**** « Les reflets d’argent » de Susan Fletcher

De la vie nous ne connaissons que l’écume.

Par contrainte géographique, les îliens  vivent repliés sur eux-mêmes, « C’est difficile de garder un secret, ici. Quand il se passe quelque chose, l’île le sent. Si un chat tue un oiseau dans la matinée, des plumes auront volé dans chaque maison à la nuit tombée ».  Leur vie est marquée par la constance invariable et monotone de leurs routines quotidiennes,  et par les légendes que l’on raconte le soir à la veillée*.
*les veillées disparues, les légendes disparaîtront à leur tour.

L’île de Parla n’échappe pas à cette conjoncture et de nombreux contes agrémentent la vie monotone  de ses habitants, pêcheurs ou éleveurs de moutons : ceux des géants qui créèrent  les  quatre aiguilles qui embellissent l’île, de la baleine qui répond à la corne de brune, du fanal solitaire qui danse à l’horizon le soir de Noël, des fous de Bassan qui distribuent leurs poissons aux honnêtes gens, sans oublier celui de l’homme poisson qui apporte sérénité et espoir lorsqu’il troque sa nageoire scintillante pour une paire de jambes, mais ce n’est plus tout à fait une légende car, dans sa jeunesse, Jim Coyle l’a aperçu nageant le long de la grève.

Si Jim Coyle l’a vu, Sam Lovegrove, lui,  l’a trouvé nu et  évanoui sur la plage, et cette homme-poisson va bouleverser la vie des habitants par sa ressemblance avec Tom Bundy qui s’est noyé quatre ans plus tôt en sauvant des adolescents.

Maggie, la veuve inconsolable de Tom, qui glane les débris déposés par les marées et  pêche le homard sur son bateau, nous  raconte les événements que cet homme amnésique va provoquer par sa simple présence et sa renommée légendaire.

Avec une écriture poétique et sensible qui nous parle de désespoir et d’espoir, d’affections et d’afflictions et surtout d’amours, voici un roman dont la construction complexe, parcellaire et répétitive nous ballotte au rythme régulier des marées et nous bousculent dans un inquiétant  vent du nord et, dont tous les morceaux se mettent finalement en place au grand plaisir du lecteur.

Après le coup de cœur d’ « un bûcher sous la neige » et les quatre * d’ « Avis de tempête » , je suis encore tombé sous le charme  de l’écriture de Susan Fletcher.

« Les noms ne comptent pas, comme presque toujours dans les légendes que je connais. Ce qui compte ce sont les gens ».

Les avis de Clara, Hélène,   Yue Yin,  Cathulu, et de  Papillon

Les reflets d’argent, J’ai lu, 2015, 508 pages, roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une fin bien trop prévisible pour un nouveau coup de cœur mais on n’en  était pas loin.

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4 réflexions au sujet de « **** « Les reflets d’argent » de Susan Fletcher »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Heureusement qu’on n’a pas tous les mêmes goûts ou les mêmes attentes sinon la plupart des éditeurs feraient faillite.
      Amitiés
      Le Papou

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