*** « Dragon bleu, tigre blanc » de Qiu Xiaolong

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Je suis triste. Je viens de terminer ce qui semble la dernière enquête de l’inspecteur principal Chen Cao*.
*Ne devrait-on pas le nommer plutôt Cao Chen, à l’occidental ?
Ce policier atypique, spécialiste de T.S. Elliot, lui-même poète à ses heures, vient d’obtenir une promotion qui l’affaiblit en l’éloignant de son rôle d’enquêteur.

Dans l’Empire du Milieu, rien n’est ce qu’il parait. le Capitole est aussi proche de la roche Tarpéienne, que le Guówùyuàn* peut l’être d’une disparition programmée et définitive.
*Conseil des affaires de l’État de la République populaire de Chine

Chen l’a très bien compris quand ses soutiens politiques sont soudainement devenus sourds et muets.

Qui veut son éloignement pour ne pas dire sa disparition ?
Aucune des enquêtes en cours n’a suffisamment d’importance et de ramifications pour être à l’origine de cette promotion synonyme de disgrâce.

Un éditeur lui demande  de faire une présentation sur le poète Elliot dans une des boites de nuit* les plus en vogue, réservées normalement aux Gros-Sous**.
* Lire : lupanar ou bordel
** Nouveaux riches

La fausse naïveté de Chen lui a souvent permis   de s’insinuer dans les méandres politico-financières sans se compromettre. Mais cette fois, troublé par cette situation qui lui échappe, il évite de justesse d’être arrêté dans un scandale sexuel.

Il disparait alors des radars shanghaïens en prétextant la reconstruction de la tombe de son père à Suzhou.
Sans légitimité et sans pouvoir, il va, aidé de quelques amis, démêler cette intrigue et trouver les responsables, qui, pour se disculper, commencent à accumuler les cadavres.

Une excellente intrigue avec, en prime, l’analyse d’un pays, écartelé entre un gouvernement traditionaliste communiste et une société aux dérives capitalistes dont le bémol du Papou fera l’écho.

L’avis de Yue Yin, celui de Black Novel et celui de Cathe.

Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xiaolong, Liana Levi, 2014, 290 pages, Policier
*ouais ** bon *** très bon **** j’aime

Le bémol du Papou : Suivant mon vieil adage qui dit que « trop, c’est comme pas assez », Qiu en beurre épais sur les dérives actuelles de la Chine. Il faut rester circonspect et ne pas oublier qu’il a fui son pays pour les Etats-Unis en 1989.

 

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