*** « Petit Piment » d’Alain Mabanckou

La folie serait-elle le début de la sagesse ou la fin de la misère ou.. les deux ?

« Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya 9782021125092Bakoko* » tel es le patronyme donné par Papa Moupelo, le prêtre de l’orphelinat, à l’enfant qui vient d’être abandonné.
*en Lingala « 
Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre de ses ancêtres. »

Personne ne sera étonné que ses camarades aient simplifié son nom en  Moïse, ce qui, on en conviendra, est plus facile pour les échanges verbaux lors d’une partie de foot-chaussette.

Notre bambin grandit dans ce lieu de misère, dirigé par la corruption et le népotisme du directeur, Dieudonné Ngoulmoumakou, avec heureusement quelques figures bienveillantes;  celle du prêtre qui intervient pour « arrêter les mauvaises tentations » ou celle de la vieille infirmière Sabine Niangui qui, par sa douceur, sert de maman de remplacement.

Les évènements politiques et les magouilles du directeur de l’orphelinat vont les faire disparaitre et entrainer Moïse jusqu’à Pointe-Noire, la grande ville jusque-là féérique et mystérieuse à ses yeux. Sous le sobriquet de Petit Piment, il devient le lieutenant des jumeaux, Tala-Tala et Songi-Songi, qui tyrannisent une bande d’enfants miséreux, voleurs et mendiants, rejetés par toutes les communautés.

Cette vie aventureuse le conduira à rendre toutes sortes de service à Maman Fiat 500, une mère maquerelle zaïroise, et à ses « filles ».

La nouvelle politique socialiste et anti-religieuse avait provoqué le départ de Papa Moupelo, la politique sociale va faire disparaitre les prostituées zaïroises entrainant Petit Piment dans une folie psychotique où seule la vengeance demeure rationnelle.

Tel un griot de son pays d’origine, Alain Mabanckou nous raconte des histoires bien tristes avec cet humour souvent causé par notre méconnaissance de l’Afrique, de son histoire, de ses légendes et de ses coutumes.

La deuxième partie du siècle dernier a vu de nombreux pays africains obtenir leur indépendance ouvrant la boite de pandore de tous les maux dont l’humanité peut souffrir et les plongeant dans des situations cahotiques et souvent irrationnelles.

Pour les légendes je vous conseille « Mémoires de porc-épic », et pour certaines réalités quotidiennes et historiques, plongez-vous dans la vie de « Petit Piment ». 

Cathulu, a aimé,  Yv a des doutes.

 Petit Piment, Alain Mabanckou, Seuil, 2015, 274 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Un survol trop court de la quarantaine d’années d’une vie misérables trop  longue.

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12 réflexions au sujet de « *** « Petit Piment » d’Alain Mabanckou »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Il y a tant à lire de toutes façons. Pourquoi s’embêter ? J’en parlerai, peut=être, sur mon prochain billet.
      Le Papou

      Répondre
    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Certes, mais intéressant pour apprendre quelques anecdotes sur les années qui ont suivi l’indépendance du Congo (Brazza)
      Le Papou

      Répondre

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