** « L’affaire Jane Eyre » de Jasper Fforde

cvt_Laffaire-Jane-Eyre_2798C’est une uchronie fantastiquement dystopique, fantasmagorique aurait même adjectivé Salvador Dali en lissant sa moustache tel un Poirot espagnol.

Dystopie, uchronie, j’utilise des mots savants bien éloignés des notions de mon C.E.P.* apprises une douzaine de lustres plus tôt.
La lecture culturise, c’est connu.
*certificat d’étude primaire.

Avoir la possibilité de s’introduire dans un livre, pour en devenir un des personnages, peut paraitre intéressant à certains ou certaines. En y réfléchissant, pas trop longtemps, je n’en ai pas trouvé un seul qui me plairait sauf, peut-être, « les trois mousquetaires » mais je suis vraiment trop poche* à l’épée.
*mauvais au Québec

Uchronie donc, la guerre de Crimée dure depuis 175 années même si on ne s’y bat pas souvent, un tsar dirige toujours la Russie et Winston Churchill, pressenti pour diriger l’Angleterre, est mort jeune.

Dystopie car ce monde est plus ou moins contrôlé par « Goliath », un organisme financier  dont le but avoué est d’aider ses contemporains et l’inavoué de s’enrichir encore plus, et par des services policiers très compartimentés dont les OpSec-27 ou Littéra-Tecs, dont fait partie Thursday Next notre narratrice qui s’occupent des crimes littéraires.

Fantastique car on peut voyager dans le temps, ce que ne manque pas de faire le père de notre héroïne pourchassé par les OpSpec-12 autrement nommés ChronoGardes.

Au commencement, « l’affaire Jane Eyre » ressemble à un livre normal sauf l’impression à peine ressentie de petites touches, toutes petites, d’anormalité.

Et puis cela déjante pas mal et comme mes connaissances sur la littérature anglaise du XIXème siècle équivalent à une bulle pointée, (ce n’était pas au programme du CEP), je me suis promené dans cette loufoquerie avec un certain plaisir sans trop comprendre les origines romanesques mais en appréciant la loufoquerie de l’action.

Et puis des vers pas poétiques mais vivants et frétillants, (il n’est pas précisé s’ils sont plats (platodes), ronds (nématodes) ou annelés (annélides), qui bouffent de la littérature et sont utilisés pour réécrire des textes, c’est au-delà de la loufoquerie moyenne.

Un peu d’amour, quelques décès violents, des dodos comme animaux de compagnie et une héroïne courageuse voire téméraire, amoureuse voire stupide comme peuvent l’être ceux qui aiment, nous entrainent dans une saga contre un méchant très méchant, ancien professeur de littérature (c’est mon deuxième prof de littérature devenu assassin, comme quoi la littérature peut être dangereuse), mélange d’Arsène Lupin, de Fantômas, de Frankenstein et de l’ineffable et odieux Furax*.
*On a l’instruction que l’on peut   voir P.S.

PS : Signé Furax fut un des feuilletons radiophoniques les plus écoutés dans les années 50 dont les auteurs regrettés étaient Pierre Dac et Francis Blanche.

Le billet de Mâme Yue Yin est ici. Sylire n’a pas aimé, Théoma si, et Grominou itou.

L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde, 10-18, 2005, 408 pages, Roman loufoque
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je regrette l’oubli où est tombé Pierre Dac.
« Si la fortune vient en dormant, ça n’empêche pas les emmerdements de venir au réveil. »
Pierre Dac

« On appelle voiture d’occasion une voiture dont toutes les pièces font du bruit sauf le klaxon. »
Pierre Dac

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4 réflexions au sujet de « ** « L’affaire Jane Eyre » de Jasper Fforde »

  1. yueyin

    Ahhhhh la seule héroïne qui s’appelle jeudi prochain 🙂 j’ai beaucoup aimé cette série même si je me suis arrêtée au bout d’un moment mais pas volontairement juste parce qu’il fallait attendre que paraisse le prochain 🙂

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