**** « Les Neuf Cercles » de R.J. Ellory

« Qu’elle soit nécessaire ou même justifiée, ne croyez jamais que la guerre n’est pas un crime. »
E.Hemingway

cvt_Les-Neuf-Cercles_6501Allusion évidente aux neuf cercles de l’enfer de Dante, ce roman aurait pu s’intituler « le huitième cercle », celui de la violence, celui de toutes sortes de tueries pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Quelle différence puisque, dans tous les cas, l’humain détruit l’humain, le frère tue le frère, l’humanité n’aura besoin d’aucunes civilisations extraterrestres pour disparaitre un jour ?*
*Pessimiste Le Papou !

De ces violences guerrières, outre les millions de morts, il reste ceux qui continuent à vivre leur enfer sur terre, ceux qui sont revenus, plus tout à fait vivants, pas tout à fait morts, qui ont vu les portes du Tartare se refermer devant eux en emportant leurs amis.*
*On peut digresser longtemps sur les syndromes post-traumatiques, ce que fait (un peu trop) R.J.Ellory dans ce roman.

John Gaines a connu l’enfer du Vietnam et les visions qui surgissent trop souvent  n’arrangent pas son humeur de Shérif de la bourgade de Whystesburg au Mississipi, tandis que sa mère, atteinte du cancer qui va l’emporter, continue à vitupérer sur Nixon.

Nous sommes en 1974, leur président est sur la sellette et les États-Unis vont subir une défaite qu’ils mettront longtemps à oublier. Leurs combattants, vaincus sur les plateaux de Da Nang, rejoindront sur les routes ceux de la deuxième guerre mondiale et de la Corée.

Pourtant à Whytesburg, la vie pourrait s’écouler paisiblement si le corps d’une jeune fille, Nancy Denton, disparue vingt ans plus tôt, n’avait ressurgi  des berges de la rivière après des pluies torrentielles. L’horreur s’ajoute à cette pénible découverte. Son cœur a été arraché et remplacé par un petit panier renfermant un serpent.

C’est un vétéran et ancien amoureux de Nancy qui donnera à Gaines une partie de l’énigme et l’amènera à croire qu’il détient le meurtrier.

Dans ce Mississipi rural, proche de la Louisiane et de son vaudou, où les riches familles font et défont les élections, John devra traverser huit des neuf cercles* pour comprendre finalement ce qui s’est passé en 1954.
*Seule la gourmandise n’apparait pas. À moins que la bouffe américaine…

Après « Vendetta », première lecture difficile, Ellory devient de plus en plus un de mes auteurs favoris, après le bon « Les anonymes » et l’excellent « Les anges de New York » en voici un autre qui mérite ses 4 étoiles.

L’avis de Sassenach qui, comme moi, a trouvé un peu longue les explications sur les dommages cérébraux subis par les survivants des guerres et celui d’Alex, partagée entre banalité et curiosité.

PS : Pour une meilleure compréhension voici les neuf cercles tels qu’imaginés par Dante: La porte de l’Enfer, Les limbes, La luxure, la gourmandise, l’avarice, la colère, l’hérésie, la violence et la tromperie.

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Polars du monde

Les Neuf Cercles de R.J.Ellory, Sonatine, 2014, 574 pages, Policiers
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol dièse du Papou : Les erreurs sont souvent ce que nous faisons le mieux. 

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4 réflexions au sujet de « **** « Les Neuf Cercles » de R.J. Ellory »

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