Archives mensuelles : juillet 2019

**** ”La tête en friche” de Marie-Sabine Roger

Aimer, c’est donner rendez-vous au bonheur dans le palais du hasard.
                                                                                                Abel Bonnard

L’homme dont l’esprit n’est pas sans culture, qui peut franchir sur les ailes de la pensée l’étroite enceinte où il est placé, n’éprouve d’ennui nulle part. 
                                                                                                      Antoine Jay

Je continue l’exploration des titres de cette autrice que j’apprécie.

Dès la première phrase je savais que j’allais aussi adorer celui-là :
‘’J’ai décidé d’adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter ses quatre-vingt-six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir.’’  

Germain Chazes sait bien qu’il n’est pas une lumière et l’incompétence de son maître d’école la désabusé d’apprendre ou de comprendre. 

À plus de quarante ans, Germain, né d’une mère monoparentale dont les seuls gestes d’amour étaient des taloches et les mots gentils des insultes. mène une petite vie tranquille entre ses potes de bistro, sa copine et ses petits boulots de manutentionnaires en CDD, cultivant son petit jardin et sa réussite personnel de chômeur internittent.

‘’Lorsque j’ai rencontré Margueritte, j’ai trouvé ça compliqué, d’apprendre le savoir.’’

Cette phrase pourrait être le résumé du roman.

Margueritte est une ancienne chercheuse qui a beaucoup voyagé, qui a gardé un esprit ouvert et une âme d’enfant et qui va trouvé en Germain une âme identique dans un esprit encore fruste et va l’ouvrir tout doucement, et sans intention avérée, à la connaissance.

Tous les personnages principaux des romans de Marie-Sabine Roger ont de gros problèmes de santé physique ou mentale et loin d’en faire des histoires misérabilis, elle utilise avec délicatesse l’humour. la dérision et l’espoir, surtout l’espoir, pour nous faire réfléchir aux malheurs des autres, à les comprendre et à les aimer malgré leurs différences.

Ces histoires sont des friandises à déguster, une médecine douce  qui  apportent le calme dans nos cœurs et l’espérance dans nos vies.

.La tête en friche, Marie-Sabine Roger, Éditions du Rouergue, 2008, 173 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une partition sans bémol. (j’ai cherché longtemps)

**** ”Le remords de Dieu” de Marc Paillet

Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.
Aimé Césaire

Je souhaitais une lecture facile.
Marc Paillet a écrit plusieurs romans policiers historiques où deux ”missi dominici*”, un noble et un moine, enquêtent sur le territoire alors dirigé par Charlemagne.
* Envoyés spéciaux des souverains carolingiens qui contrôlent les représentants du pouvoir royal au niveau local.

Je supposais, à torts, que ce nouveau roman faisait partie de la série.

Ma déception initiale s’est atténuée car j’aime beaucoup le style de ce romancier et puis tout doucement j’ai commencé à apprécier cette ‘’petite’’ pépite de 544 pages qui nous raconte les grands bouleversements politiques qui ont modifié notre planète entre le 4è et le 9è siècle.

Cette très importante période de notre histoire a vu la chute de Rome, les grands schismes du catholicisme, les invasions des peuples germaniques (Wisigoths, Ostrogoths*), la prédominance du Pape sur les rois, l’expansion de l’Islam et leurs schismes, les raids des vikings, l’avènement d’un empire franc etc..
*et autres goths comme les Vandales.

Tous ces chamboulements sont à  l’origine de notre monde actuel et illustrent comment naissent et meurent les civilisations qui s’imaginent pourtant  être éternelles. Elles pourrissent par le haut, par les dirigeants, politiques, religieux ou négociants qui oppriment, subjuguent ou appauvrissent les populations pour finalement se faire éliminer entraînant tout le monde dans leurs disparitions.

Il serait temps que nos dirigeants actuels se posent de sérieuses questions sur l’avenir de notre civilisation actuelle.

Le remords de Dieu, Marc Paillet, Pocket, 1998, 544 pages, roman historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Il y a un peu de fantastique puisque les deux moines dont nous suivons les missions ont reçu de Dieu le don de l’immortalité, mais cela n’a qu’une importance très secondaire et s’accepte très bien.

