**** « Rivière Mékiskan » de Lucie Lachapelle

 La jungle urbaine serait-elle plus dangereuse que la forêt sauvage ?

Coeur3

Alice Lamontagne a été élevée par une mère ihimistikshiou*, qu’un père Cree a abandonné pour l’alcool et l’itinérance. Un père qu’elle a revu de temps en temps et dont le bureau du coroner  vient de lui annoncer la mort sur un banc, quelque part dans Montréal.
*Blanc. Il est possible que ce mot soit légèrement différent pour une femme.

Elle décide de ramener ses cendres à Mékiskan, à douze heures de train de Montréal. « Un petit village perdu et oublié, effacé de la carte. » Un voyage long et difficile pour aboutir là  où les trains ne s’arrêtent plus dans des gares mais sur demandes des passagers le long de la voie.

Elle fait la connaissance de la vieille Lucy, une tante de son père, qui vit dans une cabane éloignée du village ainsi que de Samuel, Minnie et Agathe les enfants de Jeannette, la petite dernière, qui les envoie à chaque fois qu’elle fait la fête.

Elle va parcourir un long chemin méconnu dans le passé de sa famille Cree, un retour difficile aux sources de ses racines amérindiennes dont les reproches incessants de sa mère l’avaient lassée, déchirée entre l’amour de ce père intermittent et la rancœur   de celle qui l’élevait.

Cent neuf pages seulement, mais d’une densité, d’une intensité, qui vous mettent facilement de l’eau dans les yeux.

L’eau, il faut aller la chercher loin, à la rivière, et ne pas oublier de la faire bouillir pour la boire. « En pénétrant dans toutes les failles, les fentes et les crevasses de la terre, en imposant son débit, la rivière réussira peut-être à faire jaillir la vie de nouveau. »

Pourtant j’aurais aimé quelques pages de plus pour approfondir la personnalité d’Alice ; quelques explications sur sa vie citadine avant son périple. Pourquoi cette Alice rebelle, dure, bagarreuse, insensible, athée, incapable de sentiments pour le petit ver qui pousse dans son ventre et qu’elle veut faire passer à son retour ?
La jungle urbaine serait-elle plus dangereuse que la forêt sauvage ?

Son langage aussi est sans délicatesse, elle veut baiser, pas faire l’amour avec le beau Jimmy.

On a l’impression qu’elle a trouvé dans sa famille indienne si misérable une affection chaleureuse qui lui était inconnue. « Lucy attaque un chant…Les hommes et les femmes se joignent à elle. Leur voix emplissent l’air. Elle (Alice) s’agenouille, dépose l’urne. Elle pleure à chaudes larmes…les notes appellent les larmes pour laver les cœurs lourds de toutes les saletés et les détritus qui s’y trouvent. »

A lire !

Rivière Mékiskan de Lucie Lachapelle, XYZ, 2010, 109 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je me colle un bémol, pourquoi 4 étoiles seulement ? m’a demandé Yoda. Coup de cœur, ce devrait ! Alors, ça l’est !

 

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4 réflexions au sujet de « **** « Rivière Mékiskan » de Lucie Lachapelle »

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