*** « Il était une fois l’inspecteur Chen » de Qiu Xiaolong

Oublier ses ancêtres, c’est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines.
                                                                                                                 Proverbe chinois

L’intérêt de ce dixième roman policier de Qiu Xiaolong  tient plus son intérêt  du contexte social et Historique, avec un H majuscule, que de l’enquête elle-même.

Chen Cao est inspecteur principal dans la police de Shangaï. Durant les neuf premiers romans le mettant en vedette, nous l’avons suivi dans son ascension, louvoyant habilement entre les directives des cadres du Parti et sa détermination à résoudre les enquêtes qui lui était confiées.

Comment un poète diplômé  en littérature comparée  est-il entré dans la police à la fin de ses études ?
C’est ce que raconte ce dixième tome de ses enquêtes.

Après avoir obtenu son diplôme, Cao Chen a dû accepter un poste dans un commissariat où il était chargé de traduire un manuel américain de procédures policières.

Il s’ennuie et c’est par désœuvrement qu’il s’intéresse au meurtre de Fu, un vieil homme qui venait de s’offrir un repas de mets exotiques. il découvre, grâce à son ami Lu, avec qui, dans sa jeunesse, il fréquentait les restaurants gastronomiques, le restaurant où la victime  avait apprécié son dernier repas.

Fu était devenu riche quand le nouveau régime de Deng Xiaoping l’eut indemnisé des spoliations du temps de Mao.
Un certain nombre de suspects rodaient autour de sa fortune dont ses enfants qui l’avaient abandonné pendant la Révolution Culturelle et qui continuent à faire  courir des rumeurs sur les relations de leur père avec  Meihua, son employée de maison. Le changement de régime a aussi provoqué  les rancœurs d’anciens Garde-Rouges qui voulaient obtenir des compensations pour certains de leurs actes qu’ils jugent avoir été profitables à leurs victimes.

À chaque avancée de son enquête, Chen en avise l’inspecteur Ding, lui laissant les honneurs lorsqu’il  parvient à dénouer cette première affaire.

Il parait évident que la vie étudiantes de Cao Chen est directement calquées sur celle de l’auteur. Leurs  familles ont été persécutées au moment de la Révolution Culturelle. Si Chen a été nommé dans la police, Qiu Xiaolong, lui,  a profité d’une bourse d’études aux États-Unis pour y rester.

J’ai éprouvé un drôle de sentiment en refermant ce livre. Bien que vivant aux États-Unis depuis presque trente ans, l’auteur semble  vraiment regretter certaines coutumes de la société et de la famille chinoise, ou, tout simplement, sa jeunesse.

Le proverbe chinois que j’ai mis en exergue peut expliquer ses regrets.

PS : L’Héritière, devenue Mère Noël, m’a offert ce bouquin dédicacé par l’auteur. Un cadeau qui m’a fait immensément plaisir.

Il était une fois l’inspecteur Chen, Qiu Xiaolong, Liana Levi, 2016, 236 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Je n’ai pas eu envie de goûter à certains plats mentionnés dans ce livre et pourtant j’aime bien, en général, la cuisine chinoise.

 

 

 

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8 réflexions au sujet de « *** « Il était une fois l’inspecteur Chen » de Qiu Xiaolong »

    1. jpvalentin Auteur de l’article

      Il est temps…Je dirai même plus : Il est plus que temps.
      Bonne année Karine avec la santé, du coke (et non de la coke), des voyages, de la lecture et toutes ces sortes de choses.
      Le Papou

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  1. dasola

    Bonjour le Papou, ayant lu seulement le premier, je lirai peut-être directement celui-ci avant de m' »attaquer » aux autres. J’avais aimé « Mort d’une héroïne rouge ». Bonne journée.

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  2. Yueyin

    D’après la conférence qu’il a donné, je dirais que non seulement qiu s’est calqué en Cao mais qu’il regrette autant la Chine qu’il lui en veut. A moins que faire le panégyrique de la société américaine versus la chinoise fasse partie des incontournables quand on est de fait un genre de réfugiés (bien qu’il aille régulièrement en Chine d’ailleurs et avec kes honneurs). Ses romans sont plus subtils quand même

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