Archives mensuelles : septembre 2019

**** “Assassins et poètes” de Robert Van Gulik

Prévenir la trahison, débusquer le faux ami, le parent jaloux, le traite avant qu’il inocule son venin est une opération aussi complexe que de nettoyer l’anus d’une hyène.
                                                                                       Ahmadou Kourouma

Relecture d’un titre d’une série que j’ai adorée il y a des lunes.

Elle  met en vedette le juge Ti qui au 7ème siècle de notre ère, enquête sur des crimes dans les différentes provinces de l’empire  chinois où il est nommé.

Invité par son confrère le juge Lo à un banquet où la poésie serait à l’honneur, avec la présence d’un ancien président de l’Académie Impériale, d’un illustre poète et de Yo-Lan, une poétesse, ancienne courtisane retirée du monde pour se consacrer à la religion, le juge Ti se retrouve mêlé à l’enquête sur l’assassinat de l’étudiant Song.

Seulement, accusée de la mort de sa servante, Yo-Lan  arrive en tant que détenue,   en route pour la capitale pour être jugée. Le meurtre pendant le banquet de Petit Phoénix, une danseuse qu’elle avait recommandée, complique encore plus cette situation.

Les enquêtes du juge Ti ne sont jamais linéaires et plusieurs événements initialement sans rapport les uns avec les autres vont souvent s’avérer complémentaires dans la  solution.

La mort de Song, considérée au début comme crapuleuse semble plutôt  indiquer  que son meurtrier voulait l’empêcher de poursuivre ses recherches sur l’un de ses ancêtres condamné à mort pour trahison.

Il faudra toute la sagacité de Ti, et des révélations  de Yo-Lan, pour confondre le meurtrier.

Une touche  de fantastique dans cette Chine du VIIe siècle  ajoute un certain charme aux enquêtes de notre juge.

Assassins et poètes, Robert Van Gulik, 10/18, 1999, 279 pages, Policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J’aimerai bien que l’Héritière me trouve d’autres titres de la série.

*** “Les noyées du grau* de Narbonne” de Marc Paillet

 On oublie l’origine d’un parvenu s’il s’en souvient ; on s’en souvient s’il l’oublie.
                                                                                              John Petit-Senn

*grau : Grau est un terme occitan signifiant « estuaire » ou « chenal »

Doremus, un des assistants  des missi dominici Erwin et Childebrand, est en visite chez son cousin le drapier Geroul à Narbonne lorsqu’on retrouve le cadavre d’une jeune femme, noyée, les mains attachées dans  le dos. La jeune victime, Laetitia, fille d’un important négociant, était l’épouse du fils d’un gros propriétaire terrien de la région.
Pressentant une situation  grave pour la région, Doremus  envoie un message à l’abbé Erwin.

Même si les officiers du comte de Narbonne Sturnion sont chargés de l’enquête, Doremus commence à poser quelques questions autour de lui et ne comprend pas les réticences de ses interlocuteurs, incluant son cousin,  à commenter ce meurtre.

Lorsqu’on retrouve dans le même grau Laure,  la bru de Geroul, tuée de la même manière, Doremus renouvelle ses craintes par écrit et à la surprise de voir arriver quelques   jours plus tard, Erwin accompagné du comte Childebrand,  qui s’était mis en route dès réception de la première lettre.

L’enquête s’enlise dans les marais entourant Narbonne quand une troisième victime est retrouvée au même endroit et dans les mêmes conditions. Leoda était l’épouse d’Aymeric, un  armateur parvenu.

Toutes les informations que reçoivent les enquêteurs indiquent que les trois couples s’entendaient bien pourtant Laure avait quitté son époux pour vivre avec un marchand d’esclaves à la réputation douteuse, Laeritia venait d’apprendre qu’elle avait été adoptée et voulait en informer toute la bourgeoisie narbonnaise et une amie de Leoda avait signalée qu’elle n’était plus heureuse dans la nouvelle vie prétentieuse de son mari.

On pouvait supposer que l’un des maris, au moins,  était impliqué dans ces meurtres mais tous les trois ont de solides alibis et il faudra toute la sagacité de l’abbé Erwin pour solutionner cette série de meurtres.

Les noyées du grau de Narbonne, Marc Paillet, 10/18, 2000, 258 pages, Policier historique.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Lady Agatha Christie avait déjà utilisé une situation identique ce qui n’est pas une surprise car elle a presque tout « inventé » dans les affaires criminelles.