*** « Un appartement à Paris » de Guillaume Musso

La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu’elle ne disparaît pas avec le temps.
                                                                                                       Gainsbourg
La solitude a deux avantages : d’abord d’être avec soi-même, ensuite de n’être pas avec les autres. 

Schopenhauer

Je sens que je vais me faire éreinter par la multitude, de plus en plus moins nombreuse*, qui me lit car tout en  préparant quelques fleurs pour cet auteur, je lui ai aussi gardé un certain nombre de pots.
*Oui, je sais, c’est pas très bien écrit mais… j’aime.

L’histoire d’abord, Madeline Greene l’ex-policière anglaise, à peine sortie d’une tentative de suicide, déjà rencontrée dans  « L’appel de l’Ange », a loué un logement dans Paris pour se préparer en solitaire à un important changement dans sa vie.

L’alcoolique, misanthrope, pessimiste et coléreux Gaspard Coutances, auteur en vogue  de pièces de théâtre intellos et cyniques ne se met à l’écriture  que dans un isolement complet.

Une erreur informatique va obliger ces deux caractères forts et solitaires  à partager le même appartement, l’ancien atelier d’un peintre décédé quelques mois plus tôt d’une maladie cardiaque dont l’enlèvement et l’assassinat de son fils étaient en grande partie responsable.

Ils  vont entreprendre une enquête pour retrouver les derniers tableaux du peintre et pour comprendre ce qui est arrivé à l’enfant.

Les fleurs, il faut toujours commencer par les fleurs, cela atténue la violence des pots et des propos.

Guillaume Musso possède une jolie plume, beaucoup d’imagination, du style  et une écriture moderne, parfois un peu trop, ainsi, l’utilisation d’anglicismes sans raison, même si elle est une image du snobisme franchouillard qui  perdure dans l’hexagone depuis trop longtemps n’a pas raison d’être et a choqué, choque et choquera toujours les lecteurs lambda Québecois*.
*confirmation m’a été donnée lors d’un club de lecture.

Ceci dit, voyons maintenant les aléas qui m’ont tarabusté et parfois énervé. 

L’Idée de départ et la conclusion d’« Un appartement à Paris » sont identiques à celle de « L’appel de l’Ange » déjà mentionné plus haut. Deux vies qui se croisent accidentellement et sont obligés de coexister.

L’autre élément gênant fut le dénigrement minable et odieux sur Paris* où, écrit-il,  on constaterait que de nombreux touristes sont atteints de troubles psychiatriques causés par le décalage entre leur vision sublimée de la ville lumière et la « vilaine » réalité.
*Ma ville de naissance. Plus de 3 millions de visiteurs annuellement et… combien de malades

L’auteur s’est aussi payé la traite avec ses virulentes critiques, que je partage,  sur le fonctionnement des aéroports avec  leurs longs temps d’attente, leurs itinéraires interminables, leur manque de personnel et d’informations et sur  le monde des agents d’artistes, que je ne connais pas, dont le seul but serait d’augmenter leurs revenus au détriment de la qualité des œuvres. 

Ceci dit, les qualités des romans de l’auteur dépassent largement les contrariétés et quand vous en ouvrez un, vous êtes, en général, embarqué jusqu’à la dernière page.

Ce fut encore le cas cette fois-ci.

PS: À mon humble avis, Central Park reste le meilleur roman de l’auteur

Un appartement à Paris, Guillaume Musso, 2017, 459 pages, Roman policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Écrire facilement ne devrait pas se traduire par écrire dans la facilité.

 

 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « *** « Un appartement à Paris » de Guillaume Musso »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Le succès de Guillaume Musso est véritable et mérité. Il ne devrait pas pourtant tomber dans la facilité et dans la critique acerbe sur Paris et les parisiens.
      Le Papou

      Répondre

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