘avouer je crois peu aux lois. Trop dures, on les enfreint, et avec raison. Trop compliquées, l‘ingéniosité humaine trouve facilement à se glisser entre les mailles de cette nasse traînante et fragile. Le respect des lois antiques correspond à ce qu‘a de plus profond la piété humaine ; il sert aussi d‘oreiller à l‘inertie des juges. Les plus vieilles participent de cette sauvagerie qu‘elles s‘évertuent à corriger ; les plus vénérables sont encore le produit de la force. La plupart de nos lois pénales n‘atteignent, heureusement peut-être, qu‘une petite partie des coupables ; nos lois civiles ne seront jamais assez souples pour s‘adapter à l‘immense et fluide variété des fait.que la nature humaine Elles changent moins vites que les moeurs ; dangereuses quand elles retardent sur celles-ci, elles le sont davantage quand elles se mêlent de les précéder”

Honnêtement je m demande parfois si Madame Yourcenar n‘a pas voulu, en se cachant derrière les pensées et les réflexions d‘Hadrien sur le monde, nous parler des incohérences de la société de son époque. Il est vrai que si, en vingt siècles, certaines conditions humaines ont été bien améliorées, la nature profonde de l’homme n‘a pas beaucoup évolué.

Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar, Folio, 1951, 316 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ce n‘est pas facile de lire un livre en cherchant, par exemple, les concordances entre les noms de l‘époque latine et leurs évolutions de nos jours et de retrouver la trace des Thraces*, des Daces, des Sarmates, des Bythiniens etc.. *J‘ai honte

Ainsi Hadrien avait une propriété à Tibur ? C‘est où Tibur ? De nos jours, elle se nomme Tivoli et est bien connue des cruciverbistes car elle abrite la villa d‘Este.

*** “La huitième couleur” de Terry Pratchett

Le monde est une énorme farce coupée de répits illusoires, de visions chimériques, d’espoirs infondés.
                                                                                                                    Albert Cohen

Je n’ai pas tout compris mais était-ce nécessaire dans le récit fantasmagonirique* d’un monde en forme de disque soutenu par quatre éléphants eux-même posés sur la grande A Tui, la tortue sidérale, qui brasse le cosmos en attendant de trouver un partenaire chélonien ?
*mot valise composé de fantastique, imaginaire et onirique

Un étranger à quatre yeux débarque dans la ville d’ Amkh-Morpork, accompagné d’une malle magique qui le suit, portée par une multitude de petites jambes et remplie de sacs d’or et d’un tas de matériels utiles pour un voyageur.

Cet étranger vient  pour visiter la ville où personne n’avait auparavant jamais vu de  touriste.

Peu après son arrivée, Deuxfleurs, tel est son nom, rencontre Rincevent, un mage de l’université de l’invisibilité (recalé à l’examen), chargé par le Patricien de protéger l’étranger et provoque indirectement un incendie  qui détruit la ville et jette nos deux compères.sur les routes baignées par l’octarine, cette huitième et sublime couleur,
Ils visitent divers États aux coutumes étranges et vont rencontrer des êtres fantastiques tels des Elfes qui ont survécu grâce à leur intelligence, des Trolls qui eux ont survécu parce qu’ils “montrent au moins autant de dispositions que les humains pour la malveillance la rancune et la cupidité“, le peuple des Arbres, Kring, une épée qui parle, Bel-Shaharoth, le monstre qui n’aime pas le chiffre  huit et même des plantes qui fleurissent avant d’être semées., sans oublier la Mort qui débordée envoie des aides pour pourvoir à la demande de sa clientèle.

Ils ne savent pas qu’ils sont aussi  les pions d’un jeu de plateau auquel s’affrontent les dieux du Disque-Monde, en particulier la Dame (représentant la chance (sur un million) et le Destin.

Toujours suivis par la malle magique qui n’hésite pas à croquer de-ci de-là un malandrin prêt à lui dérober quelques effets, nos deux voyageurs involontaires vont réussir à sauver leurs existences et se trouver obliger d’effectuer des expériences scientifiques   pour découvrir  le secret de leur  monde.

La huitième couleur, Terry Pratchett,  L’Atalante, 1998, 252 pages, S.F.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Non, je n’ai pas tout compris mais y avait-il quelque chose à comprendre sinon se laisser porter par la folie Pratchettienne ? Ce que j’ai fait avec délectations en me demandant à chaque chapitre : mais que va-t-il inventer maintenant ?

 

 

** “Un égyptien dans la ville” de Steven Saylor

Après le procès, l’une des parties est nue et l’autre en chemise.
Proverbe 

Utilisant les chroniques d’un procès qui a captivé Rome vers l’an 44 avant J.-C., Steven Saylor y mêle Gordien l’ enquêteur récurant de sa série de roman policier historique.

Dion, un philosophe égyptien que Gordien a connu dans sa jeunesse à Alexandrie, accompagné d’une centaine de concitoyens, est venu à Rome pour plaider la cause de l’Égypte et de la reine Bérénice IV contre le pharaon déchu Ptolémé XII, exilé dans la capitale latine.

Plusieurs attentats, dont on suppose qu’ils étaient fomentés par Ptolémé et ses soutiens romains, ont réduit le nombre des ambassadeurs et Dion vient demander de l’aide à Gordien car il craint d’être assassiné à son tour.

Gordien, pas très enthousiaste d’être mêlé à des manœuvres politiciennes,  refuse son aide car il est sur le point de partir en Gaulle pour rendre visite à un de ses fils qui est membre  de l’armée de Jules César.

Lorsqu’il revient à Rome, Dion a été poignardé.

Clodia, membre de la famille patricienne des Clodius qui a intenté un procès contre Caelius soupçonné d’être l’assassin, lui demande de trouver des preuves.
Caelius doit être défendu par Grassus et surtout par Ciceron. Les instances du procès nous sont parvenus dans un récit de ce dernier intitulé « Pro Caelio ».

Gordien se rend compte rapidement que si son seul but est de trouver le meurtrier de Dion, les Clodius ne veulent que détruire Caelius qui fut un temps l’amant de Clodia.

L’enquête difficile de Gordien se complique lorsqu’il se rend compte que son épouse, une ancienne esclave égyptienne qu’il a affranchi avant de l’ épouser, est peut-être mêlé au meurtre et qu’elle avait des raisons de haïr Dion dont les mœurs sexuels avec les esclaves étaient cruels.

Outre Ciceron. avocat retors et prêt à tout pour gagner ses procès, on rencontre aussi dans ce roman le poète Catulle un ivrogne dont les poèmes satiriques amusent les romains sauf ceux qui en sont les sujets.

Selon l’auteur toutes les personnes mêlées de près ou de loin au procès, Caelius, Clodius, Grassus, Pompée, Ptolémé, mourront de mort violente dans les années qui suivirent.

Un Égyptien dans la ville, Steven Saylor, 10/18, 1999, 380 pages, Policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Gordien parait bien faible dans ses ralations avec sa femme et sa fille.