*** « La mort nomade » d’Ian Manook

Ruinez qui pourrait un jour vous ruiner
Voltaire
La nature nous a créés avec la faculté de tout désirer et l’impuissance de tout obtenir.
Machiavel

Yeruldelgger* n’est plus policier à Oulan-Bator**.
Il a démissionné pour faire une retraite spirituelle et solitaire dans le désert de Gobi, loin des turpitudes, des exactions et de la corruption  de la capitale mongole.
* « Yeruldelgger » « Les temps sauvages »
** Capitale de la Mongolie

Deux femmes et un gamin vont venir troubler sa solitude et lui demander d’enquêter, la première sur la disparition de sa fille, la deuxième sur le meurtre de son amant, un géologue français, et l’incendie de sa yourte et l’enfant sur un charnier qu’il a découvert.

Yeruldelgger n’a aucunement l’intention de se replonger dans une enquête,  encore moins dans trois. Il a peur.
Non pas peur des méchants mais de lui-même, de la colère qui  l’entrainait dans de sombres exactions pouvant aller jusqu’au meurtre. Cette colère devenue incontrôlable  était la raison de sa retraite spirituelle.

Bien malgré lui, il va se trouver mêler aux grands chambardements qui bouleversent la Mongolie. D’un côté les grandes multinationales minières dont le seul but est de s’approprier les ressources naturelles par tous les moyens incluant la corruption et l’esclavage, de l’autre une société secrète et violente qui veut préserver la nation mongole.

Ajoutez à cette guerre des sociétés autochtones sans scrupules qui servent d’intermédiaires auprès de tous en utilisant chantages et meurtres, et  des gouvernements, dont la France, qui, pour obtenir des avantages commerciaux, agissent secrètement avec les mêmes  sociétés mafieuses  et les mêmes élites vénales.

Ina Manook nous brosse un portrait sombrement  délirant de la Mongolie actuelle, coincée entre des coutumes nomades ancestrales rejetées par  les nouvelles générations, une mondialisation cynique  et sans scrupule des grandes multinationales et des  élites politiques prêtes à tout pour s’enrichir rapidement.

Est-ce la fin de cette série ? En tout cas ça ressemble à la fin d’un cycle.

Dérangeant !

La mort nomade, Ian Manook, Albin Michel, 2016, 429 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je n’ai pas compris la conclusion ou plutôt elle n’était pas assez claire pour moi.

 

 

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14 réflexions au sujet de « *** « La mort nomade » d’Ian Manook »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Point ne sais ! Mais il y a encore un petit, mais tout petit, doute dans mon esprit qui me susurre que peut-être il y aura un autre opus des aventures de Yeruldelgger.
      Le Papou

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