** « Salt River » de James Sallis

J’entends la menace du silence
                                 Eugène O’Neill

product_9782070453405_195x320Salt River est le dernier opus de la trilogie de John Turner, un ex-policier, ex-détenu et ex-psy devenu, à la suite de « Bois mort » et de « Cripple Creek », le  shérif de Cypress Grove au Tennessee.

Les trilogies sont comme les gués des ruisseaux, qu’ils soient du Tennessee ou du Maine*, on doit  les traverser complètement, sauf si l’écriture, l’histoire ou les personnages nous ont propulsé au loin dans l’amertume de la déception. Or, ce n’était pas le cas des deux premiers. Il y avait même dans Cripple Creek, en dépit des malheurs et des afflictions de John Turner, une forme d’espoir qui m’attirait vers la suite.
*Lieu de la trilogie de W.G.Tapply

Autant vous dire tout de suite que cet espoir a fait place à la désespérance –notez que je n’écris pas désespoir- et que la réapparition de J.T., la fille de John, ne fait rien briller dans le futur, même pas un lumignon.
« J’ai peut-être vu trop de gens mourir. », nous dit John.

Ses conversations avec Doc Oldham, qui a pris sa retraite, laissant sa place à un nouveau médecin qui semble avoir dix neuf ans tout au plus, ne flottent pas dans la joie et la félicité.
« Combien nous sommes peu nombreux à réellement faire des choix dans la vie, à savoir ne serait-ce que la possibilité d’en faire. Tant de choses sont préétablies, dictées par notre ADN, notre milieu et notre caractère, notre éducation, l’influence des personnes que nous rencontrons…et tant d’autres ne sont dues qu’au hasard.
 »

L’enquête de ce tome est décevante sinon inexistante. Certes, Billy, le fils disparu de l’ex-shérif Lonnie, est revenu pour mourir dans un accident de voiture, sa voisine a été agressée et Milly son épouse, enlevée.

Mais la conclusion est légère, si légère que le souffle provoqué par l’aile d’un papillon l’a fait disparaitre vers les Great Smokey Mountains.

Ceci dit, et en dépit de ce billet négatif, Il faut lire les trilogies de James Ellis et de William G. Tapply, ne serait-ce que pour comprendre que les États-Unis, ce n’est pas seulement la Grosse Pomme, Hollywood ou Donald Trump.

L’avis de Black Novel.

Salt River de James Ellis, Gallimard, 2013, 160 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : J’admets ne pas avoir compris les raisons qui poussent un richard puissant à utiliser des hommes de main pour retrouver un cadeau fait longtemps auparavant et dont la valeur ne parait que sentimentale.

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4 réflexions au sujet de « ** « Salt River » de James Sallis »

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