**** « La fille automate » de Paolo Bacigalupi

Mais il n’y a plus d’oranges à présent, aucune de ces choses jaunes…les citrons. Aucune. Tant de choses ont simplement disparues.

Après un lent début pour  présenter les principaux personnages, l’intrigue de ce roman, classé post-apocalyptique, s’accélère et nous entraine essoufflé vers une fin surprenante.
Post-apocalyptique ? Que nenni ! Nous sommes plutôt en pleine apocalypse mondiale. Dans la bible, les dix plaies ne concernaient que l’Égypte. Dans ‘La fille automate »  notre planète entière agonise.

Mais, me direz-vous, ce roman est de la science-fiction !
En est-ce vraiment  ? Quels en sont les postulats  ?

*La disparition des combustibles fossiles entrainant celle de l’électricité.
*c’est pour bientôt.
L’engloutissement par les eaux océaniques de larges régions terrestres et de certaines métropoles comme New-York, Mumbaï, Rangoon ou La Nouvelle-Orléans.
*c’est pour demain.
*Des épidémies virales mortelles causées ou non par des manipulations génétiques.
*Cela existe déjà : Chikungunya, Zika, H1N1 etc…

*La prise de contrôle par d’énormes  trusts  de la production alimentaire en fournissant des semences stériles.
*Déjà en cours pour les semences.
Et pour finir la « naissance » des robots humanoïdes…annoncée par les actualités pour demain.

Ne parlons pas de science-fiction mais plutôt d’une réalité que l’imagination de l’auteur a poussé au paroxysme.

L’action se passe à Bangkok qui, protégée par des digues et  des pompes alimentées au charbon, n’a pas été submergée. La Thaïlande a résisté, grâce à sa banque de semence, à l’inféodation aux Consortiums Caloriques..

La réapparition sur les étals d’un fruit, disparu depuis longtemps,  provoque l’enquête d’Anderson Lake, une taupe des  sociétés américaines, dont les seuls soucis sont de protéger leur hégémonie et leurs intérêts.

La ville est contrôlée par deux ministères rivaux. L’Environnement qui pourchasse toutes les importations interdites et se heurte,  de ce fait,  régulièrement  aux agissements du ministère du Commerce. Cette enquête va entrainer certains personnages à agir suivant les forces ou les faiblesses qui sont, depuis toujours,  les moteurs de l’humanité; l’appât du gain, la soif de pouvoir, l’idéalisme, la peur, l’instinct de survie, la vengeance…

Je ne vous ai pas encore parlé d’Emiko, cette fille automate qui donne le titre au roman.  Abandonnée par son propriétaire nippon dans une cité où les robots humanoïdes  sont interdits, elle se prostitue pour survivre. Elle est, peut-être, la plus humaine par ses défectuosités, sa passivité et… ses rêves d’un monde meilleur et va devenir le déclencheur d’une révolution qui pourrait abandonner  la Thaïlande aux intérêts des trusts américains.

PS : Après cinq ou six moutures, je ne suis toujours pas satisfait de ma chronique sur ce  roman si dense, . J’abandonne !
Yue Yin en parle beaucoup  mieux dans son billet.

La fille automate, Paolo Bacigalupi, Au diable vauvert, 2012, 595 pages, S.F.
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Gênant ce monde que nos enfants ou petits-enfants pourraient connaitre.

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6 réflexions au sujet de « **** « La fille automate » de Paolo Bacigalupi »

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