*** « La grande mêlée » de Michel Tremblay

Depuis des lustres, Michel Tremblay fait partie du voisinage de ma vie littéraire au Québec. Tout le monde en parle, même Dulcinée, et moi, je n’avais jamais lu une seule ligne de cet auteur prolifique.
Avais-je honte ? Un peu. Aussi j’utilisais quelques excuses médiocres et peu convaincantes pour me justifier.
Avais-je peur ? Certainement ! Les billets de mon blog peuvent être négatifs. Je ne me voyais pas critiquer un des monstres de la littérature québécoise.

Pourquoi ne pas le dire crûment, le personnage me dérangeait.

« Québec en septembre », le concours diligenté par la « beautiful » Karine, et la non moins jolie Yue Yin, a pour intérêt premier de nous faire lire et connaitre la littérature francophone du nord de l’Amérique du Nord.

Alors, pourquoi pas Tremblay, me suis-je dit en aparté *.
*Une de mes nombreuses langues que je pratique inconsciemment.

1209450-gfSitôt pensé, sitôt fait !
La couverture du premier, qui m’est tombé sous la main, représentait une peinture naïve d’un mariage au bord d’un fleuve qu’on devine être le Saint Laurent. Ce fut un choix  pas mal chanceux*.
*voir le post scriptum

Nous sommes en 1922, à Montréal où l’amour s’est épanouit entre Rhéauna dit Nana et Gabriel. Un amour pur comme il en existe peu de nos jours sur le point d’aboutir à un mariage*.
*Lui aussi tombé en désuétude.

Tremblay nous entraîne dans les secrets du petit monde pauvre de Montréal où nous faisons connaissance des familles élargies de nos deux tourtereaux.
D’un côté Maria, la mère de Nana, élève seule ses quatre enfants. Outre la future mariée, on retrouve Alice, la rebelle, Béatrice la coincée, et Théo le petit dernier qui n’est pas du même père mais seule Maria le sait.

De l’autre, Victoire qui, déjà mère de Gabriel et enceinte d’Albertine, avait épousé Télesphore et lui avait donné Édouard et Madeleine. Son époux n’avait jamais fait de différence entre les enfants mais cet homme cultivé était devenu un soûlard qui déclamait des poèmes que plus personne n’écoutait.
Le secret qui ronge le mari de Victoire est l’amour qu’elle porte à Josaphat, son frère et le père de ses deux ainés.

Josaphat les a suivi à Montréal, clochard parmi les déshérités qui survit en jouant du violon.

Maria veut une somptueuse cérémonie pour son ainée. Elle a envoyé des invitations à toute sa parenté. A ses tantes, Bebette et Régina-Coeli qui vivent l’une au Manitoba et l’autre en Saskatchewan, à son oncle Ernest, qui a épousé une anglaise et  est fâché avec toute sa famille et bien sur à ses sœurs Titine, Teena et même à Marie-Louise dit Ti’Lou surnommée la Louve d’Ottawa, la honte de la famille qui a fait fortune en monnayant ses charmes.

Pour un grand mariage il faut de l’argent et en 1922 une femme, qui plus est, une mère sans soutien, ne trouve aucune aide auprès des banques.

Toute la préparation de la cérémonie et les problèmes, gros ou petits, qu’elle pose aboutira au mariage tant attendu, à cette « grande mêlée » où tout le monde est venu, aux retrouvailles, bonnes et mauvaises, à  l’amour triomphant des mariés et à la fierté des mères.

Je me rends compte que je ne vous ai pas donné mon avis sur l’auteur et son roman. J’ai bien aimé sans que cela devienne un coup de coeur. Les dialogues peuvent surprendre par leur langage populaire* mais après trois décennies, non seulement je le comprends mais il m’arrive de l’utiliser. Le gros intérêt est de nous montrer la vie au Québec au début du siècle dernier.
*Le fameux joual

logo-quebec-bus

Voilà donc ma première participation à Québec en septembre 2014*.
*Et peut-être la seule.

PS : J’ai donc choisi ce roman sans vérifier. La saga écrite par Michel Tremblay contient 44 titres, romans ou pièces de théâtre. Elle débute en 1910 et se termine en 1998. « La grande mêlée » est le 5ème roman. J’ai donc pu rapidement  me familiariser avec les divers membres des familles. Cela aurait été bien plus difficile en choisissant un des derniers.

La grande mêlée de Michel Tremblay, Lemeac/Actes Sud, 2011, 273 pages, Roman.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Une partition sans bémols, c’est rare.

 

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3 réflexions au sujet de « *** « La grande mêlée » de Michel Tremblay »

  1. yueyin

    Celui-ci fait partie de la dispora des Derosier non ? Moi je l’aime Nana depuis la grosse femme d’à côté… c’est elle qui a dit de son fils petit, que l’on venait de qualifier d’ange, « ouin un ange cornu avec des ailes de tôle » 🙂
    Pourquoi le personnage de Tremblay te dérange ? Il écrit trop ?

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    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Je ne sais pas si tu l’a fait exprès de mettre blagueuses au lieu de blogueuses mais j’ai bien rit en pensant à Karine et Yue Yin.
      Le Papou

      Répondre

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