**** « Yeruldelgger » de Ian Manook

Qui boit l’eau d’une terre étrangère doit en suivre les coutumes
Proverbe mongol

51h1elEmo0L._SL160_Khaltar Guichyguinnkhen Yeruldelgger est commissaire de police à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie.

Tandis que son équipe examine les lieux  du massacre, agrémenté de sévices sexuels, de trois ressortissants chinois et de deux prostituées, il se retrouve dans le désert, à deux heures de tape-cul* de la capitale, en train de déterrer un petit tricycle rose, sous lequel le cadavre d’une petite fille de type européen semble lui tendre la main.
*Équivalent mongol de la minoune québécoise

Devenu un homme en colère après l’assassinat de sa petite fille, Yeruldelgger est aussi un homme malheureux qui se demande pourquoi  Saraa, son autre fille, le hait autant.
Il ne trouve une paix relative qu’auprès de Solango, une légiste et d’Oyum une solide et énergique inspectrice.

Ses recherches sur l’enfant, tuée accidentellement semble-t-il, entraine notre policier vers Adolf et son groupe de motards nazis qui seraient aussi impliqués dans le massacre des chinois.

Que sont devenus les parents de la fillette ?
La xénophobie est-elle la seule raison du massacre des ouvriers chinois ?

Les enquêtes vont se télescoper quelque part dans l.a steppe mongole où certaines personnes vont tenter de tuer Yeruldelgger. Les moines, qui l’ont éduqué dans sa jeunesse, le sauveront physiquement en éliminant la menace des tueurs et moralement en lui remémorant, un peu brutalement, leur enseignement passé.

Pendant ce temps, Oyun sauve Saraa qui était condamnée à cuire comme un hushuur* puis, infiltrée dans la bande de motards d’Adolf, elle est découverte, battue, violée, réussit à se sauver mais est abattue par leur grand chef qui s’avère être…un de ceux qu’on soupçonnait…**
*par l’intérieur
**Pensez-vous que j’allais vous le dire ?

La pauvreté, les magouilles, la corruption ont provoqué l’émergence de riches hommes d’affaire prêts à tout pour conserver sinon augmenter leur emprise sur l’économie de ce pays, en offrant à leurs clients ou bailleurs de fonds des plaisirs illégaux dont la mort de la fillette fut une conséquence.

Pour mettre un terme à ces enquêtes, Yeruldelgger devra utiliser son arme, son intelligence et …quelques cobras.

 La Mongolie est un pays ou la violence semble endémique.  Quelques siècles plus tôt, Gengis Khan massacrait ses ennemis et, dans un passé moins lointain,  on utilisait des personnes vivantes pour faire rouler les locomotives. Mais c’est aussi un pays hospitalier où quelques gouttes de lait sont jetées aux quatre points cardinaux  pour bénir  le voyage d’un hôte après un bon repas (?) de horhog ou de boodog de marmotte, accompagné de lait caillé de jument ou de thé salé.*
*Je peux vous donner les recettes

Après cette lecture,  je ne pense pas avoir une meilleure connaissance de ce pays quasi désertique, coincé entre sa culture nomade et le monde moderne, entre croyances ancestrales et  culte des séries américaines,  mais j’y retournerai, ne serait-ce que pour connaitre le devenir de Yeruldelgger maintenant qu’il a retrouvé une certaine sérénité.

Si vous cherchez quelques mauvaises raisons pour ne pas lire ce polar vous pouvez aller sur le site : http://salon-litteraire.com/fr/thriller/content/1855429-dix-bonnes-raisons-de-ne-pas-lire-yeruldelgger-de-ian-manook.*
*J’en ris encore

L’avis de Yv,  celui de Dasola, Aifelle et Jules en ont aussi parlé.

polarmondePolars du monde

Yeruldelgger d’Ian Manook, Albin Michel, 2013, 544 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ian Manook n’est pas Mongol.

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6 réflexions au sujet de « **** « Yeruldelgger » de Ian Manook »

  1. Yv

    Ah bon, il existe des raisons de ne pas lire Yeruldelgger ? Pas possible, je n’y crois pas, ça ne se peut pas…. Et même la suite, Les temps sauvages, est excellente…
    A bientôt

    Répondre
    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Je crois que ce texte sur les raisons de ne pas… était à prendre au moins au deuxième degré. Pour la suite, je l’ai. Au fait tu es un des responsables de ce choix de lecture. J’espère que tu t’en veux. 🙂
      Le Papou

      Répondre

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