*** « L’amie prodigieuse » Elena Ferrante

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.
                                                                                                              Charles Aznavour

Voilà ! C’est fait !
J’ai lu la première  partie de cette série qui a enchanté la blogosphère. En général, je me méfie de ces engouements;  Peur d’être déçu certainement mais encore plus  peur de me sentir  exclu.

Mon  club l’avait choisi  comme lecture commune pour septembre et comme septembre s’annonce… je me suis donc lancer, un peu à reculons, je l’avoue.

Et…
Je ne suis pas déçu, mais je n’ai pas ressenti cet enthousiasme  dithyrambique qui m’avait  fait peur.

À  la fin des années cinquante, deux petites filles, vivant dans un quartier défavorisé de Naples, deviennent amies. Une cinquantaine d’années plus tard, Lenu, l’une d’entre elles, raconte leur histoire depuis leur rencontre, en première année d’école, jusqu’au moment où, à peine sorties de l’adolescence, leurs vies va complètement  changer.

Lila est la rebelle, vive, intelligente  et Lenu, l’imitatrice, le disciple, la bûcheuse appliquée. Leur institutrice   va être l’origine inconsciente  de leur transformation en obtenant difficilement l’accord des parents de Lenu pour qu’elle  poursuive ses études.

Leurs vies se déroulent  jusqu’à la fin de l’adolescence avec ces peurs, ces bêtises infantiles, ces petites aventures quotidiennes, ces relations parentales souvent difficiles, (nous sommes au milieu du XXe siècle), ces premiers émois sexuels et ces us et coutumes relationnels où celui qui possède quelques biens dominent les autres.

Sortir de la misère ne peut s’obtenir qu’en quittant son quartier, en abandonnant ses amours de jeunesse et ses amis. Mais, si vous pouvez oublier  le lieu de votre enfance, celui-ci ne vous oublie jamais.

J’ai bien aimé le contexte social  de ce Naples qui, loin des clichés  et des images touristiques nous offre la misère ordinaire de ses habitants sans instruction qui parlent leur dialecte et sont  imprégnés de ce sentiment inéluctable que, quoiqu’ils fassent, rien ne changera.

Avec les émotions de Lenu, j’ai retrouvé une grande partie de ma jeunesse (dans un milieu ouvrier pas aussi misérable) qui s’est déroulée durant la même période, avec ces doutes, ces hésitations, cette oscillation  permanente entre les études et les copains*, cette sensation d’être toujours différent sans le vouloir et ce désir inconscient de rester toujours le même.
*voir le bémol du Papou

Cet ouvrage, que je suppose  être en grande partie autobiographique,  pourrait être raconté par de nombreux enfants nés pendant ou à la fin de la guerre avec le décor comme seule différence. L’excellente écriture d’Elena Ferrante brosse un tableau très vivant de Naples et des napolitains, tableau qui m’a  captivé plus que l’histoire somme toute banale.

Pour les nombreux avis  cliquer sur le nom de leurs auteures : Violette,  Papillon, Clara,  Sylire, Noukette,  Lucine, Les 2 bouquineuses, Titine, Karine, etc…désolé pour celles que j’ai oubliées

L’amie prodigieuse, Elena Ferrante, Gallimard, 2014,
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol (émotionnel) du Papou :  La prime enfance est ce qui nous marque le plus. Ils sont toujours  restés dans ma mémoire, Blanchebarbe, Nez-de-bœuf, Moustique, Cahier, Jean-Mi, Jimmy et les autres. Par contre, j’ai pratiquement oublié la plupart de ceux qui sont venus après.

 

 

 

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