*** « Six fourmis blanches » de Sandrine Collette

Nous autres, nous entrons dans la montagne avec précaution, presque sur le pointe des pieds.
                                                                                                                               Mathias

product_9782207124369_195x320Sandrine Collette semble être devenue une auteure appréciée par une partie de la blogosphère. Vous trouverez, à la fin de ce texte, le billet de certains d’entre eux. Comme la plupart ont, à un moment donné ou à un autre, signalé des romans qui m’ont plus, je me suis laissé tenter bien que sujet à un  malaise certain quand des innocents sont maltraités*.
*J’ai le même problème avec les films

Mathias ne l’est pas, innocent. Dans les montagnes éloignées où survivent encore certaines croyances moyenâgeuses, c’est un sacrificateur. Un homme de pouvoir  à qui on fait appel pour éloigner le mauvais sort ou obtenir des bienfaits. Il utilise des osselets divinatoires et sacrifie des chèvres en les jetant du haut de la montagne.

Seulement, dans ces régions reculées, on ne doit pas mécontenter certaines familles à demi mafieuses, et Mathias va s’attirer la haine de l’une d’entre elles et doit fuir à travers la montagne.

Il est une des deux voix du livre, Lou, une jeune paysagiste est l’autre. Avec son amoureux Elias et quatre autres citadins, ils ont gagné une randonnée dans les montagnes albanaises et retrouve leur guide Vigan.

Mathias, poursuivi par les sbires du mafioso et leurs chiens, ne peut compter sur aucune aide dans la région qu’il tente de fuir. Il réussit à leur faire perdre  provisoirement sa piste.

De leur côté les montagnards d’opérette se heurtent soudainement à une énorme tempête de vent et de neige. Peur, fatigue, froid  et douleurs se changent en terreur, épuisement, gel et souffrances et nous suivons leur pénible ascension jusqu’au moment où l’un d’entre eux dévisse. D’autres accidents vont réduire encore leur nombre sans compter que les survivants  ont l’étrange impression d’être suivis par une entité malfaisante.

Leur guide continue de les encourager et de les aider puis décide de quitter l’itinéraire prévu pour tenter d’atteindre un ancien refuge.

Voilà, je m’arrête là pour ne rien dévoiler du dénouement échafaudé par l’auteure.

Malgré la gêne dont je vous ai parlé, la première moitié du roman m’a emballé, et mon impatience d’en connaitre la conclusion en a fait un tourne-pages dont les derniers chapitres m’ont paru bien longs.

En pointant leurs noms vous aurez les avis, en général bienveillants, de Véronique, Sandrine, Cathulu, Canel et d’Yv.

PS: J’ai connu, il y a bien longtemps, cette horrible peur d’être perdu en montagne pendant une tempête et de marcher toute une nuit, gelé, en short et tee-shirt, accroché l’un à l’autre derrière un guide, sans oublier la rencontre avec un nid de frelons en redescendant chercher du secours.

Six fourmis blanches de Sandrine Collette, Denoël, 2014, 276 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le personnage de Lou est attachant mais navigue un peu trop entre résolutions et hésitations,  faiblesse et force, frousse et courage,  amour et haine. Il faut dire que son aventure est bien différente d’une  ballade dans un parc aménagé.

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11 réflexions au sujet de « *** « Six fourmis blanches » de Sandrine Collette »

  1. Sandrine

    J’ai lu les trois romans de Sandrine Collette et les ai appréciés tous trois. Avec celui-là je me suis dit que j’allais être perspicace, que je verrais le twist cette fois, mais non, rien à faire, je me laisse toujours hypnotiser au point d’être totalement à la merci de cette narration talentueuse.

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      J’en ai prévu d’autres et je vais essayer… de toutes façons j’essaie toujours.
      Amicalement
      Le Papou

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  2. anjelica

    J’avais lu « Un vent de cendres » qui m’avait vraiment déçue car tellement prévisible mais celui-ci est original par le métier de Mathias, par le lieu et c’est tension qui monte graduellement !

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Certaine ont préféré « un vent de cendres » d’autres « six fourmis blanches » C’est bien comme ça !
      Le papou

      Répondre

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