*** ”160 rue saint-Viateur ouest” de Magali Sauves

Celui qui croit pouvoir se passer des autres se trompe et celui qui croit que les autres ne peuvent se passer de lui se trompe plus encore.
                                                                                        Proverbe Hassidim 

Ce que l’on ne sait pas ne peut pas faire du mal.

Voici un roman dont la trame policière a peu d’intérêt mais que la personnalité de l’enquêteur et le quartier ”mile-end” de Montréal sauvent de la banalité.

Le lieutenant Mathis Blaustein est issu du milieu  hassidique mais  son homosexualité  l’a  banni de sa communauté et donc de sa famille, à l’exclusion de sa mère avec qui il a toujours des relations secrètes. 

Deux enquêtes se développent  parallèlement sur des meurtres survenus à 70 ans d’intervalle.

La mort mystérieuse d’un chercheur en pesticide biologique et le décès d’une immigrante juive durant la deuxième guerre mondiale.

Aucun lien apparent sinon que le fils d’une vieille dame déboussolée, cherchant une amie au domicile des parents du policier, est un client de la société agricole qui employait le chercheur décédé.

La vieille dame insiste sur l’adresse de cette amie qu’elle situe au 160 rue saint-Viateur ouest or la famille Blaustein habite au 158 bis et le numéro 160 n’existe pas.

Des lettres d’amour cachées dans un piano cloué au mur vont pousser Marion, la fille de la vieille dame, qui a hérité de la charge de notaire de son père, à entraîner Mathis à rechercher l’histoire de l’immigrante  et à comprendre deux assassinats survenus dans les années 40.

Le grand intérêt de ce roman  tient surtout dans la double personnalité de Mathis. Un enquêteur précis et ordonné dans son travail mais aussi un homme qui, ayant perdu ses racines, se cherche et n’arrive pas à s’intégrer dans le monde des goyim.

Une belle promenade historique dans les rues d’un quartier de Montréal en  dégustant   un des meilleurs bagels* au monde,  acheté directement à l’usine bien connue des Montréalais située au 263 rue Saint-Viateur ouest**.
*Je pèse mes mots
**Mais il faut faire vite car des nouveaux règlements sur la pollution vont interdire de les cuire au feu de bois

Le billet de Yue Yin est là , celui de Karine ici

160 rue saint-viateur ouest, Magali Sauves, Mémoires d’encrier, 2018, 201 pages,  policier.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Difficile de comprendre le mal-être du héros sans avoir été hassidique mais ce roman  nous amène à réfléchir sur cette communauté difficile à aborder et à connaitre.

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2 réflexions au sujet de « *** ”160 rue saint-Viateur ouest” de Magali Sauves »

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