****  » Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage » de L.C.Tyler

Il y a une différence majeure entre la fiction et la vraie vie.
La fiction doit être crédible.

3381558169Le plus gros de cette histoire nous est conté par un écrivain de seconde zone du nom de Ethelred  Hengist Tressider qui, pour gagner difficilement sa croûte de Stilton, utilise trois pseudonymes,  Peter Fielding pour des polars contemporains, J.R. Elliot pour d’autres,  historiques, se situant au XIVe siècle et enfin Amanda Collins  pour une série  arlequinade.

Le reste de la narration est l’œuvre d’Elsie Thirkettle, son agent littéraire, dont les traitements verbaux brutaux cachent une immense curiosité et un certain penchant amoureux pour son écrivaillon au succès modeste.

Géraldine Tressider a disparu et les policiers annoncent à son ex-mari, qu’ils ont retrouvé, non loin de sa demeure dans l’Essex,  une voiture abandonnée* contenant une lettre d’adieu. Le suicide est envisagé mais cette conclusion parait trop facile et la police diligente une enquête.
*Devinez la marque et la couleur ?

La découverte d’un cadavre conforte les enquêteurs dans leurs recherches d’autant que le suicide par strangulation est plus que rare et généralement improbable.

Ethelred qui a reconnu le corps de son ex, se trouvait en France au moment des évènements  et ne peut donc être soupçonné.

D’abord poussé par Ehel puis, plus surprenant, comme exécuteur testamentaire, Ethelred commence une enquête et avance de surprise en surprise.

D’abord il comprend que la disparue-suicidée-étranglée avait décidé de disparaitre avec les six cent mille livres que lui avait confiées, pour des investissements, plusieurs amis ou connaissances, dont un banquier.

J’ai bien aimé cette histoire pourtant banale mais dont le traitement est loin de l’être.

On imagine plusieurs solutions. On se doute qu’il y a  une anguille sous la roche, un ver dans la pomme, un schmilblick dans le potage, mais comme Ethelred, a commencé par nous expliquer comment fonctionnait un auteur de romans policiers. on cherche les fausses pistes.
Mensonges et  demi-vérités étant les éternels rouages d’une bonne enquête policière,  on ne croit  plus à rien.

On n’est pas trop surpris (un peu quand même) de la solution.  En fait on est heureux* d’avoir compris qu’il y avait quelque chose qui clochait mais pas ce qui clochait.
*On se contente comme on peut.

L.C.Tyler réussit encore à nous déconcerter au dernier chapitre.

J’ai toujours eu un petit penchant pour deux formes d’humour, le yiddish  et le british*. Là, bien sûr, on est complètement enveloppé dans celui de nos amis du brexit.
*L’explication sur les difficultés et en finalité sur l’inutilité du cube Rubik est un petit bijou.

Un pur régal astucieux a écrit Catthulu, Plaisirs à cultiver l’a trouvé drôle et réjouissant, et Xl,  rafraichissant et plein d’humour.

Vous ai-je dit que j’avais aimé, aussi  ?

Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage de L.C.Tyler,Pocket, 2013, 288 pages, Thriller
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Le titre et le fait que Géraldine porte encore, dix ans plus tard, le patronyme de son ex.

 

Be Sociable, Share!

4 réflexions au sujet de « ****  » Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage » de L.C.Tyler »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *