*** « La faille en toute chose » de Louise Penny

Le monde brise les individus… mais ceux qui ne veulent pas se laisser briser, alors, ceux-là, le monde les tue.
E. Hemingway

ACH003547977.1410494138.320x320En terminant « Le beau mystère », j’étais frustré. Affamé, comme un corbeau qui voit son fromage se carapater dans la gueule du goupil.
Le conflit entre Gamache et son directeur était sur le point d’exploser et l’auteure m’abandonnait, déçu et insatisfait, au bord du lac de Saint-Gilbert-entre-deux-loups.

Heureusement,  la suite m’attendait. Je me suis précipité dessus en espérant que Louise Penny n’allait pas encore me faire lanterner et qu’enfin je saurais ce que Gamache avait  fait pour s’attirer la haine de certains dirigeants de la Sureté du Québec.

Au début de ce récit, une jeune femme est retrouvée morte en bas du pont Champlain. Suicide ?
Pendant ce temps, Myrna, la libraire du village de Three Pines demande à Gamache de retrouver Constance, une des fameuses quintuplées Ouellet* qui devait venir passer les fêtes de Noël au village et n’est jamais arrivée. Il la retrouve assassinée alors qu’elle préparait ses valises.

*Ma génération a bien connu l’histoire des quintuplées Dionne, cinq filles nées naturellement**, dans les années 1930 qui avaient  survécu et étaient devenues célèbres dans le monde entier.
**De nos jours la fécondation in vitro a rendu banal les cas de pluri gémellité.

Après « Le beau mystère », la brigade des homicides de Gamache a été démantelée et la plupart des policiers à l’exception d’Isabelle Lacoste, ont été mutés. Annie, la fille de Gamache, a rompu ses relations avec Jean-Guy Beaudoin toujours  plongé dans la drogue. Il travaille maintenant directement sous les ordres de Francoeur, le principal ennemi de Gamache.

Tout en enquêtant sur la mort de Constance Ouellet, Gamache essaie de contrer les agissements de Francoeur. Il décide de démissionner quand la directrice Thérèse Brunel l’accuse de passer son temps à rechercher des complots illusoires, .

La plupart des enquêtes de Louise Penny se déroule dans une ambiance feutrée et discrète qui n’est pas sans rappeler Agatha Christie. Dans la deuxième partie de «la faille en toute chose » le style se modernise, s’américanise, les actions deviennent brutales, les pages s’ensanglantent et se tournent aussi rapidement que dans un James Lee Burke ou un Musso.

Il m’a fallu lire six romans de Louise Penny pour entrapercevoir ce qui m’attirait chez ses personnages. Le titre du dernier m’a aidé. Elle a écrit faille, j’ai pensé fêlure.

Tout le monde a la sienne. Certains la connaissent  et la cachent, d’autres n’en sont pas complètement conscients mais la majorité se bat pour qu’elle ne devienne pas une fracture irrémédiable.

Ainsi, dans le village de Three-Pines l’amitié collective de tous les habitants permet de les oublier et d’apprécier la vie autour d’une tasse de thé ou de chocolat en grignotant quelques petits sandwichs.

Gamache  reste le rocher qui au milieu de la tempête et en dépit de ses incertitudes est capable d’amour. L’amitié et l’amour seraient donc indispensables pour éviter de sombrer dans les failles qui nous rongent.

L’étau se resserre autour de notre inspecteur et les tueurs, conduits par Beaudoin, se rapprochent du village où il s’est réfugié.

L’avis de Jules est là, celui de Suzanne là  , de Geneviève par ici   et de Yue Yin par

La faille en toute chose de Louise Penny, Flammarion Québec, 2014, 512 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : La surprise concerne le commanditaire très improbable des meurtres…quoique.

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6 réflexions au sujet de « *** « La faille en toute chose » de Louise Penny »

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