**** « La ballade d’Ali Baba » de Catherine Mavrikakis

On peut essayer d’oublier son héritage, lui ne nous oublie pas.

mavrikakis« La ballade d’Ali Baba », raconte les évènements qui ont marqué la vie d’Erina Papadopoulos, entre un père instable et frivole, qui a abandonné sa femme et ses trois filles pour courir le monde et revenir mourir auprès d’elles, et une mère stable et généreuse, mais aussi craintive et entêtée.

Dans un style souvent poétique, où l’admiration se mêle à une sourde colère, l’auteure nous entraine de Rhodes à Alger, de la France aux États-Unis, de Kalamazoo à Montréal au gré des aventures et des initiatives souvent irréfléchies de son géniteur.

Un père grec, une mère française, Catherine Mavrikakis est une sœur de sang. Elle a été profondément marquée par son père comme je l’ai été par ma mère. Son père était originaire de l’île de Rhodes à quelques encablures de la côte ottomane et à moins de 300 km d’Aydin, ville turque où était née Maman.

Notre part hellène, c’est un mélange de fatalisme et de superstitions cachées.
On la retrouve dans cette mystérieuse et irréelle rencontre* qui conduira Erina jusqu’au cimetière de Côte des Neiges.
*Non, je n’en dirai pas plus.

Pourquoi ai-je eu l’impression que ce roman n’en était pas un ? Qu’entre Erina et Catherine, il y avait beaucoup plus qu’une simple création littéraire ? Qu’elles étaient plus que sœur, plus que jumelles ?

Et si je me suis trompé, si ce n’est pas une autobiographie romancée, je m’en excuse mais cela aurait pu l’être, aurait dû l’être, aurait mérité de l’être.

Plus j’avance en âge et plus cette hérédité m’enveloppe et me perturbe. Malheureusement il est trop tard pour poser les questions que j’aurai dû poser. Serai-je  en train de chercher de vaines réponses dans les livres ?

J’ai commencé par endosser le confortable « palto *» de Vassili Alexakis, totalement grec d’origine, devenu partiellement français d’adoption. Pas tout à fait la même chose. Il a choisi.
*Manteau

Catherine Mavrikakis m’a apporté sa colère. La mienne est pleine de lacunes… par ma faute.

Jules a aimé , Karine, après lecture, veut connaitre Alger,  et Topinambulle fut frappée par  les couleurs.

La ballade d’Ali Baba de Catherine Mavrikakis, Héliotrope, 212 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : « et l’herbe s’était mise à rugir » ! Le rugissement de l’herbe, voilà ce qui  peut faire peur au printemps.

Be Sociable, Share!

8 réflexions au sujet de « **** « La ballade d’Ali Baba » de Catherine Mavrikakis »

  1. Oncle Paul

    Bonjour Papou
    En lisant le titre, je croyais qu’il s’agissait d’un roman ayant la musique pour thème. Et bien non ! L’éditeur aurait dû mettre balade pour un voyage dans les souvenirs… Mais peut-être que les deux se justifient.
    Amitiés

    Répondre
    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Bonjour Oncle Paul,
      À un moment l’auteure mentionne qu’elle compare son père à Ali Baba et je t’avoue que je n’ai pas bien compris l’allusion. Peut-être devrai-je relire cette histoire.
      Amitiés
      Le Papou

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *