** « Un fond de vérité » de Zygmunt Miloszewski

On ne sait sur soi-même que ce qu’on a affronté
                                                                                        Wislawa Szymborska *

*Poétesse polonaise disparue en 2012

Après s’être séparé  de sa femme, le célèbre procureur de Varsovie, Théodore Szacki, 40 ans,   a obtenu sa nomination à Sandomierz, petite ville du sud de la Pologne.

Nous sommes en 2009. La découverte d’une femme égorgée va bouleverser la tranquillité de la petite ville.  l’arme du crime est un chalef, couteau juif destiné au sacrifice rituel des animaux, ce qui pourrait réveiller de vieilles rancunes antisémites.

Le pragmatique mais pas toujours sympathique   Théodore, aidé de la procureur  Barbara Sobieraj  et du vieux policier Leon Wilczur, refuse d’accepter toutes allégations  sectaires et envisage autant une vengeance causée par les exactions de la guerre qu’une provocation antisémite.

Le mari de la première victime, Greg Budnik, un conseiller municipal est retrouvé à son tour massacré et quasiment méconnaissable.

Dans l’église, cachée sous une tenture, notre procureur découvre un tableau* de Charles de Prévôt, représentant le vieux mythe antisémite de juifs enlevant et tuant les enfants pour confectionner leur pain azyme, sur lequel des lettres hébraïques ont été ajouté.
*Pour plus d’informations :  http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Monde/L-Eglise-polonaise-devoile-un-tableau-mettant-en-cause-des-juifs-avec-le-soutient-de-la-communaute-juive-2014-01-17-1091975

Un homme d’affaires du nom de Jurek Sziller, accessoirement  amant de la première victime et   suspect principal, disparaît à son tour. Son corps est retrouvé dans les souterrains de la ville dévoré par des molosses enragés.

La vengeance semble bien être la cause de ces meurtres. Les familles des trois victimes ont participé, soixante dix ans plus tôt à la dénonciation pour espionnage d’un médecin juif ou au refus d’aider l’accouchement de son épouse  entrainant  ainsi sa mort,  celle du bébé et le suicide du docteur.

Szacki demande à un recherchiste de retrouver les informations sur ce drame ainsi que le fils du médecin alors âgé d’une huitaine d’années.

Quelle n’est pas la surprise du procureur quand il apprend  que cette personne participe à l’enquête pourtant, c’est la disparition d’un vagabond qui va lui donner la surprenante solution de ces meurtres.

Zygmunt Miloszewski brocarde la société polonaise en général, la recherche du sensationnalisme à tout prix des journalistes  et l’hypocrisie des politiciens*.
*« Politicien de province mais politicien quad même ce qui faisait de lui un menteur professionnel et un baratineur. »

Soyons honnêtes,  la Pologne est loin d’être  une exception.

Les avis de Zazy,  de Claude Le Nocher,  et d’Alex,  

Polars du Monde

Un fond de vérité, Zygmunt Miloszewski, Mirobole, 2015, Roman policier.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Énervant le vocable argotique  binouze, utilisé à deux reprises par le traducteur à la place du mot bière. Je connaissais déjà bibine, mousse ou gueuse, il semble bien que mon vocabulaire a des lacunes.

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14 réflexions au sujet de « ** « Un fond de vérité » de Zygmunt Miloszewski »

  1. Sandrine

    Mon préféré de la série, et quelle excellente série, vraiment. Oui, le personnage principal est détestable et oui, la trame historique est d’une consistance et d’une précision rares. Et cette façon de lier les conséquences de l’Histoire au présent du pays est tout à fait convaincante. Bref, je suis triste que la série ne compte pas plus de 3 volumes…

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  2. Karine

    Bon, bon, bon… vous allez, tout le monde, me donner envie de lire du polar. J’ai toujours du mal quand je ne comprends pas les noms des personnages! Je sais, je suis bizz!

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Mais non mais non tu n’est pas zarbi…quoique…mais on t’aime comme ça. D’ailleurs tes textes d’humeur me manquent.
      Le Papou

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  3. BlueGrey

    Oui, le « héros » est antipathique, mais malgré cela j’ai aimé cette série, du moins les deux tomes (les deux premiers) que j’ai lu. J’ai aimé son « ancrage » dans l’histoire de la Pologne, qui m’a permis de la découvrir.

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Tous les « héros » ne peuvent pas être sympathiques. Le deuxième m’attend.
      Merci pour ton commentaire.
      Le Papou

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