**** « Le temps du déluge » de Margaret Atwood

Une fois tombé dans le puits de la connaissance, on ne pouvait que descendre vers le fond, accumulant le savoir sans jamais gagner le bonheur.
                                                          Margaret Atwood
« Le temps du déluge »

temps+du+deluge2013, j’ai lu et apprécié « Le dernier homme ».
2014, je me régale avec « La servante écarlate » et je commence à éprouver des sentiments très forts pour les dystopies de Margaret Atwood.

Octobre 2015, dans ma librairie toulousaine préférée je trouve et j’achète, sans lire le résumé, « MaddAdam » pour une future lecture hivernale.
Janvier 2016, je lis sur la 4ème de couverture : « Margaret Atwood conclut magnifiquement le cycle commencé avec « Le dernier homme » et « Le temps du déluge »
« Culotte de zouave et patte de canard ! » Je n’ai pas lu que dis-je, je ne possède pas ce dernier tome qui semble se situer au mitan des deux autres.

Heureusement l’Héritière m’a sauvé*.
*encore !

Dans mon billet sur « Le dernier homme », j’écrivais : « Je ne suis pas sorti indemne de cette lecture ».
Trois ans plus tard, après « le temps du déluge », j’ai encore plus de mal à réintégrer la réalité. Je me rends compte aussi que je n’ai pas tout compris ni tout assimilé.

Il faut dire que tout est prévu pour nous emmêler. Les informations sur ce monde en déliquescence foisonnent, les personnages changent de nom, les aventures se chevauchent, les retours en arrière sont nombreux et s’intercalent avec les diverses situations provoquées en l’An 25 par le « Déluge des Airs », une peste mortelle qui se propage par simple contact.

Snowman était le Dernier Homme. On le retrouve sous son vrai nom de Jimmy. Ce n’est pas l’adolescent le plus charismatique ni le plus sérieux dans ses relations amoureuses mais c’est celui qui va survivre et s’occuper des Crakers.

« Le temps du déluge » se passe durant les 25 années qui ont précédé « Le dernier homme ».
Des Corporations sans scrupule, protégées par une police privée, le CorpsSeCorps, explorent et développent sans modération toutes formes scientifiques et technologiques sans tenir compte des conséquences éthiques ou sociales. Ils créent des animaux bio-génétiquement modifiés comme les « porcons » qui, grâce à des cellules humaines,  peuvent être utilisés pour des transplantations d’organes et promeuvent  la commercialisation de la sexualité en utilisant leurs nouvelles drogues.

Des sectes résistent pacifiquement en prônant le retour à la nature et en refusant de tuer et de manger des animaux. Les Jardiniers de Dieu, dirigés par Adam Premier, n’en sont qu’une parmi d’autres. Deux adeptes, Toby et Ren, vont échapper à la peste en se retrouvant dans deux lieux différents et fermés.

Ce sont leurs passés et leurs problèmes de survie qui forment la trame centrale du roman dans ce monde envahi par le kudzu* qui prolifère et bouleversé par un soleil brûlant et des orages cataclysmiques.
*Plante envahissante incroyablement vivace.

De dangereux animaux modifiés, loupschiens, serprats, liogneaux, parcourent les lieux abandonnés, tandis que les « ToisonsdOr » paissent et éclairent le paysage de leurs couleurs éclatantes, rose, bleu ou pourpre.

Après « La route » et « Le temps du déluge » je me sens légèrement déprimé surtout quand les actualités nous montrent chaque jour que nos incompétences, nos idées sectaires  ou notre cupidité  pourraient aboutir à notre destruction.
J’espère que MaddAdam amènera quelques espoirs.

PS : J’ai adoré les enseignes des sociétés créées par les Corporations pour attirer les chalands en leur vendant des produits dont on ignore les provenances: SentéGénic, Balneo-NouvoMoi, Réjouven, Cafésympa, SecretBurgers, Zécailles et ses Zécâlines, les Plebezones, Painball.

PPS : Dans leur insouciance des conséquences, les Corporations ont construit le fameux « Mur » pour arrêter les réfugiés*.
*Et, je ne trouve même pas ça drôle.

Le temps du déluge de Margaret Atwood, Robert Laffont, 2012, 468 pages, Dystopie
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Pour ceux qui, comme moi, se sont sentis perdus par la complexité des deux premiers tomes, le résumé au début de Maddadam apporte des éclaircissements plus que nécessaires pour terminer le cycle. Mais ne vous jetez pas dessus, appréciez les autres auparavant, vous n’en serez que plus heureux.

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10 réflexions au sujet de « **** « Le temps du déluge » de Margaret Atwood »

  1. XL

    ok je les note, je me dis que je dois découvrir Margaret Atwood depuis un certain temps et puis j’aime quand c’est compliqué eh eh belle soirée, journée ?

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Belle journée qui commence dans la tempête de neige et le blizzard. À part ça, merci de tes commentaires.
      Le Papou

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Cela dépend jusqu’où cela t’entraine. Exemple : La connaissance de l’ énergie atomique aboutit aux bombes.
      Le Papou

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Bonjour Violette, celui-là est pire mais il faut le lire. C’est un des meilleurs romans post-apocalyptiques.
      Le Papou

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  2. Yueyin

    Le post apo faut avoir le moral au départ mais j’avoue celui-là me tente, c’est que j’aime Margaret Atwood et j’ai beaucoup aimé le dernier homme 🙂

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  3. keisha

    Figure toi que j’ai acheté ce livre en vO et m’y suis lancée sans même savoir que c’était un deuxième tome! Depuis je n’ai lu ni le 1 ni le 3, c’est ballot. J’avais bien aimé pourtant!

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      MadAddam le no 3 est la suite de celui-là. Quand au no1, il se passe après ou avant ou pendant… oui, ça a l’air compliqué…et ça l’est mais pas trop. C’est plus difficile à expliquer.
      le Papou

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