*** « Les Chais des ambitieux » de Philippe Bouin

L’ambition est le fumier de la gloire.
                                                                 Pierre L’Aretin
Ambition : nom noble donné aux besoins d’argent.
                                                                         Philippe Bouvard

514yx5r-3hl-_sx195_Je n’avais pas envie de trop réfléchir et j’avais un excellent souvenir du premier opus, léger et drôle, de cet auteur intitulé : »Le vignoble du Diable« .

Le cadavre d’une femme inconnue et dénudée au milieu des vignes et la disparition depuis plusieurs semaines d’Eric Pillorget, surnommé le Duc du Beaujolais, laissant son importante entreprise viticole anéantie, font jaser tout le Beaujolais. La nature et les affaires ayant horreur de la vacuité, la succession doit se faire, en dépit du fait que son corps n’a jamais été retrouvé, seulement, les divers actionnaires ne s’entendent pas sur l’avenir de ce fleuron  de la viticulture.

Jacquemin, le fils ainé avec son épouse Noémie, Déborah la fille avec son austère mari Wlfrid, souhaitent vendre à un consortium chinois pour réinvestir au pays des pandas.

Edmonde, l’épouse d’Éric, Jarry, le trésorier, souhaiteraient plutôt que le filleul d’Éric, œnologue reconnu, reprenne l’affaire.

Une décision finale devant être votée lors de la prochaine réunion du conseil d’administration, Edmonde et Jarry font appel à Archibald Sirauton, dont « l’allure d’un perroquet shooté, la barbe de corsaire,  le catogan, les bijoux exotiques et les vêtements sortant d’un bazar tibétain », ne font pas oublier qu’il fut un juge d’instruction reconnu, devenu depuis maire de St Vincent des Vignes et Président du syndicat viticole.

Qui était cette femme assassinée ?
Que c’est-il passé avec Éric ?
Quel est l’avenir de la propriété du Duc du Beaujolais ?

Dans cette follerie drolatique et arrosée de Saint-Amour ou de Morgon, voir de Julienas, Archi va devoir s’immiscer au milieu de cette lutte familiale pour éclaircir les mystères qui troublent sa région et c’est un nez, (mais non, pas celui de Cléopâtre) qui lui donnera la solution.

Philippe Bouin nous brosse une galerie de portraits hauts en couleur, de Pépé Pipelette, un vieux viticulteur dont le surnom explicite sa  qualité à Bougonne (idem), la cuisinière d’Archie en passant par le père Goma, le curé, originaire de Brazzaville qui distille certaines vérités souvent cocasses.
« Les jeunes ne se confessent plus.  Ils se vantent de leurs frasques sur des réseaux sociaux. »
ou encore :. Au prix où est l’essence, les péchés que j’ai absous ne méritaient pas le déplacement.

J’ai beaucoup aimé cet aphorisme de De Pépé Pipelette : « Si on écoutait les docteurs, les cimetières seraient pleins de vivants condamnés à crever de soif. »

Je terminerai sur cette sentence d’Archie : « Que Dieu le veuille ou non, l’argent n’a pas de religion. »

PS : On se cultive aussi, saviez-vous que Saint Aignan est le patron de teigneux, saint Urbain celui des ivrognes et enfin saint Gengoux celui des cocus.

PPS : Je ne pouvais quand même pas rater un livre où un chat se nomme Papou.

Vous pouvez aussi prendre l’opinion d’ Yv,  de l’Oncle Paul, et de Claude Le Nocher.

Les chais des ambitieux, Philippe Bouin, Presses de la Cité, 2014, 324 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une robe attrayante, une saveur fruité ne laissant après lecture qu’une envie de trinquer de nouveau.

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4 réflexions au sujet de « *** « Les Chais des ambitieux » de Philippe Bouin »

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