**** « Soie » de AlessandroBarrico

« -Il n’y a pas le choix, lui dit un jour Babaldiou, si nous voulons survivre, il faut aller là-bas.
-Et il est où exactement, ce Japon?
-Jusqu’à la fin du monde. »

product_9782070419654_195x320On est en 1861.  Hervé Joncour achète et vend des vers à soie. Pour ce  commerce il se rend jusqu’en Syrie et en Égypte.

Malheureusement, une maladie des bombyx du murier s’étend un peu partout dans le monde.

Le Japon protège son industrie et toute transaction d’œufs de vers à soie avec des étrangers est passible de la peine de mort.

Un jour, pourtant, Hervé Joncourpartit. Il traversa le Wurtemberg, la Bavière et l’Autriche, prit le train jusqu’à Kiev via Budapest, parcourut à cheval 2000 kilomètres de steppes en traversant l’Oural et la Sibérie, voyagea quarante  jours jusqu’au lac Baïkal , descendit le fleuve Amour, en longeant la frontière chinoise, pour arriver à l’océan où il attendit onze jours dans le port de Sabirk que des contrebandiers hollandais le dépose sur la côte ouest du Japon. À  pied il traversa les provinces d’Ishikawa, de Toyama de Niigata pour entrer dans celle de Fukushima* et arriva près de la ville de Shirakawa où il attendit deux jours une personne qui lui banda les yeux et l’emmena auprès d’ un homme masqué avec qui il négocia l’achat des œufs.
*Bien connue pour ses tsunamis

Puis il fut reçu par Hara Kei, le seigneur de la région,  qui lui demanda de raconter son histoire.

Au pied du seigneur, Hervé remarqua une magnifique  jeune femme avec des yeux qui n’étaient pas de forme orientale. L’intensité et la fixité de son regard le troubla.

Hervé n’avait eu que des œufs de poissons, ce qu’il avait compris et payé avec de l’or faux. Hara Kei et Hervé Joncour se mirent d’accord pour un premier achat et le seigneur lui confirma  qu’il pouvait revenir pour de futurs négoces.

Hervé Joncour fit donc le voyage à plusieurs reprises.

Était-ce pour les  affaires ou par amour de la belle inconnue ?

Et puis la guerre civile au Japon et l’évolution de l’industrie de la soie interrompirent les voyages du commerçant.

Il continua sa vie avec le souvenir de la jeune asiatique, souvenir renforcé par une lettre d’amour et d’adieu écrite en japonais.

Il aimait sa femme et l’apaisement survint quand il  comprit, vers la fin de sa vie, qu’elle avait ressenti son trouble et l’avait quand même profondément aimé.

Vous vous ferez votre propre opinion en parcourant ce tout petit roman qui vous emmène, il y a à peine cent cinquante ans, dans  un voyage  long  et dangereux où l’incertitude chemine  avec le voyageur.

Voici les avis de Noukette,  d‘Argali, de Yue Yin, et de Bluegrey.

Soie d’Allessandro Barrico, Gallimard, 1997, 144 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou :  J’avais apprécié, dès la première description, la longueur et l’incertitude du voyage. Ce n’était pas la peine de le répéter quatre fois avec exactement les mêmes mots , tant à l’aller qu’au retour.

 

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3 réflexions au sujet de « **** « Soie » de AlessandroBarrico »

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