*** « La rigole du Diable » de Sylvie Granotier

 Le Diable rigole rarement, ce n’est pas son rôle

cvt_La-rigole-du-diable_9146Pour son premier procès d’assises, Catherine, une jeune avocate, doit défendre l’épouse, d’origine africaine, d’un paysan de la Creuse empoisonné au cyanure.

Elle ne connait pas cette région. Pourtant, dès son arrivée, elle éprouve un profond et surprenant malaise auquel l’assassinat de sa mère n’est pas étranger. Elle n’était qu’un bébé traumatisé par des cris atroces, des images floues, des yeux verts et un sentiment d’impuissance. Ces réminiscences ressurgissent brusquement et disparaissent aussitôt, entrainant avec eux  l’image floue de cette maman qui lui manque encore.

Trois histoires en forme de spirales parallèles, le procès, le meurtre et la vie privée de Catherine, dont les circonvolutions se resserrent au fur et à mesure des révélations distillées par l’auteure.

En dépit de toutes les chausse-trappes de Sylvie Granotier,  l’assassin de la mère  et son mobile m’ont semblé évident depuis le début. Encore fallait-il en avoir la confirmation et comprendre pourquoi il n’avait pas été inquiété vingt ans plus tôt.

Quand au résultat du procès plaidé par Catherine, lui aussi était prévisible. Les révélations de l’avocate, après l’acquittement,  l’étaient beaucoup moins.

Reste la vie privée de notre héroïne qui, je dois bien l’avouer, m’a le plus déconcerté.  J’ai trouvé cette partie souvent ennuyeuse et répétitive. Je veux, je veux* pas. J’aime, j’aime* pas. Je couche, je couche** pas. P’t’être ben qu’oui,  p’t’être ben que non !Pourtant, on n’était dans la Creuse pas en Normandie***.
*Les ne et les n’ font grève pour obtenir une utilisation plus rationnelle !
**Ici, on la qualifierait « d’agace-pissette ». Pas joli, joli mais compréhensible.
***Cliché

Après le pot, les fleurs*. J’ai beaucoup aimé le style plein de fraicheur et les descriptions très colorées de Sylvie Granotier, nettement plus sensuelle quand elle décrit les paysages ou aborde le physique de ses personnages plutôt que  leurs sentiments.
*Je n’ai pas mis 3 * par accident.

Vous trouverez l’avis satisfait de L’Oncle Paul , le coup de cœur de Claude Le Nocher et l’admiration de Canel en cliquant sur leurs noms.

Hexapolargone
La Creuse

La rigole du Diable de Sylvie Granotier, Albin Michel, 2011, 350 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une trop grande disparité entre l’avocate moderne, sure d’elle, ambitieuse et volontaire et la jeune femme hésitante, irrésolue voire indifférente.

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6 réflexions au sujet de « *** « La rigole du Diable » de Sylvie Granotier »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Il m’arrive rarement de laisser tomber. Ma déception vient plus du fait que je croyais à un roman judiciaire.
      Le Papou

      Répondre

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