** « Les nuits de laitue » de Vanessa Barbara

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée,
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, Faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.
Paul Eluard

ob_76ceba_les-nuits-de-laitue-624568Je suis bien embêté.
Mes choix de lecture reposent sur cinq facteurs positifs, aucun  n’étant réellement scientifique, et sur quelques idées négatives plutôt préconçues . Un titre bizarre ou surprenant, un auteur, un pays ou un lieu inconnus, voire un résumé* séduisant ou une jolie couverture sont de belles incitations. Les prix littéraires, les éloges bloguesques trop nombreuses ou les auteurs déjà rencontrés et peu appréciés ne sont pas insérés dans le choixpeau**.
* Quand je le lis.
* * dixit Albus Dumbledore.

« Les nuits de laitue » possédait quatre de ces attraits : le titre, l’auteure, brésilienne et inconnue, et une très belle couverture. Seule une explosion nucléaire de  dithyrambes  électroniques auraient pu l’écarter.

Otto se sent  abandonné. Depuis plus de cinquante ans il vivait avec Ada. Elle était vive, conviviale et serviable. Il était  calme, misanthrope et casanier mais le couple partageait toutes les petites joies des personnes qui se connaissent, s’apprécient et s’aiment ; le chou-fleur au gratin, les débats sur les nouvelles du jour, les passe-temps fugaces au gré de l’humeur d’Ada.

Elle était le lien avec tous les habitants du quartier, la gazette qui permettait à Otto de savoir ce qui se passait au-delà des limites de son terrain.

À partir de cette situation, Vanessa Barbara nous offre une galerie de personnages plus ou moins déjantés comme Nico, l’aide-pharmacien accro aux effets secondaires des médicaments, Anibal, le facteur chantant, dont l’ hasardeuse distribution du courrier est un désastre permanent, Iolanda, la mystique médium new-age, aux cheveux acajou, Mr Taniguchi, frappé d’Alzheimer, qui, durant trente ans continua la guerre dans une île oubliée du pacifique*, Teresa, la super dactylo en tenue débraillée qui travaille chez elle et s’occupe, tant bien que mal,  de ses trois chiens, Mariana, la jeune mariée anthropologue qui ne supportait ni l’université, ni les normes obligatoires pour ses travaux, ni ses parents et enfin Eilinora, embauchée comme repasseuse alors qu’elle n’a jamais su utiliser un fer.
*Histoire vraie exactement calquée par l’auteur sur l’histoire  du soldat Hiro Onoda.

Si vous admettez qu’on peut, comme Ada, mourir à la suite d’un disfonctionnement de la poste, qu’un facteur remplaçant peut disparaitre mystérieusement et que l’amitié peut être engendrée par la peur, alors vous irez jusqu’au bout du roman ou l’aisance du style accroit la folie ghénérale.

Je reviens sur mon introduction des quatre points positifs sur cinq. Il n’en reste plus qu’un,  la couverture colorée. Le titre bizarre n’est qu’une extension romanesque d’une tisane, et le roman pourrait se passer n’importe où.

Ceux qui ont aimé:  Passion de livreMarie-Claude sous sa couette.
Yv, comme moi, l’a trouvé inégal avec de bonnes idées et des longueurs inutiles et Canel l’a terminé en travers.

Les nuits de laitue de Vanessa Barbara, Zulma, 2015, 223 pages, Roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La fin m’a surpris comme si le roman avait été tronqué.

 

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10 réflexions au sujet de « ** « Les nuits de laitue » de Vanessa Barbara »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Comme je l’ai écrit, j’étais bien embêter pour faire mon billet. Pas déçu mais pas franchement intéressé.
      À part ça, certains personnages sont fantasques et amusants.
      Le Papou

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