** « Le vignoble du diable » de Philippe Bouin

 Pour savoir qu’un verre était de trop, encore faut-il l’avoir bu.
Courteline


51IXbvY-gDL._SX307_BO1,204,203,200_Un poète, un poète anglais* qui plus est,  l’a écrit : Le vin console les tristes, rajeunit les vieux, inspire les jeunes, soulage les déprimés du poids de leurs soucis.
*Lord Byron

Le beaujolais fait partie de ces nectars, pas le « nouveau », qui n’a que cet adjectif pour attirer le chaland snobinard ou ignare, mais ces appellations  reconnus comme les Brouilly, Juliénas, Saint-Amour, Morgon, Moulin-à-vent, et autres Chiroubles qui vous embaument les narines, vous exaltent les papilles et vous améliorent l’humeur.

Archie Sirauton est un ancien juge qui a repris la vigne de ses ancêtres du côté de Brouilly et  promène son allure hippy depuis ses aires de vinification jusqu’à la mairie du village de Saint Vincent-des-vignes, où il sévit aussi comme premier adjoint au maire.

Il parait évident qu’avec le choix de ce patronyme, l’auteur n’allait pas sévir dans le thriller noir, triste et glauque mais plutôt dans la gaudriole policière, le calembour approximatif et le jeu de mot débile*.
*je suis bon public.

un chien intelligent et artiste nommé  Tirebouchon, Bougonne, une excellente cuisinière spécialiste de l’andouillette et de la bougonnerie, d’où son surnom,  et Filoche, un ancien fripon que notre ancien juge a remis sur le droit chemin de la viticulture, forment le triumvirat permanent du vignoble autour du propriétaire. Oubliez le père sans éclat et la mère, originaire d’Albion, qui bafouille encore un franglais qu’aurait pu utiliser Charles Aznavour dans sa chanson : « for Me, formidable ». Ils n’ont aucune importance dans ce roman.

Dans ce village sans histoires sinon celles des rancunes familiales et des cocufiages rustiques, Archie se rend dans un vignoble dont le propriétaire, et accessoirement premier magistrat de la commune,  vient d’être  retrouvé maladroitement égorgé et entouré de signes cabalistiques qui semblent directement reliés au nom de l’endroit, le Vignoble du Diable.

Le fils d’un viticulteur est victime d’un attentat qui l’envoie à l’hôpital et celui d’un autre de trois balles qui lui font visiter la morgue.

Des haines ancestrales, une secte occulte dirigée par un ancien chercheur en biologie humaine déjà condamné pour des expériences interdites, l’ancien propriétaire du Vignoble du Diable décédé en prison, un cambrioleur dont on n’a jamais trouvé le butin et des trafics reliant l’Italie au Beaujolais sont les divers éléments que notre héros va devoir démêler ou assembler au fur et à mesure de ses découvertes avec l’aide des gendarmes et en contrôlant les actions imbéciles du chef de la police judiciaire du coin.

Heureusement, de son métier précédent notre ancien juge a déjà rencontré la sottise et la cupidité de l’humanité, connait les lois sur le bout des doigts et la vigne jusqu’à la pointe des pampres.

Philippe Bouin s’est bien amusé, moi aussi. 

Ça et là, il glisse du patois beaujolais, souvent compréhensible mais parfois aussi énigmatique que du moldave septentrional ou troublant comme des faux amis grands-bretons. Ça peu énerver le lecteur affamé. Comme je suis bon prince contrairement à cette « barraque* » ou  « cul d’ail »* d’éditeur qui n’a rien mentionné, vous trouverez les définitions à la fin du livre.
*mauvais ouvrier
*imbécile

Claude d’Action Suspense est responsable de cette lecture, son billet est  ici.

Le vignoble du Diable de Philippe Bouin, Presse de la Cité, 2013, 314 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je n’ai pas tout compris dans les problèmes agraires des viticulteurs mais comme je ne serai jamais autre chose qu’un consommateur…

 

 

Be Sociable, Share!

10 réflexions au sujet de « ** « Le vignoble du diable » de Philippe Bouin »

  1. Claude Le Nocher

    Merci Le Papou
    Je n’interviens chez toi qu’infiniment rarement, mais je sais bien que tu as de saines lectures (dont Hervé Jaouen, récemment). Les comédies font du bien de temps à autres, non ? (surtout après un John Connolly, remarquable mais bien glauque).
    Amitiés.

    Répondre
    1. jpvalentin Auteur de l’article

      De rien Claude ! Moi aussi j’interviens de plus en plus rarement ce qui ne m’empêche de prendre des notes.
      Amicalement
      Le Papou

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *