**** « L’enfant grec » de Vassilis Alexakis

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Pourquoi choisir un livre plutôt qu’un autre. Cette question ayant déjà fait l’objet d’au moins un billet, je n’y reviendrai donc pas.


Cependant, une question me chicote l’intellect, me taraude les neurones, me bouleverse l’entendement : Peux-t-on aimer un livre qui ne correspond pas aux raisons de notre choix ?

Comme je ne voudrais pas vous laisser au milieu du gué à vous demander si vous allez vous noyer dans une réflexion aussi profonde qu’une fosse abyssale ou si l’eau est trop froide pour y penser, je vous l’affirme sans délai : Ce livre en est la preuve.

Je ne connaissais pas l’auteur mais, si vous additionnez son patronyme, le titre du bouquin et mes origines maternelles, vous comprendriez l’éveil de ma curiosité. Une envie de soleil hellène, de la  sonorité  de ce langage que je reconnais toujours même si je ne le comprend pas, d’ouzo, de moussaka, de café improprement qualifié, selon mon papou*, de turc**.
*Et oui ! J’en ai eu un aussi.
**J’ai oublié la retsina. Ah ! la retsina.

Je me suis installé confortablement.

Et ce bouquin au lieu de me plonger dans la chaleur d’une enfance Grecque m’a emporté dans les rencontres réels ou oniriques d’un vieil écrivain d’origine hellène, arrivé en France à la fin de son adolescence, qui, d’ Aix en Provence, où il a été opéré d’une veine poplitée*, aux jardins du Luxembourg et son théâtre de marionnettes, repense à sa vie et réfléchit sur notre société.
*à vous de chercher, moi c’est fait

J’ai du mal à expliquer les raisons de mon attachement à ce récit.
Peut-être y ai-je trouvé l’écho de ma propre vie avec ce léger penchant, que donne un certain âge, à la résignation et au détachement qu’il faut rapprocher du fatalisme grec.

Que ce billet ne vous trompe pas, la lecture de ce roman un peu fou fut sinon joyeuse du moins souriante. Dans cette chronique douce-amère, l’humour pince- sans-rire de l’auteur s’amuse de petits évènements curieux ou drôles.

Deux extraits pour vous donner envie  :
– Je sais que son feuillage (du cyprès) reste silencieux même par grand vent. Contrairement aux autres arbres, il ne se plaint pas des intempéries, il ne gémit pas. Il ne plie pas non plus. Voilà pourquoi on le plante dans les cimetières : il est chargé d’enseigner la dignité aux familles.

– Je pense plutôt que les mots prêchent aussi bien le vrai que le faux, qu’ils n’ont aucune moralité, qu’ils ne font pas la différence. Je les soupçonne même d’avoir une légère préférence pour le faux.

L’enfant grec de Vassilis Alexakis, Stock, 2012, 320 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Les explications que donnent Vassilis Alexakis sur la situation en Grèce ne sont pas si surprenantes que cela.

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2 réflexions au sujet de « **** « L’enfant grec » de Vassilis Alexakis »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Mais tu ne réponds pas à la question (que je n’ai pas posée) as-tu déjà aimé un livre qui ne correspondait pas à tes attentes ?
      Le Papou

      Répondre

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