« Wisconsin » de Mary Relindes Ellis

‘’Une petite ville ressemble beaucoup à un poulailler. Elle n’aime ni les changements ni la différence et ne l’accepte pas facilement. Si une poule perd ses plumes ou si elle est blessée, les autres l’attaquent à coups de bec, parfois jusqu’à la mort.

cvt_Wisconsin_2751Le Wisconsin, voilà un État dont j’ai peu entendu parler. Pas de cow-boys fringants, pas de plages de sable fin, pas de grandes villes célèbres, pas d’industries importantes sauf… quelques brasseries. Un État couvert de forêts et dont le sol pauvre et le climat rude n’a jamais enrichi ceux qui l’exploitent.

Cette saga familial débute dans les années soixante du siècle dernier pour se terminer durant la première année de ce nouveau millénaire.

Quand on parle de saga, on  imagine de nombreux personnages. Là, ils ne sont que six, sans compter  les chiens qui ont une certaine importance.

La famille Lucas est composée du père John, ancien soldat planqué, hâbleur, paresseux, alcoolique et brutal, de la mère Claire que la solitude, les coups et la misère attirent de plus en plus vers la folie, des fils James et Bill.
James est un jeune adulte qui, malgré les brimades qu’il lui fait subir, adore son petit frère de six ans.

Leurs voisins, la famille Moriseau constituée d’Ernie, un métis d’indien,  et de Rosemary, n’ont pas eu d’enfants  malgré leurs multiples tentatives et, vont offrir aux petits  Lucas l’amour et les conseils qu’ils ne trouvent pas chez eux.

Wisconsin ressemble à un film littéraire, avec flashs-back et rebondissements, sur la détresse provoquée par la misère et le malheur.
À l’exception de John Lucas, chacun des personnages va raconter son histoire et nous faire part de ses états d’âme et de ses sentiments.

Par bravade envers son père, James s’engage. Envoyé au Vietnam, il sera  ‘’porté disparu au combat’’, provoquant une souffrance impérissable pour son petit frère, replongeant un peu plus Claire dans sa folie, et apportant à John le plaisir d’être redevenu le seul homme qui compte dans la famille.

 Bill qui n’était pas un enfant très espiègle et qui croyait être responsable  de la mort de son grand frère, va se renfermer un peu plus sur lui-même, devenir un adolescent perturbé et alcoolique comme son père, s’éloigner complètement des Moriseau et errer de longues nuits dans la forêt.

Bon d’accord, c’est un roman où le pathos affleure à chaque page, où l’amour rédempteur atténue les souffrances sans les faire complètement disparaitre mais avant tout c’est l’histoire de l’Amérique profonde durant cinquante longues années.

J’ai trouvé  cela lourd, parfois, mais jamais lassant.

Près de cinquante mille familles américaines ont vécu  la perte d’un enfant dans une guerre qui ne les concernait pas et ont dû continuer  à vivre ou à survivre  dans la douleur et la tristesse.

L’avis de Canel qui m’a donné envie est là. Celui de Suzanne ici.

PS: J’ai préféré une autre couverture que celle, affreuse, que j’ai, et je trouve plus beau le titre anglais; « The turtle warrior ».

Wisconsin de Mary Relinder Ellis, Succès du livre Éditions, 2004, 473 pages, Roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Plusieurs chapitres m’ont perturbé mais je ne vous dirai pas pourquoi. Je ne spoile plus, qu’on se le dise ! (Même si parfois j’en ai bien envie)

 

 

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5 réflexions au sujet de « « Wisconsin » de Mary Relindes Ellis »

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