Archives de catégorie : Huneur et humour

Ballade romaine sans la visiter

J’ai lu un livre sur Rome mais je ne vais pas vous en parler, enfin pas maintenant. D’abord parce que je ne suis pas avec vous, ce que je regrette, et qu’ensuite parler tout seul n’a que peu d’intérêt. Vous rencontrerez mon billet sur mon blog quand le courage vaincra ma paresse.

Je ne fus pas à Rome. Je fus à Vérone pour Roméo et Juliette, à Venise pour le pont des Soupirs, à Florence la bellissima et à la piccola et peu connue Tavernelle aussi, mais pas à Rome ; à l’évidence, une erreur de parcours qui m’a fait rater les berges du Tibre pour retrouver les rivages de l’Adriatique.

Donc, je n’ai jamais  visité Rome et je le regrette, mais il me reste quelques réminiscences de mes études antédiluviennes.

Ainsi quand j’entends le mot « Rome », je pense à Camille qui le répète assez souvent pour qu’on s’en souvienne :

Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !

Rome c’est aussi un zoo virtuel avec la Louve de Remus et Romulus, les oies du Capitole, les chevaux marins et les tritons de la fontaine de Trevi dont j’ai admiré les photos. J’aime les fontaines.

Rome, enfin, c’est la ville qui donnait de la mouture aux journalistes de l’époque qui pouvaient s’étendre plusieurs mois sur l’incendie de Néron ou l’assassinat de César, il est vrai que graver les nouvelles avec un stylet sur une tablette de cire prenait plus de temps qu’envoyer un twit.

Quels monuments n’ai-je pas visités et dont j’ai entendu parler ? Le Panthéon, le Colisée, ou son antique forum. Et enfin, aller à Rome s’est visité un autre pays sans se déplacer en se rendant à la basilique voir la Chapelle Sixtine.

Quels promenades n’ai-je point encore faites : Les jardins de la villa Borghèse ou la place d’Espagne.

Voilà, c’est à peu près tout ce que  le béotien que je suis, un autre de mes surnoms, je connais de Rome.

D’aucuns ici-bas pourraient me lancer : c’est un peu court jeune homme! Je les en remercierai de me voir encore jeune et, en flagornant leur beauté, je les empêcherai de mettre leurs lorgnons.

Je vous souhaite une belle promenade livresque accompagnée de « carciofi alla giuda* », de « pasta cacio e pepe** » de « saltimbocca alla romana ***» ou de « porchetta ****»,
*Artichauts à la juive
** Pâtes au fromage pecorino et poivre
*** Veau à la romaine
**** Porcheta

 

Chouette polémique d’un Z’Hibou qui bout

Cet article a été écrit il y a quatre ans mais la cupidité de l’homo sapiens n’a pas de cesse et de nouveaux actes frauduleux se font jour.

Un texte de ZHubert le hibou :

”Même s’il est le gentil compagnon de vos journées, « À un chien dont on a coupé la queue, on ne demande pas de montrer sa joie »*, mais, approchez-vous avec une machette et il essaiera de vous mordre.”
*Boucar Diouf

Je jure que je ne voulais pas. « Jurer c’est pas beau », me répète souvent mon copain humanoïde. Il faut dire qu’on se fréquente depuis si longtemps qu’il fait facilement la différence quand je hulule ou quand je hue.

Et là je m’étais mis à huer, le pendant aviaire des « sacraments » québécois.

Régulièrement posé sur l’épaule du Papou, nous jetons ensemble  un vague coup d’œil sur le journal, lassé des problèmes sociétaux qui sont le pain et le beurre des diffuseurs d’informations.

On s’habitue à tout…malheureusement.

La machette théorique fut la lecture d’un roman de Donna Leon, « un vénitien anonyme » Les ailes me sont tombées en lisant la page 246* :

«  Ces dernières années, l’Italie avait été secoué par une vague d’arrestations et de condamnations pour toutes sortes de fraudes et d’affaires de corruption, à tous les niveaux, industriels, entrepreneurs, jusqu’aux ministres. …à croire que la corruption était un mode habituel de fonctionnement dans le gouvernement. »

Dans le journal de ce matin-là, on parlait d’allégations de fraudes et de corruptions concernant des sénateurs, des organismes para-gouvernementaux, des fonctionnaires, des dirigeants d’hôpitaux, des maires associés à des entrepreneurs, à la pègre et aux fonds d’investissements de certains syndicats et même des membres haut-placés… de la police*. Si on se doute un peu du ratio entre ceux qui sont pris la main dans le sac ou plutôt la bouche sur le pis et ceux qui ne le sont pas encore, on peut supposer que l’iceberg est beaucoup plus gros.
*Dans le même journal…le même jour !