** ”Le géant inachevé” de Didier Daeninckx

En carnaval, toute bouffonnerie est bonne.
                                                                            Proverbe

 

Je ne connaissais pas cet auteur mais après ‘’meurtres pour mémoire’’ j’avais envie  de lire un autre roman de la série.

L’inspecteur Cadin fut certainement au XIXe siècle l’ancêtre du capitaine Marleau, bonne série télévisée où un capitaine de gendarmerie se déplace dans tout l’hexagone pour enquêter sur des meurtres.

Cadin, qu’on avait rencontré à Toulouse pour le roman précédent, se retrouve cette fois à Hazebrouck, ville du nord à mi-chemin entre Lille et Dunkerque et à quelques kilomètres de la frontière belge.

Deux personnages sont abattus par balle, une jeune femme et le géant de carnaval qu’elle préparait. Le tueur arrêté sur les lieux devient fou et, un an plus tard,  se suicide en prison,  laissant une confession sibylline.

Tout paraît simple dans cette affaire mais c’est mal connaître l’inspecteur Cadin qui se fit plus à ses intuitions qu’aux faits avérés.

Un petit incident l’avait troublé en arrivant sur les lieux du meurtre, Cadin n’avait entendu qu’un seul coup de feu et bien que son supérieur lui ait demandé de ne pas enquêter chez les notables de la ville, il passe outre pour finalement découvrir un trafic de fausses factures.

D’un bar perdu dans la campagne flamande jusqu’à un ancien pas de tirs de fusée allemande de la dernière guerre, Cadin poursuit son enquête et devient une cible à abattre.

Un roman bien construit, moins surprenant que ‘’meurtres pour mémoire’’, mais tout aussi complexe dans son évolution.

Le géant inachevé, Didier Daeninckx, Folio policier,  1999, 212 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : une fin un peu trop inopinée.

** ”L’affaire du pourpoint” de Fiona Buckley

Tout mes biens pour un peu de temps
Elisabeth 1 ère

Il existe des cycles de lecture comme des périodes de déprime ou de plaisir, on sait quand cela commence et on n’a aucune idée quand cela finira.

J’ai eu ma période aventures et polars historiques avec, entre autres, des auteurs comme Michelle Barrière, Tracy Chevalier, C.L. Grace, Christian Jacq, Andrea H. Japp, Marc Paillet, Anne Perry, sans oublier Ellis Peters et son Frère Cadfael ainsi que Peter Tremaine et sa magnifique sœur Fidelma.

Le goût de ces lectures pseudo-historiques s’en était allé tranquillement en même temps que le goût de la lecture en général. J’ai dû passé d’une bonne soixantaine de titres par année à moins d’une trentaine.

Je replonge dans de vieux amours avec d’anciens auteurs qui ne nécessitent aucuns efforts mais me redonne envie de continuer.

Après deux romans policiers voici un premier roman d’aventures historiques dont l’héroïne Ursula Blanchard, dame d’honneur de la reine Elizabeth 1 ère, qui, sous la tutelle de Lord William Cecil, séduit les puissants et apprend à forcer les serrures afin de transmettre des informations à ses commettants.

Ursula Faldene Blanchard de la Roche Stannard, après son veuvage a épousé une aristocrate catholique partisan se Marie Tudor , qui a dû fuir l’Angleterre pour éviter l’emprisonnement.

Sans fortune. maman d’une petite fille, elle est épaulée par son fidèle domestique, Roger Brockley, qui lui, se sert plutôt de ses muscles.

Ursula est envoyée chez les Mason, catholiques fervents, pour récolter des informations sur un éventuel complot.

Perturbée entre l’amour de son mari et celui de sa reine, pratiquement décidée à fuir l’Angleterre pour rejoindre son époux, elle est attirée dans un piège par une fausse lettre de ce dernier et décide finalement de poursuivre sa mission.

Seulement un éventuel complot peut en cacher un autre avec d’autres raisons beaucoup plus malhonnêtes et encore plus dangereuses.

