**** « Le beau mystère » de Louise Penny

JLI5623262.1418899075.320x320Les premiers romans de Louise Penny se situaient dans le village fictif de Three-Pines, cet havre de tranquillité trop souvent troublé par une mortalité brutale et imprévisible.
J’ai déjà mentionné mon envie d’y boire une tasse de thé et grignoter quelques scones frais à condition, toutefois, de ne pas être à l’origine d’une nouvelle enquête.

Changement de décor pour ce nouveau roman qui se passe à Saint Gilbert-Entre-Les-Loups, un monastère caché au milieu d’une forêt sauvage , où survivent une poignée de « gilbertins », un ordre religieux qui, pourchassé par l’inquisition, s’était fait oublié depuis plusieurs siècles en s’exilant en terre canadienne.

Le prieur de l’abbaye a été retrouvé assassiné dans le jardin réservé à son abbé. Aucune route ne desservant le moutier, c’est en barque que nos enquêteurs s’y rendent.
L’inspecteur Armand Gamache est un homme calme, serein, sensible aux détails et aux intonations et forme  un duo efficace avec Jean-Guy Beaudoin, son vaillant et consciencieux adjoint.

Dans ce nouveau roman, deux idées semble avoir guidé Louise Penny. les relations dans un milieu cloîtré bien différent d’un village ordinaire et l’amour de la musique religieuse, ou pour être plus précis des chants grégoriens.
Certes l’assassin et les raisons de son geste seront trouvés mais l’importance du récit tient plus dans la psychologie des personnages voués au mutisme où chaque geste, chaque expression du visage, chaque silence même possède une signification difficilement compréhensible pour des étrangers.

La musique a une immense importance dans cette nouvelle. Le premier enregistrement des chants du monastère a eu un énorme succès commercial permettant une nette amélioration de la vie des moines, mais  provoquant aussi une scission au sein de la communauté. Certains approuvaient l’idée du prieur d’en faire un deuxième tandis que d’autres demeuraient fidèles à leur abbé qui s’y opposait.

Cette dissidence dans un lieu de prières a-t-elle provoqué le geste fatal qui coûta la vie à un de ses membres ?

Depuis le début de cette série, nous savons que les supérieurs de Gamache, responsable de l’arrestation et de la condamnation d’un des leurs, veulent le détruire. C’est à travers Beaudoin, profitant de sa faiblesse physique et de son sentiment de culpabilité pour ne pas encore avoir avouer à son mentor qu’il entretient des relations avec sa fille, que le directeur Francoeur va porter de nouveaux coups .

Une ambiance sotto voce dans une enquête qui évolue pianissimo  et progresse sforzando jusqu’au final dramatico.*
*J’aurai pu aussi vous dire qu’un Gamache « ostinato » essaie de comprendre ces chants « a capella », mais je reste humble dans mes connaissances plus que « leggieri ».

P.S. : L’abbé est un moine  élu par ses pairs pour diriger un monastère
Le prieur est choisi par l’abbé pour le seconder. Il est chargé du spirituel.

Le beau mystère de Louise Penny, Flammarion, 480 pages, Policier.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Il n’est pas indispensable de connaitre la musique pour apprécier le roman mais huit ans de solfège m’ont passablement aidé et puis…j’aime les chants grégoriens.

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4 réflexions au sujet de « **** « Le beau mystère » de Louise Penny »

  1. yueyin

    C’est le seul de la série que je n’ai pas aimé, j’ai même eu du mal à le finir (en fait j’ai sauté des pages tellement je m’ennuyais… j’ai eu un soupir de soulagement en lisant le suivant, j’avais eu peur que la magie s’en soit allée pour moi 🙂

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Je l’ai trouvé pas mal. J’ai du faire des recherches sur les gilbertins. j’aime bien apprendre des choses nouvelles.
      Bises
      Le Papou

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