Et je me suis envolé, manquant, de colère, de me péter les aigrettes sur la vitre de la fenêtre la plus proche.

Pour l’Italie, on savait. Pour la France, on savait aussi. Pour d’autres pays moins moderne, j’allais dire plus arriéré, on n’avait aucun doute. Mais le Canada…LE CANADA !

Les fonds gouvernementaux sont devenus les vaches-à-lait où viennent s’abreuver des suceurs sans vergogne qui se cachent sous un masque de la respectabilité.

Les gouvernements engrangent des milliards en impôts et en taxes et en distribuent autant. Que représentent quelques centaines de millions qui disparaissent subrepticement avec de faux remboursements, de fausses notes de frais, de fausses factures ou des ristournes sur des augmentations frauduleuses et artificielles des prix ? Des « peanuts » mais à force ça fait des « peanuts » grosses comme des citrouilles.

Et que nous disent les gouvernements pour se justifier ou au moins s’excuser ? Rien

Ah si ! Trois choses !

On ne pourra pas tenir nos objectifs financiers pour baisser la dette du pays.
On va augmenter les salaires des députés. (?)
On va diminuer la petite rente des retraités. (France)

Heureusement que les strigidés ne votent pas. J’ai demandé au Papou : Qu’en penses-tu ? Il m’a regardé d’un air bovin, comme assommé ?

Il venait de payer ses impôts.

Petit aparté

Je voudrais informer les quelques millions, minimum, qui suivent mon blog, qu’il n’est pas abandonné. Je dois avoir une dizaine de chroniques à préparer sur les livres que j’ai eu le temps, et j’en avais en masse, de lire pendant mon séjour à l’hôpital. 

Encore un peu de patience, j’y retourne quelques jours pour finaliser ma médication, et ensuite je vais commencer à préparer mes commentaires sur :

  • Poirot jour le jeu
  • Saga parisienne tomme 1, 2 et 3
  • Dragon
  • Le signe des quatres
  • Aux armes zécolos
  • Le sabre du calife
  • Témoin à charge
  • l’amie prodigieuse tome 1
  • Casse-pipe à la nation
  • Piège pour un élu
  • La daronne

Patience donc, Le Papou, revient !

 

Le Papou 

Montréal 1975

La plupart des romans, même plaisants, s’oublient. Il m’est arrivé de commencer une “nouvelle” lecture pour m’apercevoir, après un temps plus ou moins long, que je l’avais déjà lu quelques années plus tôt. Notez que les titres et parfois les auteurs m’échappent souvent et parfois même pendant que je les lis.

Pourtant, il est des ouvrages qui vous marquent et que vous n’oubliez jamais.

1975, je viens de débarquer à Montréal. Je suis un « immigrant reçu » dans le nouveau monde qui écarquille les yeux devant tout ce qui est nouveau, différent. Je comprends rapidement que je vais devoir m’adapter, réapprendre l’anglais, qui malgré mes 8 années d’études et mes 3 courts séjours  vacanciers m’est complètement inutile, m’intégrer pour éviter les insultes, celle de black par les anglos* et de maudit français  par les canucks.
*en fait l’insulte est « speak white ! », parle comme un blanc.

Un an plus tôt le français était devenu la langue officielle de la province  mais Montréal est  loin d’être encore francisée. Un an plus tard, le parti indépendantiste sera porté au pouvoir, la fracture entre l’ouest et l’est s’élargira, de nombreuses familles, dont la mienne, quitteront « la belle Province »…mais pas pour les mêmes raisons.

À l’époque, j’ai beaucoup fréquenté le boulevard St Laurent pour ses petits commerces “ethniques”, le charcutier polonais, l’épicier fromager portugais, le boulanger juif ashkénaze.

Des changements commençaient qui   modifieront  complètement ce boulevard, les amours illicites se déplaceront  vers l’est, les restos branchés remplaceront les bars malfamés, les petits commerçants et les ateliers misérables disparaitront pour faire place à des magasins et des  bureaux  luxueux.

Un jour, j’ai lu “La Main” de Trevanian et j’ai adoré.