Honnêtement je n’ai pas retrouvé chez Fiona Buckley le même plaisir que me donnait Ellis Peters ou Peter Tremaine… question d’époque peut-être.

L’affaire du pourpoint,   Fiona Buckley, 10/18, 2006, 352 pages, aventures historiques
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je cherche encore le pourpoint mentionné dans le titre.

***”Du rebecca* rue des Rosiers” de Leo Malet

*bagarre,rixe

Qu’il soit noir, juif ou arabe, un type bien est un type bien et un enfoiré sera toujours un enfoiré.
                                                                                                Guy Bedos

Une des connaissances de Nestor Burma , un peintre connu, lui demande d’élucider le meurtre d’une jeune femme d’origine sémite dont il vient de trouver le cadavre dans son appartement;  après une soirée bien arrosée.

Ce premier client, sera bientôt suivi par un autre moins connu mais beaucoup plus dangereux, un caïd proxénète, qui recherche un homme de religion juive, et qui ne va pas hésiter à enlever la jolie secrétaire de Nestor pour faire pression sur notre détective.

Une juive morte, un juif recherché , Nestor n’aime pas les coïncidences et commence ses enquêtes dans le 4 ème arrondissement aux alentours de la rue des Rosiers où, à cette époque, sont installés de nombreux israélites.

Un journaliste fouille-merde qui disparaît, un caïd londonien en fuite, ancien collaborateur des allemands à Paris, un magot perdu et plusieurs commotions plus tard Nestor trouvera qui a assassiné la jeune juive et sauvera sa secrétaire tout en réussissant à satisfaire ses deux clients sans devenir complice du caïd.

Bon, j’aime les romans de Léo Malet et comme je n’en  ai plus en stock, soit je relis les anciens soient je cherche des occases dans une librairie spécialisée…. à suivre

Du rebecca rue des Rosiers, Léo Malet, Le Livre de Poche 1957, 272 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Écrit en 1957, certains termes utilisés à cette époque ne seraient plus considérés comme acceptables par les éditeurs de nos jours où certains vocables choquent les bien pensants et surtout les personnes concernées.
Il se trouve que le politiquement correct n’est pas et ne sera jamais ma tasse de thé. Mon petit-fils n’est pas une personne à mobilité réduite, il est handicapé car atteint de paralysie cérébrale et, je l’aime mon petit handicapé.

*** ”Meurtres pour mémoire” de Didier Daeninckx

Je chassais les fonctionnaires incapables, je fis exécuter les pires.
Marguerite Yourcenar  (Mémoires d’Hadrien)

17 octobre 1961, une importante manifestation d’algériens est organisé dans Paris pour dénoncer le couvre-feu qui les concerne..

Le nombre de manifestants tués ce soir-là n’a jamais été vraiment estimé, plusieurs centaines selon certaines sources sans que l’on détermine si la police était  seule responsable de cette hécatombe.

Peu importe d’ailleurs les statistiques, le gouvernement français de l’époque, quelque en soient les raisons, bonnes ou mauvaises,  n’en sort pas grandi.

Ce jour-là, Roger Thiraud, un professeur d’histoire est exécuté d’une balle dans la tête près de chez lui et de sa jeune femme enceinte,

Vingt ans plus tard, de passage à Toulouse,   son fils Bernard est exécuté de la même façon.

L’inspecteur Cadin. nouvellement transféré dans la ville rose, est chargé de l’enquête.

Il a très rapidement l’intuition que les deux exécutions sont  liés aux recherches que les deux victimes avaient entrepris sur l’histoire de la ville de Drancy, ville natale du père, devenue tristement célèbre comme camp de concentration provisoire pour des juifs en partance pour l’Allemagne.

Il lui reste à trouver qui ne souhaite pas que certains actes commis pendant la dernière guerre  ne soient découverts et possède le pouvoir d’ordonner des exécutions.

Bon petit roman policier mais sale époque. 

Meurtres pour mémoire, Didier Daeninckx, Folio Policier, 1998, 216 pages Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ce roman a vingt ans mais les mentalités de nos dirigeants, politiciens ou fonctionnaires, ont-elles vraiment changé.