*** Le cas Malaussène, tome 1 : « Ils m’ont menti » de Daniel Pennac

Les générations sont à l’homme vieillissant ce que les vagues sont aux falaises : usantes.

Après  dix-huit (longues) années d’absence. la tribu Malaussène est de retour..
Les premiers tomes de cette série policière déjantée racontaient  l’histoire (entre une multitude d’autres) de Benjamin, l’ainé de cette tribu bordélique, et de ses six frères et sœurs, tous nés  de pères inconnus et différents, abandonnés par la Mère dès que l’indifférence remplace la passion.

Sont arrivés, dans l’ordre et provoquant un joyeux désordre, Louna, Thèrèse qui prédisait l’avenir, Clara, qui adore photographier l’horreur quotidienne, Jeremy, qui baptise tous les nouveau-nés, Le Petit* et enfin Verdun**, qui, comme son nom ne l’indique pas, était (et est toujours)  de sexe féminin.
* « Aux bonheurs des ogres »
** « La fée Carabine »
J’allais oublier Julius le chien épileptique et nauséabond

Benjamin, bouc émissaire professionnel, s’est occupé de toute cette marmaille pendant les escapades amoureuses et prolifiques de la Mère.

Puis est survenue la génération  suivante, Louna a donné naissance à des jumelles et s’est éloignée de la famille, Benjamin a eu un fils, Monsieur Malaussène, abrégé en Mosma, qui peut se vanter d’avoir deux mères*, puis est arrivée Maracuja, dit Mara, la fille de Thérèse** et de deux géniteurs et enfin C’Est-Un-Ange abrégé en  Sept le fils de Clara***.
*  « Monsieur Malausène »
**  « Aux fruits de la passion »
*** « La petite marchande de prose »

Presque vingt ans plus tard, Benjamin, toujours bouc émissaire est devenu aussi l’homme à tout faire pour la maison d’édition qui avait fait paraitre ses livres. La petite Verdun, restée petite,  est devenue le sévère juge Talvern, juge par amour de la justice et Talvern par amour pour Ludovic son géant boulanger et breton.

Quant à Julius, troisième du nom, il a été  choisi parmi les descendants du premier pour sa principale qualité qui est de ressembler à son ancêtre  dans sa placidité et ses odeurs.

Deux histoires parallèles s’entrelacent dans ce nouveau tome.

Pendant qu’Alceste, le nouvel écrivain en vogue, vitupère dans ses œuvres sur ses parents et sur leurs dix enfants, tous adoptés,  Georges Lapieta*, ancien ministre de la République est enlevé alors qu’il allait toucher un parachute doré de 22 807 204 euros pour avoir fait fermer des filiales du groupe Lava en mettant  8300 employés au chômage.
* C’est le genre de type à se rouler dans la confidence comme un chien de ferme dans la fosse à purin.

Le divisionnaire  Joseph Silvistri et le capitaine Adrien Titus sont chargés de l’enquête.

J’aime Daniel Pennac qui n’hésite pas à faire un constat vitriolé d’une société gangrenée par l’argent et  la politicaillerie en utilisant des termes comme latifundisme ce qui m’oblige  à ouvrir un dictionnaire*.
*C’est même pas  vrai… maintenant je cherche dans l’ordi

 « Connaissez-vous un seul adulte, surtout parmi nos politiques, capable de témoigner aujourd’hui d’un tel degré de conscience sociale. »
Affirme Benjamin quand il apprend que les ravisseurs de Lapieta veulent obtenir et redonner aux bonnes œuvres le montant du parachute doré de l’affairiste, au centime prêt.

Sans oublier cette phrase d’un ministre:
« Le thème de tous pourris faisant le jeu des extrêmes, nous ne pouvons risquer une démoralisation aussi massive de notre électorat.*
*J’ai cru entendre le journal télévisé sur les prochaines élections présidentielles… mais non… elle était éteinte.

La saga Malaussène, c’est touffu, exubérant, voire excessif et  ce nouvel opus ne la dénature en rien. Toutefois les deux ou trois qui ne la connaissent pas encore devraient commencer par le premier tome « Au bonheur des ogres ». Sinon, ils se perdront dans la jungle labyrinthique et imaginaire de l’auteur.

Croyez-moi, le voyage en vaut la peine.

Ils m’ont menti, Daniel Pennac, Gallimard, 2017, 284 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Terminé le roman sur un « à suivre » est ignoble et peut énervé le lecteur qui va vivre dans les transes en attendant la suite.

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10 réflexions au sujet de « *** Le cas Malaussène, tome 1 : « Ils m’ont menti » de Daniel Pennac »

  1. xl

    j’hésitais encore par peur de la déception, tu m’as convaincue
    mais merci pour l’info
    Le bémol du Papou : Terminé le roman sur un « à suivre » est ignoble et peut énervé le lecteur qui va vivre dans les transes en attendant la suite.
    je vais attendre cette parution pour faire coup double !

    Répondre
    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Si Pennac fait comme pour la première série soi 6 tomes…tu n’es pas prête de le lire.
      Amicalement
      Le Papou

      Répondre
  2. dasola

    Bonsoir Le Papou, le mot « à suivre » est d’autant plus énervant que Daniel Pennac que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors d’une dédicace début mars nous a dit qu’il n’avait pas encore écrit la suite. En tout cas, cela ne paraîtra pas tout de suite. Bonne soirée.

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