Archives mensuelles : mai 2018

**** “Jusqu’à l’impensable” de Michael Connelly

Ripou (pl : Ripous ou ripoux ) : Policier vénal et ou corrompu 

Une histoire de ripoux, proxénètes par choix, maître-chanteurs par hasard et un peu tueur par nécessité, Rien de bien nouveau ou d’extraordinaire dans ce nouveau roman de Michael Connelly mais je ne me lasse pas de le lire. Surprenant,  si on considère que j’en ai abandonné beaucoup d’autres que je lisais avec un certain plaisir et qui sont parvenus à m’ennuyer.

Cette fois-ci, Harry, mis è la retraite d’office des services de police, n’a pas du tout envie d’aider Mickey Haller son demi-frère et avocat dont le dernier client, accusé du meurtre sauvage et du viol d’une directrice adjointe des services municipaux, n’arrête pas de clamer son innocence. Quand, pendant des années, on a travaillé pour les districts attorneys, se mettre au service des avocats de la défense est considéré comme  une trahison par les services de police.

Haller est têtu et réussit à convaincre Harry de jeter un coup d’œil sur le dossier.

Un détail mais un détail d’une valeur de plusieurs dizaines de milliers de dollars va turlupiner Bosch, une montre qui a disparu, Ce petit détailllounet ajouté à deux communications téléphoniques avec des bijoutiers et à l’assassinat de la seule personne capable de confirmer l’alibi du client de Haller vont troubler notre ex-policier et l’entraîner dans cette enquête dont il ne voulait pas.

Le plus ennuyeux est que l’ADN de l’accusé a été retrouvé un peu partout sur et, ne le cachons pas, dans le corps de la victime, ce qui est difficile à expliquer si on nie toute relation avec elle.

Ennuyeux n’est-il pas!

Je ne vous en dis pas plus sinon que beaucoup d’autres cadavres vont jalonner cette enquête car le nettoyage par le vide, historiquement  qualifié de politique de la terre brûlée, paraît la seule évidence et le seul moyen pour les meurtriers de ne pas faire prendre.

J’aime bien Harry Bosch, le personnage récurrent de Connelly, sa manière minutieuse d’avancer dans ses enquêtes sans rien laisser au hasard, sans coup de théâtre, sans indices cachés qui apparaîtraient soudainement pour surprendre le lecteur et mettre en doute ses capacités de déduction.

Toujours pas lassé après ce énième roman !

PS: Dans mes souvenirs un seul roman de Connelly m’avait déçu et je ne dirai pas lequel parce que je n’aime pas délater. Seul indice : il ne se passait pas à Los Angeles.

Jusqu’à l’impensable, Michael Connelly, Le Livre de Poche, 2018, 473 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : On sait qui et pourquoi, et pourtant,  on continue.

**** “La lumière de la nuit” de Keigo Higashino

Entre amis, on peut se dire ce que nous avons sur le cœur.
                                                                                                                 Tahar Ben Jelloun

Dans une maison en construction, un prêteur sur gage est assassiné, une somme d’argent importante a disparu.

Durant l’enquête le lieutenant de police Sasagaki Junzo interroge sa femme, son employé et son fils, âgé d’une dizaine d’années,  puis un certains nombres de ses clients dont une jeune femme, mère d’une petite fille Nishimoto Fumiyo, dont les relations avec le prêteur sur gages semblent plus personnelles. Finalement le principal suspect et  ami de Nishimoto Fumiyo  meurt dans un accident de voiture puis la jeune femme est retrouvée morte,  intoxiquée par le gaz. Ces deux décès  closent l’enquête.

La vie continue pour la les enfants Nishimoto Yukiho et Kirihara Ryo devenus orphelins. La première, adoptée par une parente reçoit  une éducation traditionnelle incluant la cérémonie du thé*  et l’art floral**. Elle devient une très belle jeune fille qui va poursuivre ses études jusqu’à l’université.
*chanoyu
**ikebana

Ryo après ses études devient un spécialiste des programmations sur ordinateur, alors  dans leurs premiers balbutiements, et profite des lacunes des réglementations pour subtiliser certains programmes de jeux, les copier et en tirer des profits.

Pendant les vingt années qui suivent, Yukiho va réussir en affaires et Ryo va accroitre les siennes souvent à la limite de l’escroquerie et parfois très près de certains membres des yakusas.

Après les événements de leur enfance, Yukiho et Ryo n’ont jamais eu apparemment de relations personnelles,

Mais toutes les personnes qui semblent les gêner subissent des violences qui les écartent ou les éloignent, suscitant aux lecteurs de nombreux doutes qui surviennent puis disparaissent comme font les vagues qui arrivent sur la côte et ne laissent aucune trace une fois disparues.

L’auteur joue ainsi avec nos présomptions jusqu’au moment ou l’inspecteur de police devenu retraité, et qui n’avait jamais pu oublier le meurtre du prêteur sur gages  et la mort de la jeune mère va enfin découvrir ce qui s’est réellement passé.

Le premier tiers de cet excellent  thriller psychologique  m’a paru long et un peu ennuyeux et puis à partir du livret VI, j’ai embarqué et, s’il m’avait fallu une semaine pour les cinq premiers, les cinq cents dernières pages* ont été avalées en trois ou quatre jours.
*sur 758

La lumière de la nuit, Keigo Higashino, Babel noir, 2017, 758 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Des doutes, des suppositions, des présomptions, jamais rien de concret avant la fin, énervant mais.. excellent.