** « Karpathia » de Mathias Menegoz

La plongée dans la violence collective est toujours la conséquence d’actes individuels.

cvt_Karpathia_2702Après un duel*, le comte Alexander Korvanyi, lieutenant dans l’armée Austro-hongroise, quitte l’armée, se marie et décide d’aller vivre dans son fief de Transylvanie, qui fut abandonné par sa famille cinquante ans plus tôt, après une révolte servile .
*La loi l’interdit mais les militaires l’apprécient.

Dans cette région, la noblesse hongroise a  dressé une échelle de valeur basée sur la langue. Au plus haut, les Hongrois puis les Saxons, la plupart des hobereaux les comprennent*, enfin les Valaques et les Tziganes dont personne ne fait grand cas.
*La Hongrie est sous domination autrichienne.

Mais la région vit dans un communautarisme poussé à l’extrême. Cet incroyable millefeuille de populations ne cohabite absolument pas, chacun vivant dans son village avec ses coutumes, sa religion et ses juridictions différentes.

Dans son obsession de restaurer le rang familial, sans connaitre ni vouloir comprendre la situation, notre comte va provoquer un désastre.

La Transylvanie était une région sauvage et arriérée plus ou moins contrôlée, en l’absence de son seigneur, par des contrebandiers hors-la-loi. Entre le Comte et Vlad le chef des bandits, la guerre est déclarée et les populations vont en souffrir.

Je ne sais pas si l’auteur a voulu nous montrer que la noblesse était inconsciente, orgueilleuse, suffisante, incompétente et, de surcroit, indifférente aux populations qui la servaient. Il a bien réussi, mais…on le savait déjà.

Après la révolution française qui fut la conséquence de toutes ses « qualités aristocratiques », on pouvait supposer, cinquante ans plus tard, qu’on éviterait les mêmes erreurs.

Je n’ai pas trouvé grand intérêt au début de cette histoire sinon l’obligation de comprendre la situation géographique et la complexité du peuplement.

Les Carpates ou Carpathes sont une chaine de montagne qui s’étale de la Pologne à la Roumanie à travers Hongrie, l’ Ukraine, l’Autriche, la Slovaquie, la Serbie et la République Tchèque

La Transylvanie, une des provinces roumaines actuelles, appartenait à cette époque au royaume de Hongrie. Elle était peuplé, en toute logique, de Hongrois, mais aussi de Saxons qui avaient émigré à partir du XIIe siècle et de Valaques* qui deviendront la principale composante de la population roumaine, et de tziganes** profondément attachés à leur vie nomade..
*ou Vlaques (Nom donné par les Slaves à un peuple de bergers, sans doute des Thraco-Daces romanisé
**Nos Roms actuels

 Karpathia de Mathias Menegoz, P.O.L., 2014, 704 pages, Roman
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime
Prix interallié 2014

Le bémol du Papou : J’ai presque toujours des problèmes avec les récipiendaires des prix.

 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « ** « Karpathia » de Mathias Menegoz »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Certaines critiques, dont celle de l’éditeur, le considèrent comme un chef d’oeuvre. Ne te fie pas sur moi, dont l’humeur est souvent contrariée.
      Le Papou

      Répondre

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