***  »Le codex du Sinaï » d’Edward Whittemore

On croit que les rêves, c’est fait pour se réaliser. C’est ça, le problèmes des rêves : C’est que c’est fait pour être rêvé.
                                                                                                 Coluche

bm_2483_107592En lisant la préface, j’ai failli reposer le bouquin.
Je me sens parfois tellement béotien.
On y mentionnait : Élaboration rationnelle poussée jusqu’à l’absurde, délire paranoïaque, séduction du mentir-vrai, et copie plus ou moins conforme de la réalité commune,  histoires incroyables trop logiques pour procéder de l’onirique ou du fantastique qu’il ne faut pas prendre au sérieux mais qui sont tragiquement sérieuses révélant l’absurdité irrémédiable de la condition humaine et (plus loin dans le texte) des faux semblants du monde et de notre insondable propension à la crédulité.  J’oubliais la fin, ‘’le fait littéraire prime sur le mimesis* supposée’’.
*Primo, selon Larousse, mimêsis** serait féminin et s’écrit avec un petit chapeau (^), secundo, mes lectures sur les philosophes grecs sont bien trop antiques pour me souvenir des termes qu’ils ont créés.
**Faut bien essayer de comprendre ce qui nous est inconnu ou oublié!

Bon, me suis-je dit, une préface n’est pas le roman et comme j’y est trouvé aussi ‘’uchronie’’, personnages plus grands que nature aussi fascinants qu’invraisemblables et révélation sismique. Alors, j’ai essayé.

Dès le premier chapitre je me suis aperçu que le préfarceur (oups), je voulais dire le préfacier, n’avait pas menti avec ses personnages plus grand que nature.

Nous faisons connaissance avec un  Duc de Dorset de deux mètres trente, descendant des Plantagenet, au prénom surprenant de Strongbow qu’on pourrait traduire par ‘’arc vigoureux’’, ou après lecture par ‘’nœud vigoureux’’.

C’est le premier fou*, le deuxième est le fils d’un ex généralissime du Saint Empire Romain Germanique du nom de Wallenstein devenu un riche propriétaire terrien albanais, le troisième est d’origine irlandaise et se nomme Joe (Joseph Enda Columbkille Rieran Kevin Brendan) O’Sullivan Beare, un des premiers combattant pour l’Irlande libre.
*Dans le sens de cette citation de Suzanne Curchod :
Les fous et les sots ne connaissent point de moyen terme entre les extrêmes.

Tous les trois vont à des époques différentes vivre, trafiquer et aimer dans le Moyen-Orient et surtout dans Jérusalem.

Ayant encore été accusé de spoilage dans mes dernières chroniques, je ne vous dirai rien des liens qui unissent Strongbow, Wallenstein, Joe, les écrits saints et la situation géopolitique du Moyen-Orient.

Que puis-je dire alors  sans faire des révélations qui me feraient passer sous les fourches   caudines des tontons-macoutes anti-spoil ?

Il y a un homme prénommé… Catherine, un mendiant, hadj Harun, qui raconte sa vie  depuis plus de trois mille ans, un juif arabe ou un arabe juif nommé Ya’qub, Maud une patineuse sur glace américaine et Stern, un militant sioniste

Et puis outre Jerusalem, il y a Smyrne et son massacre, qui me touche personnellement.

Je ne regrette pas d’être passé outre à mes réticences. J’ai aimé.

Je terminerai sur cette énoncé freudien  dont l’humanité  a  fait, depuis toujours, une réalité quotidienne :

«  »Toute expédition militaire n’est que la manifestation détournée d’une maladie sexuelle, l’impuissance. »

Le codex du Sinaï, Edward Whittemore, Robert Laffont, 2005, 312 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Ce roman est un patchwork dans lequel chaque morceau n’est pas forcément relié à son voisin mais à plusieurs autres morceaux plus ou moins éloignés, formant une œuvre complexe et difficile à appréhender. Subtil !

 

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4 réflexions au sujet de « ***  »Le codex du Sinaï » d’Edward Whittemore »

  1. yueyin

    Tu es plus courageux que moi, je n’ai jamais osé écrire un billet sur ce roman, je le vois comme un conte oriental trash plus grand que nature mais avec tellement de choses, de références, d’allusions…

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Si tu savais combien de billets différents j’ai commencé, raturé, modifié, expurgé et je n’étais toujours pas content du résultat. Lady Agatha m’attendait pour un parcours de golf. Je me suis dit, alors, que quelque soit ce billet il serait toujours d’une banale banalité comparé à cette saga.
      Le Papou

      Répondre

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