Contrairement à d’autres qui peuvent lire et relire le même ouvrage et même, honte suprême, parcourir la fin de leur roman avant de le continuer, Je relis rarement*.
*Je ne suis pas un délateur mais j’ai les noms.

je viens de le faire pour “La Main” et c’est resté un coup de cœur dont je vais vous parler dans mon prochain billet.

 

Abandons

Ce n’est pas si tant, si pire.

J’ai très trop souvent raconté que j’avais beaucoup de mal à arrêter une lecture commencée.  Cela ne m’était arrivé que deux fois. Ce chiffre vient de doubler et, j’ai l’impression d’entrer dans une nouvelle obsession livresque qui ne laisse plus de place à l’ennui.

Le théorème de la cigogne de Graeme Simsion
J’avais adoré le premier intitulé « le théorème du Homard ». J’en avais même fait un coup de cœur et je ne renie ni sa qualification, ni le plaisir que j’ai eu avec ce décalage perpétuel qui existe entre une personne atteinte du syndrome d’Asperger et le reste de la société.

« Le théorème de la cigogne », c’est le même. La seule différence est qu’au lieu de chercher une femme le héros va avoir un bébé, pas lui bien sur, mais la femme qu’il a trouvée précédemment.

Après un début dans la joie expectative d’un amusement assuré…l’ennui s’est installé. La redondance de retrouver les mêmes situations ubuesques, les mêmes pensées décalées du héros ne m’amusaient plus.

« Trop, c’est comme pas assez » a dit quelqu’un dont je ne me souviens pas du nom.

Je comprends l’auteur et l’éditeur de surfer sur un succès de librairie mais il ne faudrait quand même pas prendre les lecteurs du Bon Dieu pour des cigognes sauvages.

Dommage !

Comment s’en sortir avec une mère en vadrouille, un petit frère qui se prend pour un chien, une fouine comme voisine et sans un sou en poche de Dave Cousins.

Personne ne m’avait parlé de ce bouquin paru dans Bayard Jeunesse. Mais, quand je l’ai vu dans ma librairie toulousaine  préférée, je lui ai d’abord décerné le grand prix du titre le plus long puis, dans un élan spontané, je l’ai ajouté à l’amoncellement  inconsidéré qui rendrait ma valise impossible à soulever.

Je m’attendais à quelque chose de léger et ironique je suis tombé  chez Dickens, Hugo ou Zola. Une autre fois peut-être quand mon envie de lire n’importe quoi reviendra.

Tant pis pour ce choix dans un mauvais moment !

Contradiction existentielle

Tout être vivant doit être en contradiction avec lui-même.

En vieillissant, j’ai fait une liste très subjective de ce que, objectivement (?), je n’aime pas et que j’évite de rencontrer, de lire ou de voir.

Certains  écrivains en font partie* soit pour les avoir vu à la télévision, outres de suffisance et d’orgueil, soit parce que leurs thèmes m’indiffèrent, ou me sont  inaccessibles.
*parfois sans les avoir lu

D’autres encore parce qu’ils abordent des sujets qui me gênent, me choquent, me blessent ou me font peur.
Les histoires d’amour qui se terminent mal, les histoires de cul qui (Kuki ?)* ne sont plus de mon âge, les maladies et la mort qui surviendront bien assez tôt sans que je me turlupine par avance de ma déchéance éventuelle.
*J’aime les hiatus, les pataquès, les cuirs, les velours et les psiloses.

Voilà, vous avez maintenant une idée des bibittes qui me taraudent l’intellect et m’empêche de lire n’importe quoi, n’importe où et n’importe comment. S’il m’arrive de me tromper dans mes choix  et comme je suis quasiment incapable, contrairement à certain(e)s que je ne nommerai pas ici pour éviter leurs flèches d’ironie, de stopper mes lectures en cours, je lis jusqu’à la lie ou jusqu’à l’hallali final*.
*J’aime aussi les allitérations.

À cause de  films tirés de ses romans, Stephen King faisait partie de deux de ces listes, surtout par  peur d’avoir peur.
Je n’aime pas quand les innocents sont maltraités. Je n’aime pas sentir la peur commencer à me paralyser.

Je ne suis pas à une contradiction prête puisque mon prochain billet concernera cet auteur encensé par le monde littéraire et dédaigné longtemps par votre blogueur préféré.

Ai-je aimé ? Plaisir ou mise à mort ? Vous verrez.

