*** « La nuit, in extremis » d’Odile Bouhier

La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires.
                                                                                           Georges Clémenceau

Cette série se passe immédiatement après la guerre 14/18. Son héros,  le commissaire  Victor Kolvair  y a perdu une jambe et utilise des psychotropes pour soulager ses douleurs physiques et mentales.

Il souhaiterait que la justice refuse la libération d‘Anthelme Frachant, ancien de son bataillon, qu’il soupçonne d’avoir, en 1915, égorgé le lieutenant Bertail pour le voler.

Faute de preuves,  Frachant est libéré et, quelques jours plus tard,  égorge la famille de sa logeuse avant de disparaître.

Kolvair se sent coupable car, en manque de drogue, il a abandonné sa surveillance.

Trois principaux  intérêts  dans cette série, l’ambiance surprenante du pays, où la guerre continue à faire des ravages dans l’esprit des rescapés, blessés ou non, le début de nouvelles méthodes qui commencent à aider le travail des policiers, la médecine légale, la dactyloscopie, la graphologie et les premières avancées en psychiatrie qui vont profondément modifier la justice  et aboutir, bien longtemps plus tard, à l’abolition de la peine de mort.

J’extrapole un peu vite car en ce début du 20e siècle, toutes ces nouvelles idées ont bien entendu leurs détracteurs et les premières guerres d’expert  apparaissent en même temps que la notion de maladie mentale qui rend irresponsable certains meurtriers.

Ainsi le grand amour de Kolvair, la psychiatre Bianca Serraggio,   se heurte au procureur Pierre Rocher, magistrat imbu de sa personne, misogyne et prétentieux qui récuse avec l‘aide d‘un autre expert le diagnostic  de schizophrénie de Frachant.

Autour de cette enquête on retrouve des situations qui ont bien évolué depuis un siècle, l’homosexualité caché de Batou, le médecin légiste, le début du pouvoir des médias, en l’occurrence celle des journaux, la violence anarchiste, et des policiers véreux, tel Legone, qui ont profité de la guerre pour se refaire une virginité tout en continuant leurs trafics illégaux comme la création des premiers films pornographiques.

On a l’impression de lire un roman historique lointain alors qu’un seul siècle nous sépare et que notre société actuelle en est, en grande partie,  une évolution directe. 

Une belle série que je vais continuer. 

La nuit, in extremis, Odile Bouhier, Les presses de la Cité, 2013, 225 pages, policiers historiques
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou :

 

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6 réflexions au sujet de « *** « La nuit, in extremis » d’Odile Bouhier »

  1. jpvalentin Auteur de l’article

    Pourtant c’est toi qui a dû me les envoyer 🙂
    Le titre du premier est : Le sans des bistanclaques
    Bonne lecture
    Le Papou

    Répondre

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