*** « Le justicier d’Athènes » de Petros Markaris

 Phidias, Périclès, Socrate, nous mourrons pour ne pas voir vos descendants, ces salopards.
Salut.

9782021118001Après une histoire qui me rappelait la situation au Moyen-Orient*, l’actualité, cet éternel  roman du quotidien où l’homme refait systématiquement les mêmes erreurs, m’a martelé les neurones avec les problèmes de la Grèce.
*Shlomo le Kurde

Plutôt que de continuer à entendre les élucubrations de pseudo spécialistes, autant plonger dans le  roman policier d’un auteur grec dont les enquêtes se déroulent en 2011  dans un pays déjà en déliquescence, situation qui n’a pas dû s’améliorer depuis.

Comme c’est un roman policier, Il y a plusieurs victimes et un assassin.  Mais tous les morts ne sont pas causés par  « Ce percepteur national », qui utilise la cigüe pour ses meurtres et choisit ses victimes parmi les fraudeurs de l’impôt.

Le travail de l’inspecteur Charitos ne consiste pas uniquement à enquêter sur des meurtres, mais aussi à vérifier toutes morts suspectes comme les suicides de ces quatre femmes, abandonnées par leur mutuelle et dont les retraites ont été réduites :
« Nous avons compris que nous étions un poids pour l’État, les médecins, les pharmaciens et toute la société. Nous partons pour vous éviter cette charge. Quatre retraités en moins, cela vous aidera à mieux vivre. »

Ou, sur le Parthénon, pour celui de deux jeunes adultes : « Marina est diplômée en psychologie et j’ai un master d’histoire…Marina avait un CDD dans une institution mais on l’a licenciée. Quand à moi, je n’ai jamais trouvé de travail… il ne nous reste que le suicide…Phidias, Périclès, Socrate, nous mourrons pour ne pas voir vos descendants, ces salopards. Salut. »

Charitos est un homme tranquille qui essaie de survivre au milieu du désordre et des manifestations tout en étant tiré à hue et à dia par plusieurs personnes. Ses directeurs, qui lui ont promis de l’avancement, ce qui serait une aubaine à un moment où on prévoit plus de coupures que d’augmentations, des ministres qui sont impliqués par le tueur, et enfin sa fille, Katarina qui a décidé d’accepter une offre pour travailler en Afrique, déclenchant la colère d’Adriani, son épouse, et des parents de son gendre.

Les cadavres s’accumulent, le tueur reste insaisissable et devient, pour la population, le Robin des Bois du fisc en forçant les fraudeurs à payer à l’État les sommes qu’ils ont dissimulées .

On peut se poser des questions, rester indifférent ou laisser une population entière mourir moralement et physiquement., étranglée autant par ses propres politiciens que par des financiers sans états d’âme qui après avoir tondu le troupeau jusqu’à la peau sont prêts à l’écorcher sans scrupules*.
*Le devoir d’un bon pasteur est de tondre le troupeau non de l’écorcher. (Suétone)

Charitos et son équipe trouveront l’assassin, ses problèmes familiaux s’amélioreront. Quand à la Grèce, quatre ans plus tard…je retourne à  la télé.

Pour les billets de Sharon, de DasolaLa Petite SourisClaude,  viser leur nom et peser avec votre index sur le côté gauche de votre souris.

Le justicier d’Athènes de Petros Markaris, Seuil, 2011, 260 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ce roman nous oblige à réfléchir. Une telle situation pourrait survenir n’importe où si nous laissons les financiers dicter notre vie.


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6 réflexions au sujet de « *** « Le justicier d’Athènes » de Petros Markaris »

  1. La Petite Souris

    bonjour et merci pour le lien ! je ne connaissais pas qui plus est ton blog, c’est maintenant chose faite ! Les romans de Markaris sont excellent pour approcher, du côté « humain », une situation qui passerai presque pour une télé-réalité pour nous, tant les journaux s’excitent à nous vendre ça comme un feuilleton.Mais on oublie que derrière les soubresauts d’une histoire qui n’en finit pas ce sont des hommes et des femmes qui souffrent ! Markari nous montre justement comment ce peuple fait front dans l’adversité, tout en gardant cette dignité que banquiers et autres rapaces de la finance voudraient bien voir fouler au pied !! A bientôt !

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