** « La nature de la bête » de Louise Penny

La création est-elle indissociable de son créateur ?*

Dans une société où l’on condamne toute l’ œuvre d’un artiste pour ses déviances sexuelles, cette question, posée par Madame Gamache, mérite qu’on y réfléchisse.

cvt_la-nature-de-la-bete_2149La forêt dense et sombre, qui entoure et cache le village de Three Pines, est pleine de dangers que dénonce régulièrement l’imagination fertile et encombrante du petit Laurent Lepage, neuf ans. Après une invasion d’extra terrestres, d’arbres qui marchent, d’une armée d’Iroquois sur le pied de guerre, il se rue dans le bistro de Gabi et Olivier en hurlant qu’il vient de découvrir le plus gros canon du monde avec un monstre dessus.

Vous connaissez le dicton,  à force  de crier au loup…
Ni Armand Gamache, ni Reine-Marie son épouse, ni aucun des clients du café ne prêtent attention aux élucubrations du gamin. Pourtant, l’enfant est retrouvé assassiné le lendemain.

Armand Gamache a pris sa retraite  et ne peux  participer  à l’enquête. C’est Isabelle Lacoste, son successeur à la direction du service des homicides, et Jean-Guy Beauvoir, son ancien adjoint et toujours gendre qui s’y collent. Lui, se contente de  mettre en évidence sa forte silhouette, son inébranlable faux calme et son intelligence acérée.

Je suis gêné de donner mon avis sur ce dernier titre des enquêtes de Gamache. Si j’ai adoré l’ambiance du village, comme pour tous les tomes précédents, cette nouvelle enquête qui tourne autour d’un canon, d’une pièce de théâtre écrite par un tueur en série, de vrais faux ou faux  vrais agents du SCRS*, m’a paru aussi extravagante que le débarquement d’une colonie de fourmis venue de la lointaine Andromède** pour coloniser Three Pines.
*Service Canadien du Renseignement de Sécurité.
**Le malheureux petit Laurent a fait des adeptes

Je l’ai avalé bien sur, c’est tout le talent de l’auteure*, surtout pour l’ambiance, le thé, les scones, les confitures maisons, les crumpets  et l’amitié qui sourde à chaque page entre les villageois et entre les enquêteurs autour de leur ancien chef.
*Certaines disent autrice

Gérald Bull, le créateur du canon, a bel et bien existé. Son assassinat en 1990 a créé une controverse aussi importante  que celui de JFK. Génie spécialisé dans la balistique puis dans l’armement, espion travaillant pour la CIA, marchand d’armes auprès de régimes décriés tels celui de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid, ou celui de l’Irak, Gérald Bull, canadien de naissance, a fait la une des tabloïds pendant quelques semaines pour retomber dans l’oubli.

Une enquête tarabiscotée où se mêlent un faux objecteur et vrai militaire meurtrier, un tueur en série et des vilains qui recherchent les plans du canon pour faire fortune.
Dans un monde où les États se glorifient de leurs ventes d’armes de plus en plus sophistiquées et meurtrières, un canon créé un quart de siècle plus tôt parait bien anachronique…au moins autant que l’arbalète de Guillaume Tell.

Mais qui est le tueur de Laurent et d’Antoinette Lemaître la réalisatrice de la pièce de théâtre controversée ?

Moi je sais…

Le billet de Dame  Yueyin.

La nature de la bête, Louise Penny, Flammarion, 2016, 386 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le titre ?…entre autres.

Be Sociable, Share!

2 réflexions au sujet de « ** « La nature de la bête » de Louise Penny »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *