** « Le vrai cul du Diable » de Percy Kemp

 Baiser le cul du Diable quand il est frette*
(Faire quelque chose en temps et en heure)
Expression populaire québécoise dont j’aimerai bien connaitre l’origine

*rien à voir avec le livre.

kempQu’est ce que « le vrai cul du Diable » ?
Autrefois, on surnommait ainsi le miroir, outil de séduction, de provocation et surtout d’admiration égotiste.


J’aurai pu arrêter là ma lecture dès le premier chapitre et mon billet aurait été bien plus court voire même inexistant.

Seulement j’ai beaucoup de mal, contrairement à certain(e)s*, à abandonner un livre. L’avarice est un de mes vices et le verbiage, le seul défaut que j’accepte de reconnaitre.
*Je ne nomme personne mais j’ai les noms.

Donc, Je n’ai pas aimé le début ! Je n’ai rien compris aux réactions de cette femme qui, vers la fin de la trentaine, perd la face et la boule après avoir acheté un petit meuble d’angle vénitien du début du XVIIIe siècle, avec son miroir de Murano.

Le primaire ignare que je suis s’est buté à un langage savant, souvent pédant avec l’impression de redevenir le cancre près du radiateur qui n’a rien compris  au sujet, le dysleptique qui voit des mots différents de ceux qu’il lit.

« Au Sisu finlandais auquel elle nous avait habitués avait succédé alors chez elle un Angst des plus noirs tel qu’on en rencontre plus fréquemment de l’autre côté du golfe de Botnie. »

Je ne parle ni le finlandais ni le « botnien » et le Sisu m’est aussi étranger que l’Angst.

Un peu plus loin, il m’aurait fallu un dictionnaire psycho-médical.
« Elle souffrait désormais d’une forme singulière de dysmorphie corporelle qu’on pourrait appeler autoprosopagnosie. »
« Si les anorexiques se voient trop gras dans les yeux des autres et si les bigorexiques s’y voient trop chétifs…Anna, elle…était comme frappée d’agnosie virtuelle. »

J’ai commencé à me sentir patraque. Peut-être étais-je autoprosopagnosien sans le savoir. Mes recherches intensives sur les médias électroniques n’ayant donné aucun résultat tangible, je me suis rabattu vers ma médication habituelle, deux aspirines et trois gouttes de ravintsara.

Pourquoi insister alors ? Me direz-vous car je vous sens attentifs.

Parce qu’il me semble vous avoir déjà écrit que j’ai du mal à…gnagnagna et…
Parce que, après avoir fait abstraction du style, passer du temps à compulser les dictionnaires et le net et oublier les délires de l’héroïne, je suis tombé sur une intéressante et virulente critique sur la politique et les politiciens.

C’est devenu un propos vernaculaire, me direz-vous. Bien sur ! Mais avec des formules si creuses et si « politiquement correctes » qu’en général les critiqués arrivent à les utiliser pour justifier leurs actions, ce n’est pas le cas cet auteur.

« Il n’avait pas compris que le terrorisme n’était pas une maladie honteuse qu’on traitait en cachette, mais une épidémie qu’on combattait publiquement. Publiquement et avec le public. »
…loin de livrer une guerre secrète aux terroristes, l’État se devait de leur livrer une guerre ouverte, une guerre transparente qui lui permettrait d’embrigader la société qu’il était censé protéger et qui le protégerait à son tour en assurant sa pérennité.
…cette guerre que l’on ne pouvait évidement pas perdre, on ne pouvait pas plus la gagner. Qu’on devait donc faire avec et en tirer le meilleur profit.
…Il ne se rendait pas compte que le dispositif Vigipirate n’était pas là pour protéger le public mais pour lui rappeler la présence de l’État.
Les électeurs avaient la mémoire courte et si un électeur terrorisé était un électeur reconnaissant, un électeur ne vivant plus dans la peur était un électeur ingrat.
Dans cette guerre-là, ce n’était pas les résultats qui comptaient, mais le sentiment d’insécurité qu’elle générait.
…pour chaque victime du terrorisme, il y avait des milliers d’honnêtes gens -fonctionnaires, militaires, universitaires, experts, détenteurs de brevets, gestionnaires de portefeuilles financiers, juristes, journalistes, cinéastes et romanciers- qui, eux, en vivaient. Et grassement.

Surprenant ! Aucun vocable scientifique ou pseudo-scientifique dans cette partie n’est venu bloquer ma respiration et maltraiter ma compréhension.

Les explications sur l’utilisation du terrorisme par les instances politiques seraient donc plus intelligibles par l’électeur lambda ou par le cancre près du radiateur que la vision déformée d’un visage dans un miroir.

P.S. : Se cacher dans un miroir n’intéresse plus le Diable, il a beaucoup plus de succès dans le machiavélisme des dirigeants.

Mâme Yue Yin l’avait chroniqué au Moyen-âge, plus exactement en 2009 ainsi que Mâme Cuné, à la même époque.

Le vrai cul du Diable  de Percy Kem, Le Cherche Midi, 2009, 166 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Dans le premier chapitre, on trouve une nouvelle façon d’utiliser une brosse à dents. Pour améliorer votre libido, je vous conseillerai plutôt de lire ceux et celles qui, sur leurs blogs, affirment que : « Le mardi c’est permis. »

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6 réflexions au sujet de « ** « Le vrai cul du Diable » de Percy Kemp »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Merci de ta visite ! Sais-tu que je n’arrive plus à t’envoyer mes commentaires. Heureusement l’Héritière, à son retour de ses pérégrinations sauguenéennes, devrait pouvoir m’expliquer. En passant, elle m’a traité de quiche carrée avec mes problèmes d’électronique. Je me demande si c’est un compliment ?
      Le Papou

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