 

Les C.D.G du Z’Hibou : Orgueil et préjugés

Le Papou râle toujours un peu, c’est sa nature  et Hubert le Z’Hibou gueule de moins en moins. Il m’ a dit à l’oreille que ça le fatiguait.

Cela fait presque un an jour pour jour qu’il n’avait pas excité ses aigrettes en couinant de colère*.
*Mais oui, Mesdames, la colère est aussi une excitation qui fait couiner.

Un éditeur*, pour mieux vendre un de ses protégés, a dit : Je n’ai aucune attirance pour le roman historique, qui me paraît relever de la littérature de jeunesse.
*que je ne nommerai pas ici

Suis-je le seul à penser que ses paroles sont péjoratives ?

Quel orgueil ! Quels préjugés* !
*Merci Jane de votre aide

La PUB n’ a plus de pudeurs, elle vous présente de la roupie de sansonnet, de la pine d’oie ou de la couille de mite comme un produit de luxe dont vous ne pouvez vous passer. Même les producteurs d’œufs d’œuvres vous vantent leur couvaison de colibri comme un œuf de Pâques en l’enveloppant de rubans mordorés.

Monsieur ne fait pas dans l’historiette pour adolescents, Monsieur fait dans le littéraire avec un grand L, Monsieur édite des œuvres avec un grand Ohhh, Monsieur vend de la Qualité avec un gros Q.

C’est pourtant cette littérature jeunesse qui créera les lecteurs de demain dont il fera son beurre, son pain, les paiements de sa maison de campagne et ses vacances aux Antilles.

 

 

 

Les traductions de !@#$%?#@

ou le retour des C.D.G. du Papou

Je vais vous parler un peu de ma vie privée et de mes petites habitudes de lecture entre l’Hexagone et les arpents de neige.

En général, je préfère le papier mais, ne voulant pas surcharger les valises qui frôlent déjà le poids maximum autorisé avec les boîtes de sirop d’érable et de bière de racinette*, sans compter les macaronis au fromage autrement nommés ‘’Kraft diner’’ dont la légèreté permet de les ajouter, j’emmène ma liseuse.
* root-beer

Au retour, je compense la perte de poids alimentaire par mes achats dans une librairie toulousaine que j’aime bien, ce qui me permet d’avoir une partie de ma provision de papier pour les hivers enneigés.

Donc, en Périgord, je ne lis pas, je ”lise”.
* Néologisme pour ‘’lire sur une liseuse’’

Sauf qu’un soir, après avoir terminé ‘’Illusions de lumière’’ de Louise Penny, ma liseuse a bogué ; impossible de revenir à la page d’ouverture.
Connaissant mon tempérament sanguin, j’ai essayé de ne pas lancer l’engin par la fenêtre. Du rez-de-chaussée, cela n’aurait pas été trop dommageable, mais aurait pu provoquer une luxation de l’épaule.


Après moult tentative pour résoudre le !@#$%?#@* de bug, je me suis dit que c’était le programme de lecture qui avait causé le !@#$%?#@** de problème et je l’ai désinstallé pour me rendre compte que :
1) Ça n’avait rien changé
2) J’avais perdu tout mes ebook
*Criss
**Tabarnac

Pas de problème immédiat, me suis-je dit, j’ai encore la bibliothèque initiale Kobo et je vais me faire plaisir avec un Léo Malet. Il ne faut jamais vendre la peau de la liseuse avant de l’avoir scrappé car une autre désagréable surprise m’attendait. Aucun des livres de cette bibliothèque n’a voulu s’ouvrir me laissant admirer l’ !@#$%?#@*** d’icône qui tourne, tourne, tourne sans jamais rien déclencher.
***l’ostie

Là, la lumière s’est mise à clignoter (mais non, pas celle de liseuse, celle du bonhomme) et j’ai appuyé sur le bouton de fermeture de l’engin assez longtemps pour qu’il oublie son bogue, et devinez ; rallumé, le !@#$%?#@**** d’appareil fonctionnait normalement, du moins je crois puisque je n’ai pas pu vérifier.
**** ciboire

Il semble toutefois que je devrai pouvoir récupérer certains titres mais je vais avoir besoin d’une bonne âme. L’Héritier, je t’attends.

En attendant, j’ai donc lu un livre papier que j’ai choisi doudou, pour me calmer le pompon, qui fera l’objet de mon prochain billet.*
*”Brunetti et le mauvais augure” de Donna Leon