*** « Le poignard et le poison » de Marc Paillet

Lorsqu’on cherche par cupidité à avoir plus que l’on n’a, on perd même ce qu’on possède.
                                                                                                                                   Esope

cvt_le-poignard-et-le-poison_3212Charlemagne a  beaucoup guerroyé pour  agrandir son empire du nord de l’Europe jusqu’en Espagne et en Italie.

Malgré cette soif de conquête, il demeure celui qui a créé un état modernisé et centralisé, basé sur le gouvernement des comtes et des marquis (aux frontières), harmonisant  les lois, privilégiant les études et créant le système de contrôle des missi domenici, sorte d’inspecteurs  itinérants, instruments redoutables du pouvoir, chargés de faire respecter les lois et de s’assurer du juste paiement des taxes pour le royaume.

Ces missi dominici voyageaient toujours par deux, un représentant de l’église et un noble séculier.

En 796, en plein hiver, Erwin et le comte Childebrad se rendent à Autun pour enquêter sur diverses plaintes de l’évêque à l’encontre du comte d’Autun,  qui se serait emparé, par cautèle et force, de la jouissance de quatre domaines en spoliant l’évêché.

Le saxon Erwin appartient à cette élite de savants, d’érudits et d’experts que Charlemagne a réunis autour de lui.

Le conte Childebrand est un digne représentant de la noblesse guerrière de cette époque. C’est un colosse impressionnant, imbu de sa force et de  ses prérogatives, qui va apprendre à apprécier l’ascétique Erwin.

Contrairement aux us de cette époque, Erwin ne se  contente pas  d’aveux, « éventuellement extorqués par la torture, de témoignages même douteux, de jugements de Dieu par les braises ou l’huile bouillante », il  exige avant tout des preuves.

Durant leur voyage hivernal difficile, ils vont croiser le frère Antoine, un moine pansu et malin, aimant le jus de la treille.

Arrivant à Pouilly*, ils apprennent qu’une femme de notable a mystérieusement disparu.
*Lieu de légende, d’où vient le  Pouilly-fumé.

À Autun, lors du banquet d’accueil, Aldric vicomte d’Autun, meurt, empoisonné et percé d’un coup de dague.

Aldric était de basse extraction, après  un premier mariage à Feurs avec Anne qu’il a répudié pour incapacité d’engendrer, il était devenu l’époux de  la noble Oda de haut lignage.

Très rapidement nos deux missi dominici comprennent qu’Aldric et l’intendant Bodert ont exploité et surtaxé la région,  causant la misère de beaucoup et l’apparition de brigands dirigés par Doremus, un moine défroqué.

Qu’est devenu Cosme, le fils caché d’Anne et d’Aldric ?
Quelles étaient les responsabilités du comte d’Autun ?
Qui a empoisonné Aldric et pourquoi ?  Et qui l’a embroché ?

Tout sera dévoilé lors d’un procès dirigé par Childebrand et Erwin qui expliquera aussi la disparition mystérieuse de la femme de Pouilly.

Le billet de Dame Yue Yin.

PS: J’aime les romans policiers historiques et j’ai adoré celui-ci de Marc Paillet.

Le poignard et le poison, Marc Paillet, 10-18, 1997, 253 pages, policier historique
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : L’ambition et la cupidité forment un binôme sans fin.

 

 

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4 réflexions au sujet de « *** « Le poignard et le poison » de Marc Paillet »

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