**** « La servante écarlate » de Margaret Atwood

8425_784803J’ai l’habitude de noter les passages que j’aime, qui m’enseignent quelque chose, qui m’énervent et surtout qui m’oblige à réfléchir.
Parfois, lorsque ma lecture est d’une lenteur paresseuse, je prends la peine d’utiliser de jolis petits marque-pages de couleur.
Sinon, cette bonne habitude est desservie par une très mauvaise, je corne les pages.
*De mes bouquins seulement.

Chaque corne double l’épaisseur de la page. Tout ça pour vous dire qu’à la fin, ce bouquin avait pratiquement doublé d’épaisseur* tant j’ai aimé l’histoire, le style et la créativité.
*J’exagère à peine

Dans cette dystopie, les guerres, la liberté sexuelle, responsable de la dénatalité et des violences, et la pollution ont  facilité l’avènement d’un régime totalitaire théocratique dominé par les hommes.
Les femmes sont divisées en trois classes principales: Les Épouses (des dirigeants) qui possèdent un embryon de pouvoir chez elles, les Marthas qui entretiennent la maisonnée et les Servantes Écarlates qui servent à la reproduction. Presque toutes les autres, sauf exception*, sont déportées dans les Colonies où elles manipulent des déchets toxiques.
Ce monde est contrôlé par  les Anges (soldats) et les Gardiens (policiers) et espionné par une multitude d’Yeux (délateurs).

*surveillantes, formatrices ou gardiennes

Defred est une Servante Écarlate.
« Souliers rouges à talon plat, gants rouges, tout est rouge sauf les ailes blanches encadrant le visage, une ample jupe jusqu’aux chevilles, empiècement plat qui recouvre les seins et les manches larges. »

Son ancien nom a été changé et son nouveau comprend la préposition possessive « de » accolé au nom de celui à qui  elle a été   attribuée. Pour ne pas sombrer dans la neurasthénie suicidaire, elle se remémore son passé.
« La santé mentale est un bien précieux, Je l’économise comme les gens économisaient jadis de l’argent, pour en avoir suffisamment, le moment venu. »

La survie dans un régime totalitaire, qui n’hésite pas à exécuter les opposants par pendaison et à les exposer ou qui  oblige la population à participer à leurs châtiments, nécessite en permanence de cacher  sa personnalité, ses pensées et ses désirs.
« Nous ne sommes pas autorisées à nous y rendre sauf à deux…La vérité, c’est qu’elle est mon espionne et moi la sienne… Cette femme-ci est ma partenaire depuis deux semaines. Je ne sais pas ce qui est arrivé à la précédente. Un beau jour, elle n’était simplement plus là, et celle-ci était là à sa place. Ce n’est pas le genre de choses sur quoi on pose des questions, car les réponses ne sont pas en général de celles qu’on voudrait entendre. De toute façon, il n’y aurait pas de réponse. »

J’ajouterai simplement que dans tous régimes sanctifiant la pureté, celle-ci se lézarde, à un certain niveau, par  l’habitude du pouvoir et la certitude d’être indispensable.

Le billet de Violette  et celui de Belledenuit

PS: J’ai prévu dans mon prochain billet un florilège de citations.

La servante écarlate de Margaret Atwood, Robert Laffont, 1985, 511 pages, Anticipation *ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Il me semblait avoir lu que Defred s’était fait ligaturer les trompes (page 24) pourtant elle a été choisie comme procréatrice. Ma méconnaissance du corps féminin est infinie.

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